Commission d’enquête Covid-19 : Jérôme Salomon assure qu’« aucune pression n’a été exercée sur le groupe d’experts »
Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, mis en cause par la commission d’enquête du Sénat sur le Covid-19, affirme avoir envoyé lui-même les mails litigieux et dément avoir exercé toute pression. Une version que récuse le rapporteur PS, Bernard Jomier.

Commission d’enquête Covid-19 : Jérôme Salomon assure qu’« aucune pression n’a été exercée sur le groupe d’experts »

Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, mis en cause par la commission d’enquête du Sénat sur le Covid-19, affirme avoir envoyé lui-même les mails litigieux et dément avoir exercé toute pression. Une version que récuse le rapporteur PS, Bernard Jomier.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Mis en cause par la commission d’enquête du Sénat pour son rôle dans le faible stock de masques au début de l’épidémie de Covid-19, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a répondu jeudi soir aux accusations des sénateurs, via un communiqué.

Il « tient à préciser qu’il a lui-même fourni l’ensemble des échanges de mails aux membres de la commission d’enquête du Sénat », une attitude qui « participe d’une volonté totale de transparence ».

Jérôme Salomon assure avoir « répondu à toutes les questions relatives à ce sujet devant le Sénat »

Quant aux échanges dans les mails litigieux, pointés par les sénateurs comme une pression pour faire modifier a posteriori un rapport qui aurait contredit sa décision de ne commander que 50 millions de masques en 2018, quand il en aurait fallu un milliard, Jérôme Salomon tente d’expliquer qu’il ne faut y voir rien d’autre que des « échanges » tout à fait normaux.

Ces échanges « s’inscrivent dans le cadre d’une relation entre un établissement public sous tutelle et son autorité publique dans le cadre de ses missions », dit le communiqué. « A la suite de ces échanges, le directeur général de Santé publique France a apporté des modifications […] qui ont été acceptées par l’ensemble des contributeurs du rapport ». Et d’ajouter que « par conséquent, aucune pression n’a été exercée sur le groupe d’experts », soutient la DGS. Jérôme Salomon assure avoir « répondu à toutes les questions relatives à ce sujet devant le Sénat et a fourni tous les éléments demandés par la commission d’enquête ».

« Jérôme Salomon n’a pas envoyé les mails lui-même, ce n’est pas vrai »

Une version que dément le sénateur PS Bernard Jomier, co-rapporteur de la commission d’enquête, interrogé jeudi soir par publicsenat.fr. « Jérôme Salomon n’a pas envoyé les mails lui-même, ce n’est pas vrai » soutient le sénateur de Paris, qui insiste : « C’est inexact ».

S’il confirme bien, en revanche, que ce sont les services de la direction générale de la santé qui ont envoyé les mails litigieux, Bernard Jomier croit avec certitude que « Jérôme Salomon n’a pas voulu porter ces mails à notre connaissance, ni décidé de le faire. D’ailleurs, jamais il ne nous en a parlé, lors de son audition, ou ensuite ». C’est pourquoi les sénateurs en concluent avoir reçu ces mails par « erreur », lors de l’envoi « d’un paquet de mails, où on a été surpris de trouver ces deux mails. Et quand bien plus tard, on a redemandé de nous communiquer les mails, ils ont renvoyé le paquet, sauf ces deux-là ».

Reste à voir si la commission d’enquête peut laisser des traces politiquement. Ce vendredi, un membre du gouvernement minimisait la portée des accusations sur Jérôme Salomon, en se plaçant dans une perspective plus psychologique :

Dans toutes les crises, quand il y a des choses inexpliquées, il y a un bouc émissaire – et un haut fonctionnaire, c’est sympathique – et un fait contre-narratif simpliste pour expliquer de manière cohérente ce qui ne l’est pas. Trouver des coupables, c’est naturel. (une ministre)

Le même membre du gouvernement ne rejette pas tout dans le travail des sénateurs, estimant que « dans le rapport, il y a beaucoup de choses organisationnelles, comme la question de l’audit interne. Il y a la question de la gestion des risques. Et le Sénat dit des choses intéressantes », comme sur le bon niveau d’organisation, et « le problème de la parole bicéphale entre agences régionales de santé et préfets. Le Sénat a raison de dire qu’il faut que l’Etat ne parle que d’une seule voix ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Commission d’enquête Covid-19 : Jérôme Salomon assure qu’« aucune pression n’a été exercée sur le groupe d’experts »
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

Commission d’enquête Covid-19 : Jérôme Salomon assure qu’« aucune pression n’a été exercée sur le groupe d’experts »
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le

FRA – LR RETAILLEAU – ELECTION MUNICIPALES 2026
8min

Politique

Municipales : en lâchant Christian Estrosi à Nice, Bruno Retailleau enflamme toute la droite, avec 2027 en ligne de mire

À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
6min

Politique

Municipales : le retrait calculé de Sarah Knafo recompose le jeu à Paris

Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.

Le