Commentaire de Darmanin sur la condamnation de Marine Le Pen : « Je trouve profondément choquant de commenter une décision de justice », critique Nathalie Delattre 

Alors que cinq ans d’inéligibilité sont requis contre Marine Le Pen dans le cadre du procès des assistants parlementaires du FN, l’ancien ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin s’indigne de ces réquisitions. Une prise de position choquante de la part du député du Nord estime Nathalie Delattre, invitée de la matinale de Public Sénat.
Henri Clavier

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« C’est la réquisition du parquet qui représente les intérêts de la société », déclare Nathalie Delattre, ministre chargée des relations avec le Parlement, à la suite des propos de Gérald Darmanin sur le procès des assistants parlementaires du RN. Alors que le parquet requiert cinq ans d’inéligibilité contre Marine Le Pen et cinq ans de prison dont trois avec sursis, l’ancien ministre de l’Intérieur s’est indigné des réquisitions des magistrats. « Il serait profondément choquant que Marine Le Pen soit jugée inéligible », écrit, sur X, le député du Nord. Une prise de position condamnée par Nathalie Delattre alors même que le jugement de première instance n’a pas été rendu. « Je trouve profondément choquant de commenter une décision de justice. Il y a un temps politique, il y a un temps judiciaire », pointe la ministre chargée des relations avec le Parlement. 

« Nous ne sommes pas là pour commenter les décisions de justice », continue l’ancienne sénatrice qui précise d’ailleurs que la décision est encore loin d’être rendue. Malgré cela, Gérald Darmanin estime que « combattre Madame Le Pen se fait dans les urnes, pas ailleurs » et qu’il ne faut pas avoir « peur de la démocratie ». Pourtant, l’article 131-26-2 du Code pénal prévoit une peine complémentaire d’inéligibilité obligatoire pour les personnes condamnées pour les délits de détournements de fonds publics. 

Par ailleurs, Nathalie Delattre écarte l’idée d’une décision antidémocratique rappelant que « la justice n’est pas en train de trancher la candidature » de Marine Le Pen. « Le RN ne manque pas de candidatures possibles. Ce n’est pas la fin d’un parti parce que l’un des membres ne peut pas se présenter. La loi s’applique à tout le monde », ajoute la ministre. 

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