Commission d’enquête : « Ce n’est pas seulement le gouvernement actuel qui peut être questionné » estime Marc Fesneau
Le Sénat va lancer sa commission d'enquête au mois de juin sur la gestion de la crise du Covid-19, alors que montent des rumeurs de tension entre l’exécutif et les sénateurs. Une proposition de résolution sera examinée en séance le 23 juin, les premières auditions devraient commencer dans la foulée.

Commission d’enquête : « Ce n’est pas seulement le gouvernement actuel qui peut être questionné » estime Marc Fesneau

Le Sénat va lancer sa commission d'enquête au mois de juin sur la gestion de la crise du Covid-19, alors que montent des rumeurs de tension entre l’exécutif et les sénateurs. Une proposition de résolution sera examinée en séance le 23 juin, les premières auditions devraient commencer dans la foulée.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Après les tensions qu’avait déclenchées la commission d’enquête sur l’affaire Benalla, celle sur la crise sanitaire pourrait-elle raviver les conflits entre l’exécutif et le Sénat ? Marc Fesneau, le ministre des relations avec le Parlement, invité d’Audition Publique lundi 18 mai, ne le pense pas. « Je ne crains rien » estime-t-il.

« Je ne trouve pas anormal que les Parlements se saisissent de la question. Les commissions d'enquête sont faites pour ça » rappelle le ministre. Mais il émet quand même un questionnement : « Il peut y avoir une interrogation sur la temporalité. Est-ce qu’il n'y a pas lieu d'attendre qu'on soit sorti un peu de cette crise ? ». Selon lui, la mise en place du déconfinement ne signifie pas que le pays ne vit plus en plein dans la crise sanitaire et économique.

« Je me souviens du procès qui a été fait à Roselyne Bachelot »

Quant à la crainte « d’un procès politique » qui pourrait être fait sur la gestion gouvernementale de l’épidémie, notamment sur la crise de l’hôpital et les stocks de masques, Marc Fesneau se dit confiant. « La question n'est pas la charge, c'est de regarder ce qui aurait pu être mieux fait, mieux anticipé. Je constate d'ailleurs que sur un certain nombre de sujets, ce n'est pas seulement le gouvernement actuel qui peut être questionné mais les gouvernements précédents. Prenons la simple question des masques, et on en rediscutera ».

Du côté des sénateurs, les critiques se font parfois vives. Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, estime ainsi que le gouvernement « a trompé les Français sur le port des masques pour cacher la pénurie ». Un argument balayé par le ministre, qui met en cause « une politique globale depuis 10 ans, qui a été une politique de réduction » des stocks. 

« Je me souviens du procès qui avait été fait à Roselyne Bachelot à l'époque [de la grippe H1N1], la soupçonnant de tous les maux, y compris de conflit d'intérêt, sur la question des masques et des vaccins. Et donc on a baissé collectivement la garde. Prenons acte de cette situation-là » conclut Marc Fesneau.

Partager cet article

Dans la même thématique

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le

Commission d’enquête : « Ce n’est pas seulement le gouvernement actuel qui peut être questionné » estime Marc Fesneau
4min

Politique

Aide à mourir : le Sénat rejette le texte, la gauche dénonce un « sabordage »

Après avoir supprimé lundi, l’article 2, clé de voûte de la proposition de loi sur l’aide à mourir, le Sénat a rejeté l’ensemble du texte, en adoptant des amendements de suppression sur l’ensemble des articles. A gauche comme à droite, chacun s’est renvoyé la responsabilité de ce « sabordage ».

Le

Commission d’enquête : « Ce n’est pas seulement le gouvernement actuel qui peut être questionné » estime Marc Fesneau
3min

Politique

« François Hollande veut l’union des centres, nous voulons l’union de la gauche », estime Clémentine Autain

Invitée de notre matinale, Clémentine Autain a lancé un ultimatum au Parti socialiste, et appelle le PS à « trancher » sur sa participation ou non à la primaire de la gauche « non-mélenchoniste. » Si la primaire ne se tient pas, la cofondatrice du parti l’Après n’entend pas être « la candidate de la division » et n’exclut « aucune hypothèse », même un ralliement à Jean-Luc Mélenchon.

Le

Debate on France’s role in preventing international political crises
9min

Politique

« J’ai assez honte que mon parti se tabasse toute la journée » : la crise interne continue au PS sur la stratégie pour 2027

En quittant la direction du PS, Boris Vallaud espère créer un « sursaut ». Le président du groupe PS de l’Assemblée veut mettre « la nouvelle gauche plurielle », soit toutes les forces de gauche, hors LFI, autour de la même table pour trouver « un contrat de gouvernement », avant l’incarnation. « On ne comprend absolument pas le sens de sa démarche, si ce n’est exister », rétorque un lieutenant d’Olivier Faure, qui entend rester premier secrétaire.

Le