Code du travail : les communistes marquent le coup
Pour le deuxième jour de discussion sur le projet de loi d’habilitation, les sénateurs communistes avaient prévu de marquer le coup. Brandissant leurs pancartes fustigeant un accord « pour le Medef » et dénonçant un « coup de force social », ils ont voulu marquer plus encore leur opposition au texte sur le renforcement du dialogue social.

Code du travail : les communistes marquent le coup

Pour le deuxième jour de discussion sur le projet de loi d’habilitation, les sénateurs communistes avaient prévu de marquer le coup. Brandissant leurs pancartes fustigeant un accord « pour le Medef » et dénonçant un « coup de force social », ils ont voulu marquer plus encore leur opposition au texte sur le renforcement du dialogue social.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Ce mardi, alors que les débats sur l’article 1 du projet de loi d’habilitation avaient à peine commencé dans l’hémicycle, les sénateurs communistes ont dégainé leurs pancartes rouges. On pouvait y lire « tout pour le Medef », « + de licenciements = + de chômage », « coup de force social », ou encore « jeunesse précarisée ».

Laurence Cohen est la première des communistes à avoir pris la parole pour dénoncer l’article 1 du texte, qui acte l’inversion de la hiérarchie des normes. Celle-ci permet, selon elle, « un nouvel affaiblissement des obligations des entreprises en rognant les prérogatives de la branche, pourtant plus protectrice » : « L’accord de branche constitue l’échelle qui peut être un obstacle au dumping social », a renchéri la sénatrice.

Laurence Cohen craint « un nouvel affaiblissement des obligations des entreprises en rognant les prérogatives de la branche, pourtant plus protectrice »
00:18

L’argument d’une dérive vers le dumping social sera ensuite repris par sa collègue Éliane Assassi, qui fustige un « formidable recul pour les droits des salariés » : « Sous prétexte que la mondialisation impose aux entreprises françaises d’être réactives, vous revenez sur 100 ans de lutte sociale », a-t-elle déploré à l’adresse du gouvernement.

Annie David a, elle, tenu à rappeler que « les 36 000 accords d’entreprise par an démontrent que les salariés sont prêts au dialogue social ». « Mais dans la vraie vie, les salariés souvent confrontés à des situations qui prennent davantage en compte les avantages financiers de leur entreprise », a poursuit la sénatrice. Et d’ajouter : « Les conditions de travail se sont détériorées alors que les salariés n’ont eu de cesse de défendre leur travail. Et la seule réponse que vous leur apportez est celle du Medef : hausse du temps de travail, baisse des rémunérations, souplesse des licenciements suppression des indemnités sans moyen de recours. Votre texte c’est du bon vent dans les voiles du patronat pour leur permettre de gonfler leurs profits. »

Annie David : « Votre texte c’est du bon vent dans les voiles du patronnat pour leur permettre de gonfler leur profits »
00:10

Partager cet article

Dans la même thématique

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le