Colère des agriculteurs : « Le BTP, le transport routier, les pêcheurs pourraient entrer dans le mouvement », estime Jean-Philippe Tanguy (RN)

Invité de la matinale de Public Sénat, le député RN de la Somme, Jean-Philippe Tanguy est revenu sur la position de son parti par rapport au mouvement des agriculteurs alors que ces derniers entourent Paris et souhaitent bloquer le marché international de Rungis.
Henri Clavier

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Alors que la colère des agriculteurs continue de s’exprimer, le député RN a détaillé la nature du soutien de son parti au mouvement des agriculteurs. Malgré certaines hésitations, Jean-Philippe Tanguy voit dans le mouvement des agriculteurs une colère qui s’exprime dans le pays depuis les Gilets Jaunes.

S’attaquer à Rungis, « un symbole »

« Le mouvement je le soutiens évidemment, on l’a même annoncé », affirme immédiatement le député du RN, Jean-Philippe Tanguy. Si le parti de Marine Le Pen s’est empressé d’apporter son soutien au mouvement des agriculteurs, la nature des actions cautionnées par le RN reste floue. « Je ne cautionne pas que l’on empêche des gens de travailler ou provoque des violences », explique Jean-Philippe Tanguy. Le député RN avait pourtant affirmé, le 26 janvier, sur RMC, que « Rungis ou l’aéroport du Bourget ce sont justement des cibles qu’il faut bloquer ». Le député considère néanmoins que ces propos ont été mal compris et que les agriculteurs s’attaqueraient à un « symbole » en bloquant Rungis. Pour rappel, le syndicat d’agriculteurs, la coordination rurale a lancé un convoi depuis Agen pour bloquer le marché de Rungis. Les agriculteurs ont pour l’instant été détournés par les gendarmes. Interrogé sur les déclarations du ministre de l’Agriculture qui considère que bloquer Rungis serait contraire aux intérêts des agriculteurs, Jean-Philippe Tanguy a répliqué en affirmant que « Monsieur Fesneau dit beaucoup de bêtises ».

La colère des agriculteurs rejoint « les problématiques des Gilets Jaunes »

Pour le député du Rassemblement National, la colère des agriculteurs rejoint « les problématiques des Gilets Jaunes » qui « n’ont jamais été résolues ». Des revendications, liées au pouvoir d’achat, amplifiées par la période de forte inflation. Le député de la Somme n’hésite d’ailleurs pas à appeler à une « convergence entre les gens qui travaillent », identifiant des secteurs comme le BTP ou « les pêcheurs qui sont menacés de mort » comme susceptibles de se joindre au mouvement. Une convergence que le député de la Somme estime d’autant plus légitime qu’il ne croit pas à l’action du gouvernement affirmant qu’il pensait que « Monsieur Attal allait s’épuiser dans une tâche impossible ». Pour rappel, le Premier ministre prononce, ce 30 janvier à 15 heures, son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale.

Surtout, Jean-Philippe Tanguy déplore les impacts de l’action du gouvernement notamment sur des sujets comme la conclusion de traité de libre-échange, l’excès de normes ou la répartition de la valeur entre producteur et distributeurs. Concernant la grande distribution, contre laquelle les actions d’agriculteurs se multiplient, Jean-Philippe Tanguy fustige un gouvernement qui ne veut pas « s’attaquer aux marges ». Hier, le ministre de l’agriculture Marc Fesneau s’est engagé à faire « respecter à la lettre » la loi Egalim visant à garantir un revenu stable et suffisant aux agriculteurs. Sans détailler son idée, Jean-Philippe Tanguy a demandé un « moratoire sur l’ensemble des traités de libre-échange pour sortir l’agriculture de la mondialisation », en rappelant son opposition à la conclusion du traité entre l’Union européenne et le Mercosur. Le député du RN a également renouvelé ses critiques contre la Politique agricole commune (PAC) et son fonctionnement actuel. Le groupe RN au Parlement européen a pourtant voté en faveur de la PAC parce qu’elle faisait ce que « demandait le RN, la renationalisation », justifie Jean-Philippe Tanguy.

 

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