Plutôt que de revisiter les archives, Daniel Cohn-Bendit et Romain Goupil célèbrent le 50e anniversaire de mai 68 à leur façon, par un "road movie" social dans la France d'aujourd'hui, où le président Emmanuel Macron fait une apparition insolite.
"La Traversée", documentaire projeté mercredi au Festival de Cannes, hors compétition, sera diffusé lundi prochain à la télévision française, sur France 5.
Le film retrace en 2H20 plusieurs mois de "pérégrinations" de ces deux vétérans du mouvement de contestation de 1968. Sous l’œil de Goupil, "Dany le Rouge", comme on le surnommait alors, part aux quatre coins de France à la rencontre d'ouvriers, d'un pêcheur, d'associations d'accueil de migrants, de policiers, d'un PDG du CAC 40, d'un imam ou même de sympathisants d'extrême droite...
Pas de grands discours ni d'envolées lyriques, mais une volonté "d'observer, d'essayer de faire apparaître des choses", ont expliqué mercredi à l'AFP les deux complices avant la projection.
Pour Daniel Cohn-Bendit, il fallait d'abord éviter "le piège du cinquantenaire" de mai 68, et préférer aux souvenirs les mots des Français d'aujourd'hui. Portée par son énergie, cette "Traversée" est "un contrepoint à la culture du pessimisme qui règne aujourd'hui". "Non pas que les situations désagréables ou très dures n'existent pas, on les montre, mais il n'y a pas que ça", estime l'ex-eurodéputé écologiste.
L'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit avant la projection du film "La Traversée" au Festival de Cannes, le 16 mai 2018
AFP
De la France, on voit ainsi plusieurs faces: la désindustrialisation avec un site sidérurgique fermé, les entreprises alternatives avec une société coopérative créée par des employés, ou les grands groupes du CAC 40 avec le patron de Saint-Gobain.
Se répondent aussi, comme dans un dialogue à distance dont le fil rouge est Cohn-Bendit, les mots des associations aidant les demandeurs d'asile près de la frontière italienne, ceux de détenus à Melun puis ceux de policiers inquiets dans le Sud.
- L'invité surprise -
Il est aussi question de religion, avec un prêtre puis un imam. De jeunesse dans les quartiers ou au Parlement européen. Et bien sûr de politique.
On voit ainsi Cohn-Bendit aller discuter à Béziers avec le maire Robert Ménard, avec qui il avait mené des combats quand ce dernier était secrétaire général de Reporters sans frontières, mais désormais proche du Front national. Pour "comprendre pourquoi il a viré comme ça, surtout qu'il a du succès, les gens l'aiment bien...."
Il y aussi ce dîner, auquel il se rend un brin inquiet, avec des sympathisants FN dans le nord de la France. "On sait qu'on ne va pas les convaincre. Mais on va écouter: c'est quoi ce malaise? c'est quoi leurs angoisses?", souligne Goupil.
A tous, Cohn-Bendit donne du "tu". Y compris quand il s'agit du président de la République, l'invité surprise du documentaire.
La scène a lieu dans un café de Francfort (Allemagne). A l'écran, on ne voit d'abord que Goupil et Cohn-Bendit, se disputant sur l'intérêt d'aller rencontrer Emmanuel Macron à l’Élysée. Goupil est contre, estimant que le film va perdre de son irrévérence.
Peu à peu, le cadre s'élargit et on découvre, assis à leur table, Emmanuel Macron les écoutant, mi-amusé. Le président s'adresse alors à Daniel Cohn-Bendit: "Ce que tu pourrais faire, c'est le rencontrer dans un café..." S'en suivent quelques minutes d'une discussion à trois, portant notamment sur l'accueil des réfugiés en France.
Dans cette séquence insolite, tournée lors de la visite du chef de l’État à Francfort à l'automne, Emmanuel Macron se montre à l'aise. "Il est assez gonflé. Il essaie des choses, parfois ça marche, d'autres moins, mais il prend des risques", estime Cohn-Bendit, quand on l'interroge sur la communication du chef de l’État, qu'on a vu accorder des interviews en déambulant à l’Élisée, en décembre, ou dans une école, en avril.
Un ex-eurodéputé qui sait gré à celui qu'il avait soutenu à la présidentielle d'avoir "bousculé un paysage politique qui était incapable de continuer comme ça".
Journaliste de renom passée par « Frou Frou » et les rédactions engagées de « Marie Claire » et « DS Magazine », elle a mis l’engagement humanitaire au cœur de sa vie après la rencontre bouleversante d’une petite fille cambodgienne. Une petite fille qui deviendra sa fille adoptive et qui donnera son nom à l’école « Happy Chandara ». L’établissement fête cette année ses 20 ans, il est aujourd’hui un campus et il forme des milliers de filles, petites et grandes, qui participent activement à la reconstruction d’un pays meurtri par le génocide et la dictature des Khmers rouges. Cette semaine, Tina Kieffer est l’invitée de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.
Désormais, Zakia Khudadadi concourt sous les couleurs de la France. Un épilogue heureux pour cette championne de para-taekwondo qui a fui son pays en 2021 lors de la prise de pouvoir des talibans. Un récit émouvant, ainsi qu’un combat personnel mené aussi bien sur les tapis que dans la vie, qu’elle raconte au micro de Caroline Delage dans Sport etc… sur Public Sénat.
Présentée le 13 octobre à la presse, la proposition de loi déposée par le sénateur écologiste Guillaume Gontard vise à renforcer l’encadrement de la production, de la traçabilité et de la distribution des produits à base de cannabidiol (CBD).
Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).