Colère des agriculteurs : le président de la FNSEA appelle « au calme et à la raison »

Auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat, Arnaud Rousseau a affirmé que l’attente des agriculteurs sur les barrages routiers était « au-delà de ce qu’on imagine ». Alors que 18 personnes ont été arrêtées ce mercredi matin pour avoir tenté de bloquer le marché de Rungis, le président de la FNSEA appelle au calme.
Rose-Amélie Bécel

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« Pour l’ensemble de mes collègues agriculteurs, l’attente est énorme, peut-être même au-delà de ce qu’on imagine », a prévenu le président de la FNSEA, principal syndicat de la profession, devant les sénateurs. Auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat, Arnaud Rousseau a tout de même tenté de modérer l’élan des agriculteurs en colère, appelant « au calme et à la raison, car les sujets européens ne se règlent pas en trois ».

Sur France 2, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a dénombré ce mercredi plus de 100 points de blocage et 10 000 manifestants. Au lendemain de nouvelles annonces de Gabriel Attal, lors de son discours de politique générale, les barrages routiers se poursuivent et la tension monte : 18 personnes ont été arrêtées pour avoir tenté de bloquer le marché de Rungis, 15 ont été placées en garde à vue. « Je m’honore qu’il n’y ait pas de policiers et de gendarmes blessés, que les choses soient tenues », a assuré de son côté Arnaud Rousseau.

« On ne peut pas jouer avec ce mouvement »

À l’appel de la Coordination rurale, plusieurs centaines de tracteurs poursuivent leur route vers le marché de Rungis, dont le blocage a été fixé comme une « ligne rouge » par le gouvernement, malgré le déploiement de véhicules blindés de la gendarmerie. En ce qui concerne son syndicat, Arnaud Rousseau affirme que toutes les opérations organisées l’ont été en accord avec la préfecture, « pour que les choses soient encadrées ». « Nous on essaye de faire en sorte qu’il n’y ait pas de débordements, ce n’est pas facile, je ne sais pas si ça tiendra », a poursuivi Arnaud Rousseau.

Interrogé par le sénateur Les Républicains Jean-Marc Boyer, qui s’est dit « très choqué de voir des blindés face aux tracteurs », le président de la FNSEA est resté très évasif dans sa réponse, sans jamais finir sa phrase : « À un moment donné, si les autorités souhaitent mettre des blindés en face des tracteurs, chacun fait son métier. Et si cela devait mal tourner, ce que je ne souhaite absolument pas, ce ne sont pas deux blindés… »

Sur la question d’une levée des blocages, le président de la FNSEA a indiqué attendre « un signe très clair que le monde agricole est écouté ». En conclusion de son audition, Arnaud Rousseau a mis en garde le gouvernement : « On ne peut pas jouer avec ce mouvement, il n’est pas question que dans quelques semaines on se dise, la fièvre tombant, que le problème serait réglé. Il n’en sera rien ». En ligne de mire, le salon de l’agriculture qui s’ouvrira le 24 février prochain, a-t-il averti sans mâcher ses mots : « Il faut que tout le monde soit conscient que si d’ici trois semaines nous n’avons pas ce que nous attendons, cela ne va pas être la visite de santé où on vient faire la photo au cul des vaches. »

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