Collomb fragilisé depuis l’annonce de sa candidature à Lyon
Gérard Collomb a beau assurer être "pleinement ministre de l'Intérieur", depuis l'annonce de son départ en 2019 pour les...

Collomb fragilisé depuis l’annonce de sa candidature à Lyon

Gérard Collomb a beau assurer être "pleinement ministre de l'Intérieur", depuis l'annonce de son départ en 2019 pour les...
Public Sénat

Par Katell PRIGENT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Gérard Collomb a beau assurer être "pleinement ministre de l'Intérieur", depuis l'annonce de son départ en 2019 pour les municipales à Lyon, sa légitimité place Beauvau est remise en question par la droite, mais aussi au sein de son ministère.

"Quand je suis ministre de l'Intérieur, je suis pleinement ministre de l'Intérieur", a assuré jeudi Gérard Collomb. Une réponse aux voix qui se font entendre à droite pour qualifier de ministre d'"intermittent de la sécurité à Beauvau" comme l'a fait Éric Ciotti (LR) depuis que le ministre a annoncé qu'il quitterait le gouvernement pour mener campagne à Lyon pour les élections de 2020. Une annonce "surréaliste", pour Laurent Wauquiez (LR).

"Gérard Collomb est plus préoccupé par la suite de sa carrière politique que par la sécurité des Français et la lutte contre le terrorisme. Quel cynisme! Le Titanic n'est plus loin de l'iceberg", fustige la porte-parole des Républicains Laurence Sailliet.

"C'était sans doute une volonté de sincérité de sa part, mais l'opinion publique attend du ministre de l'Intérieur qu'il soit à temps plein dans ses actes comme dans sa tête", a déclaré à l'AFP Brice Hortefeux, ancien locataire de la place Beauvau.

Mercredi matin, dans les médias, la ministre Jacqueline Gourault a défendu son ministre de l'Intérieur sur Public Sénat estimant que "c'était un secret de polichinelle que Gérard Collomb voulait se représenter à Lyon". "Il a pris cette décision de l'annoncer maintenant, je crois, pour clarifier la situation, je pense vis-à-vis des Lyonnais, et pour dire pendant un an je me consacre à mon ministère et je ferai campagne après", a-t-elle dit.

"Une tempête dans un verre d'eau", a estimé parallèlement le Premier ministre Édouard Philippe sur France Inter. "Lorsqu'il sera en campagne (...) il se consacrera à temps plein à cette conquête électorale. Aujourd'hui il est ministre d’État, ministre de l'Intérieur en charge de missions redoutablement complexes et importantes et il se consacre entièrement à sa tache", a-t-il dit.

- "Climat étrange" -

Mais au-delà de la sphère politique, l'annonce de Gérard Collomb a également perturbé les équipes au sein du ministère, déjà ébranlées par l'affaire Benalla qui a instauré "une ambiance délétère" depuis cet été, selon une source policière. "Cette affaire a rouvert les tensions entre gendarmerie et police", selon cette source.

La semaine aurait dû être la semaine du lancement des Quartiers de reconquête républicaine, un pan de la police de sécurité du quotidien (PSQ), une des mesures phares de Gérard Collomb. Elle a été éclipsé par l'annonce de départ programmé.

Mercredi, le chef de cabinet du ministre de l'Intérieur, Jean-Marie Girier, a rejoint Richard Ferrand à l'Assemblée nationale. "Son départ n'a aucun lien avec l'annonce du futur départ de Gérard Collomb pour les municipales à Lyon", affirme-t-on à l'Intérieur, "il était acté avant l'interview" du ministre.

Après sa "plume" Jonathan Guamas, qui a rejoint récemment l'Élysée, Gérard Collomb perd un chef de cabinet "qui n'était pas un chef de cabinet comme les autres", glisse un haut gradé de la police. "Il était conseiller politique du ministre et proche du président de la République: ce n'est pas anodin", ajoute-t-il.

"Il règne un climat étrange" place Beauvau, raconte ce haut gradé, une ambiance "surréaliste", confirme un autre, "une très mauvaise ambiance" ajoute une troisième. "Il y a comme une période de flottement, il faut vite dire les choses, donner une date de départ, éloigner le débat", estime l'un d'eux.

"Il y a des échéances: un mercato des directeurs de la police nationale, des élections syndicales... tout ça avant décembre", souligne une de ces sources, "il faut clarifier les choses".

"Il faut qu'il fasse un discours fort dans les 15 jours, qu'il montre qu'il est le patron", estime un soutien du ministre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Beaucaire: Jordan Bardella comes to support Nelson Chaudon, who has been re elected as mayor
4min

Politique

Municipales 2026 : la montée notable du Rassemblement national dès le premier tour

Réélections dès le premier tour à Perpignan, Hénin-Beaumont ou Fréjus, percées à Toulon et Nice, et duel serré à Marseille : le Rassemblement national confirme sa progression lors du premier tour des municipales 2026. Porté par ses récents succès électoraux, le parti à la flamme cherche désormais à transformer cette dynamique en conquêtes locales durables, à un an de la présidentielle de 2027.

Le

Depouillement votes municipales 15 mars 2026. Premier tour, Paris.
7min

Politique

Résultat du premier tour des municipales : quels sont les enseignements du scrutin ?

Percée de LFI, dilemme des alliances pour le PS et les écologistes, le RN bien placé à Marseille et Toulon, la droite résiste dans les villes moyennes, Edouard Philippe bien parti pour conserver le Havre et maintenir sa candidature à la présidentielle… On fait le point sur les enseignements du premier tour des élections municipales.

Le

Lyon
7min

Politique

Municipales 2026 : Paris, Lyon, Marseille, Lille… Ce que disent les résultats dans les grandes villes

Au soir du premier tour des municipales 2026, le paysage politique des grandes métropoles françaises oscille entre continuité et secousses majeures. Si la plupart des maires sortants résistent, beaucoup sont désormais talonnés par leur challenger. Dans de nombreux cas, LFI s’impose comme la troisième force. De Paris à Marseille, en passant par Nice, Lyon ou Bordeaux, tour d’horizon des résultats et des rapports de force avec les estimations Ipsos-BVA pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN.

Le

Collomb fragilisé depuis l’annonce de sa candidature à Lyon
7min

Politique

Municipales : le PS d’Olivier Faure sous pression face à la poussée de LFI

Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, affirme que le PS est « en mesure de l’emporter » dans de nombreuses grandes villes. Mais les socialistes doivent faire face aux gros scores de LFI dans plusieurs communes, notamment à Lille et Toulouse, où LFI devance le PS, mettant les socialistes sous pression. « Il n’y aura pas d’accord national entre le PS et LFI », répète le numéro 1 du PS. Les « 350 maires socialistes réélus » dès le premier tour, rappellent cependant la bonne implantation locale du PS.

Le