Sébastien Lecornu et Annie Genevard à l'Assemblée nationale le 23 décembre 2025 - Jacques Witt/SIPA

Colère agricole : Sébastien Lecornu reçoit les syndicats lundi et mardi

Après l’annonce de nouvelles mesures ce week-end, le Premier ministre reçoit lundi et mardi les syndicats d’agriculteurs à Matignon pour tenter d’endiguer la menace de nouvelles mobilisations paysannes.
Aglaée Marchand

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La trêve des confiseurs n’a visiblement pas permis de calmer les esprits. Après une brève accalmie le temps des fêtes, les agriculteurs remontent au créneau en cette rentrée 2026. Dans leur viseur : la signature du traité entre l’Union européenne et le Mercosur reportée au 12 janvier, mais aussi la poursuite de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui touche les élevages de bovins. Pour tenter de contenir la colère paysanne, Sébastien Lecornu recevra ce lundi les Jeunes Agriculteurs (JA) à 15 heures, puis la Coordination rurale (CR) à 18 heures. Mardi, ce sera au tour de la FNSEA à 17 heures 30, suivie de la Confédération paysanne.

Une « lettre ouverte » à destination des agriculteurs

Dès ce week-end, le gouvernement a mené une première tentative de désamorçage. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé hier la future suspension des importations en provenance du continent sud-américain de produits alimentaires contenant des résidus de certaines substances interdites en Europe. « Un arrêté sera pris dans les prochains jours », a confirmé le Premier ministre sur X, pour les denrées contenant du mancozèbe, du glufosinate, du thiophanate-méthyl ou du carbendazime. « Avocats, mangues, goyaves, agrumes, raisins et pommes d’Amérique du Sud ou d’ailleurs ne pourront plus entrer sur le territoire national. Des contrôles renforcés seront réalisés par une brigade spécialisée pour garantir le respect de nos normes sanitaires », a-t-il précisé. Cette mesure devra néanmoins attendre le feu vert de la Commission européenne pour entrer en vigueur, que la ministre espère obtenir dès cette semaine.

Dans la foulée, le locataire de Matignon a partagé une « lettre ouverte » dans plusieurs titres de presse régionale. Rappelant que « des règles ont commencé à être simplifiées », l’Eurois s’est engagé à entrer dans une « phase plus ferme, plus offensive », notamment vis-à-vis de Bruxelles. En d’autres termes, « mettre fin aux deux poids deux mesures ». Il somme l’UE d’ « amplifier rapidement » les contrôles aux frontières pour les produits qui « ne respecteraient pas les normes sanitaires et phytosanitaires » appliquées aux Vingt-Sept. Autre sujet sensible : l’accès et la gestion de l’eau, le Premier ministre a décrété le triplement de la dotation d’un fonds de soutien aux équipements hydrauliques agricoles.

Le budget de la PAC « ne baissera pas »

Alors que la ratification du traité de libre-échange entre le Vieux Continent et le Mercosur est attendue le 12 janvier, après un report d’un mois gagné in extremis par la France en décembre dernier, le Premier ministre a réaffirmé la ligne de l’exécutif : les « accords commerciaux (…) seront combattus à chaque fois qu’ils seront déséquilibrés ». Quant à la politique agricole commune (PAC), dont le budget doit bientôt être renégocié, Sébastien Lecornu a promis que celui-ci « ne baissera pas […] : il n’y aura donc pas un centime de moins pour le revenu agricole ».

Du côté des syndicats, les engagements de l’exécutif peinent à satisfaire. Pour la FNSEA, ces annonces « ne permettent pas d’apporter les réponses concrètes aux problématiques de revenus des agriculteurs ». Le premier syndicat agricole de France souhaite « une loi d’exception agricole », de manière à faire sauter certains « verrous réglementaires », pour « relancer la production » et « mettre fin aux contrôles absurdes ».

(Avec AFP)

Partager cet article

Dans la même thématique

1min

Politique

Intervention américaine au Venezuela : Sébastien Lecornu s’engage à organiser un débat au Parlement

Alors que la réaction initiale du président de la République sur l’intervention américaine au Venezuela continue à faire grincer des dents la classe politique française, les parlementaires réclament au Premier ministre l’organisation d’un débat 20-1 sur la position de la France. Une demande à laquelle Sébastien Lecornu s’est engagée à répondre.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
10min

Politique

Les sénateurs LR restent inflexibles sur le budget : « Ce n’est pas à nous de renoncer à notre ligne politique très claire »

Alors que le budget revient à l’Assemblée, le gouvernement reprend ses consultations. Le texte fera ensuite son retour au Sénat, où les sénateurs LR ne semblent pas prêts à changer leur ligne : des économies tout en épargnant les entreprises et les collectivités. Et les tensions de la fin de l’année entre le gouvernement et les sénateurs laissent des traces. « Vouloir faire porter la responsabilité du déficit sur le Sénat est un mauvais procès », dénonce le rapporteur du budget au Sénat, Jean-François Husson.

Le