Code du travail : les syndicats toujours mobilisés
Après les députés, c’est aux sénateurs de ratifier le projet de loi de ratification des ordonnances relatives « au renforcement du dialogue social ». Le texte arrive en commission ce mercredi. À l’appel de la CGT, une manifestation de salariés demande toujours « le retrait des ordonnances Macron ».

Code du travail : les syndicats toujours mobilisés

Après les députés, c’est aux sénateurs de ratifier le projet de loi de ratification des ordonnances relatives « au renforcement du dialogue social ». Le texte arrive en commission ce mercredi. À l’appel de la CGT, une manifestation de salariés demande toujours « le retrait des ordonnances Macron ».
Public Sénat

Par Public Sénat avec l'AFP

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L’image se voulait éloquente. Emmanuel Macron entouré de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, et de Christophe Castaner à l’époque porte-parole du gouvernement, signe les ordonnances réformant le droit du travail. Une réforme d’une « ampleur » sans précédent « depuis le début de la Ve République ».

Pour le moment cette réforme, promesse phare du candidat d’En Marche durant la campagne, n’a qu’une valeur réglementaire. En effet, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 28 novembre dernier, le projet de loi de ratification arrive en commission des affaires sociales du Sénat, ce mercredi, et ne devrait être examiné dans l’hémicycle qu’à partir du 23 janvier. (voir le sujet ci-dessous)

Suite du parcours des ordonnances
01:49

Les syndicats ont saisi le Conseil d’État

Raison pour laquelle, les recours devant le conseil d’État se sont multipliés cet automne.  La CGT en a déposé plusieurs, notamment un sur l’ordonnance relative à la négociation collective dont elle estime qu’elle porte « gravement atteinte » aux droits fondamentaux des salariés. Le mois dernier, c’est la CFDT qui a fait de même en contestant devant le juge administratif la possibilité pour un employeur de moins de 20 salariés « de déroger au code du travail sans négociation avec les représentants du personnel ».

« On peut encore peser sur le contenu des ordonnances »

Ce mercredi, à Paris, plusieurs centaines de salariés ont manifesté pour demander le retrait « des ordonnances Macron ». « On peut encore peser sur le contenu des ordonnances puisqu’elles doivent passer au Sénat en janvier, puis repasser une dernière fois par l’Assemblée nationale. Donc, il faut se battre jusqu’au bout. On voit qu’ils viennent de prendre encore une sixième ordonnance pour muscler leur contenu. Même s’il ne se passe plus rien au niveau national et interprofessionnel, nous, ce qu’on constate sur le terrain, ce sont des grèves, des grèves extrêmement longues » explique Laurent Degousée co-délégué de la fédération Sud Commerce.

Une sixième ordonnance adoptée en conseil des ministres

Effectivement, une sixième ordonnance destinée  à apporter des « corrections et des mises en cohérence rédactionnelles » a été adoptée en conseil des ministres. Le texte comporte également plusieurs modifications de fond que déplorent les syndicats. Pour les députés de la France insoumise, elle « amplifie le mouvement » d' « attaques incessantes contre les droits fondamentaux des travailleurs ». Les ordonnances initiales fusionnent les délégués du personnel (DP), les comités d'entreprise (CE), et les CHSCT au sein d'un conseil social et économique (CSE), et donnent la possibilité aux entreprises, par accord majoritaire, d'ajouter les délégués syndicaux (DS), et donc la compétence de négociation, au sein d'une instance unique, nommée conseil d'entreprise.

La sixième ordonnance donne à ce conseil d'entreprise la compétence de négocier des plans de sauvegarde de l'emploi. Un amendement LREM en ce sens a déjà été voté pendant l'examen du projet de loi de ratification des cinq premières ordonnances, mais le ministère du Travail a souhaité, en l'intégrant à la sixième, « favoriser une entrée en vigueur rapide ».

Autre modification: en cas de licenciement économique, le délai de recours de 12 mois s'appliquera même si l'employeur ne l'a pas mentionné dans sa lettre de licenciement. Dans sa rédaction précédente, la loi prévoyait que ce délai ne soit « opposable » au salarié  que s'il en avait été fait mention dans la lettre.

Enfin, l'ordonnance précise les modalités de suppression du contrat de génération, mesure phare du quinquennat de François Hollande. Les entreprises qui ont réalisé avant le 23 septembre une embauche donnant droit à une aide ont jusqu'à vendredi pour la réclamer.

Le ministère du Travail planche désormais sur une septième ordonnance, sur le travail détaché, qui doit être prise avant le 15 mars. Le projet de loi d'habilitation adopté en août lui permet de « modifier la législation applicable en matière de détachement ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal
6min

Politique

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal

Le candidat de Renaissance à l’élection présidentielle joue cartes sur tables en dévoilant de premières propositions pour mettre fin à la dérive des comptes publics, citant par exemple la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, ce qu’il avait refusé trois ans et demi plus tôt au Sénat.

Le

CANIS LUPUS
10min

Politique

Gestion de l’eau, pesticides, prédation du loup… Ce que contient le projet de loi d’urgence agricole adopté par le Sénat

Le Sénat a adopté le projet de loi d'urgence agricole, après l’avoir profondément durci sous l’impulsion de sa majorité de droite et du centre. Le texte multiplie les concessions au monde agricole, de la réintroduction dérogatoire de certains pesticides au doublement des capacités de stockage en eau, ce que la gauche n’a pas manqué de dénoncer. Tour d’horizon des principales dispositions du texte.

Le

France, Pyrenees-Orientales, July 2, 2026: Wildfire between Canet-en-Roussillon and Sainte-Marie-la-Mer
7min

Politique

Incendies : « Il faut arrêter avec l’idée de l’État nounou. La responsabilité individuelle est essentielle », alerte la sénatrice Lauriane Josende

Le violent incendie qui a frappé jeudi Sainte-Marie-la-Mer et Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) a entraîné l’évacuation de près de 3 000 personnes et détruit des centaines de bungalows dans plusieurs campings. Si le feu est désormais maîtrisé, les autorités redoutent une saison des incendies particulièrement intense, sur fond de canicule et de sécheresse persistante.

Le