Commission d’enquête Covid-19 : Jérôme Salomon assure qu’« aucune pression n’a été exercée sur le groupe d’experts »
Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, mis en cause par la commission d’enquête du Sénat sur le Covid-19, affirme avoir envoyé lui-même les mails litigieux et dément avoir exercé toute pression. Une version que récuse le rapporteur PS, Bernard Jomier.

Commission d’enquête Covid-19 : Jérôme Salomon assure qu’« aucune pression n’a été exercée sur le groupe d’experts »

Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, mis en cause par la commission d’enquête du Sénat sur le Covid-19, affirme avoir envoyé lui-même les mails litigieux et dément avoir exercé toute pression. Une version que récuse le rapporteur PS, Bernard Jomier.
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Mis en cause par la commission d’enquête du Sénat pour son rôle dans le faible stock de masques au début de l’épidémie de Covid-19, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a répondu jeudi soir aux accusations des sénateurs, via un communiqué.

Il « tient à préciser qu’il a lui-même fourni l’ensemble des échanges de mails aux membres de la commission d’enquête du Sénat », une attitude qui « participe d’une volonté totale de transparence ».

Jérôme Salomon assure avoir « répondu à toutes les questions relatives à ce sujet devant le Sénat »

Quant aux échanges dans les mails litigieux, pointés par les sénateurs comme une pression pour faire modifier a posteriori un rapport qui aurait contredit sa décision de ne commander que 50 millions de masques en 2018, quand il en aurait fallu un milliard, Jérôme Salomon tente d’expliquer qu’il ne faut y voir rien d’autre que des « échanges » tout à fait normaux.

Ces échanges « s’inscrivent dans le cadre d’une relation entre un établissement public sous tutelle et son autorité publique dans le cadre de ses missions », dit le communiqué. « A la suite de ces échanges, le directeur général de Santé publique France a apporté des modifications […] qui ont été acceptées par l’ensemble des contributeurs du rapport ». Et d’ajouter que « par conséquent, aucune pression n’a été exercée sur le groupe d’experts », soutient la DGS. Jérôme Salomon assure avoir « répondu à toutes les questions relatives à ce sujet devant le Sénat et a fourni tous les éléments demandés par la commission d’enquête ».

« Jérôme Salomon n’a pas envoyé les mails lui-même, ce n’est pas vrai »

Une version que dément le sénateur PS Bernard Jomier, co-rapporteur de la commission d’enquête, interrogé jeudi soir par publicsenat.fr. « Jérôme Salomon n’a pas envoyé les mails lui-même, ce n’est pas vrai » soutient le sénateur de Paris, qui insiste : « C’est inexact ».

S’il confirme bien, en revanche, que ce sont les services de la direction générale de la santé qui ont envoyé les mails litigieux, Bernard Jomier croit avec certitude que « Jérôme Salomon n’a pas voulu porter ces mails à notre connaissance, ni décidé de le faire. D’ailleurs, jamais il ne nous en a parlé, lors de son audition, ou ensuite ». C’est pourquoi les sénateurs en concluent avoir reçu ces mails par « erreur », lors de l’envoi « d’un paquet de mails, où on a été surpris de trouver ces deux mails. Et quand bien plus tard, on a redemandé de nous communiquer les mails, ils ont renvoyé le paquet, sauf ces deux-là ».

Reste à voir si la commission d’enquête peut laisser des traces politiquement. Ce vendredi, un membre du gouvernement minimisait la portée des accusations sur Jérôme Salomon, en se plaçant dans une perspective plus psychologique :

Dans toutes les crises, quand il y a des choses inexpliquées, il y a un bouc émissaire – et un haut fonctionnaire, c’est sympathique – et un fait contre-narratif simpliste pour expliquer de manière cohérente ce qui ne l’est pas. Trouver des coupables, c’est naturel. (une ministre)

Le même membre du gouvernement ne rejette pas tout dans le travail des sénateurs, estimant que « dans le rapport, il y a beaucoup de choses organisationnelles, comme la question de l’audit interne. Il y a la question de la gestion des risques. Et le Sénat dit des choses intéressantes », comme sur le bon niveau d’organisation, et « le problème de la parole bicéphale entre agences régionales de santé et préfets. Le Sénat a raison de dire qu’il faut que l’Etat ne parle que d’une seule voix ».

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