Commissions d’enquête : le Sénat fait-il mieux que l’Assemblée nationale ?
En révélant ce jeudi matin les conclusions de la commission d’enquête sur la gestion du Covid-19, le Sénat a encore frappé un grand coup. Après les investigations sénatoriales très poussées sur l’affaire Benalla en 2019, les sénateurs ont à nouveau pris une longueur d’avance sur leurs collègues de l’Assemblée nationale dans leur mission de contrôle de la politique gouvernementale. Explications.

Commissions d’enquête : le Sénat fait-il mieux que l’Assemblée nationale ?

En révélant ce jeudi matin les conclusions de la commission d’enquête sur la gestion du Covid-19, le Sénat a encore frappé un grand coup. Après les investigations sénatoriales très poussées sur l’affaire Benalla en 2019, les sénateurs ont à nouveau pris une longueur d’avance sur leurs collègues de l’Assemblée nationale dans leur mission de contrôle de la politique gouvernementale. Explications.
Public Sénat

Par Antoine Comte

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

« Sur un sujet aussi grave que l’épidémie de Covid-19 où l’on se doit de dire la vérité aux Français, on voit bien cette fois encore que les commissions d’enquête du Sénat ont un temps d’avance sur celles de l’Assemblée nationale », lâche d’entrée Patrick Kanner, le président du groupe socialiste au Sénat.

Pour le sénateur PS du Nord, qui se refuse malgré tout d’établir « toute hiérarchie qualificative entre les deux chambres » et de se présenter comme « un anti Assemblée nationale », le Sénat possède « une vraie culture de l’investigation et travaille peut-être davantage dans une forme de discussion et de sagesse. Cela fait du bien d’avoir une institution solide comme le Sénat dans le monde de fake news que nous connaissons aujourd’hui ».

Pour Muriel Jourda, sénatrice LR du Morbihan, c’est plutôt l’indépendance politique du Sénat vis-à-vis de l’exécutif élyséen qui joue beaucoup. « La force du Sénat, c’est son non alignement vis-à-vis du gouvernement. En réalité, on ne craint pas vis-à-vis d’un quelconque gouvernement d’aller rechercher la vérité ».

Un sentiment partagé par le sénateur PS Jean-Pierre Sueur qui compare « l’indépendance politique du Sénat à l’égard de n’importe quel gouvernement » à « un acquis précieux ».

Muriel Jourda : "La force du Sénat c'est son non-alignement vis-à-vis du gouvernement"
02:28


Du côté de Philippe Bas l’ancien président de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla, on exclut toute « approche comparative entre les deux chambres ». Mais l’explication d’un Sénat plus performant que le Palais Bourbon résulterait plutôt, selon lui, du fait que les actualités permettant de médiatiser les commissions d’enquête sénatoriales se sont juxtaposées ces dernières années. « Les dernières actualités ont beaucoup joué car je ne crois pas que le Sénat ait changé quoique ce soit dans son fonctionnement. Nous avons toujours eu le même cahier des charges, à savoir celui de la rigueur, de la réflexion et de la sagesse. Le Sénat a toujours fait son travail avec objectivité et sans préjugés », assure le sénateur LR de la Manche.

« C’est bien que le parlement joue son rôle de contrôle mais c’est un raté sur le résultat », rétorque François Patriat. Selon le président du groupe RDPI, la conférence de presse du jour n’est qu’une « manœuvre politique ». « Lors du vote mardi soir, le ton était serein. Aujourd’hui, il est agressif et violent. Et puis Jérôme Salomon n’a pas été auditionné sur les mails » dévoilés par les sénateurs, dénonce-t-il. Le résultat du rapport de la commission sera le même que celui de l’Assemblée nationale, veut croire le vieux compagnon de route d’Emmanuel Macron : « ça a fait le buzz un soir, après on en entendait plus parler ».

Cette commission d’enquête qui accuse notamment Jérôme Salomon, le directeur général de la santé d’être responsable du manque de masques à l’arrivée du virus, devrait en tout cas continuer à faire réagir très largement la classe politique. Surtout à quelques heures de la conférence de presse très attendue du Premier ministre Jean Castex sur la levée ou non du confinement.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le

Commissions d’enquête : le Sénat fait-il mieux que l’Assemblée nationale ?
4min

Politique

Loi-cadre sur les transports : « Nous allons donner des moyens supplémentaires pour investir dans les transports », promet le ministre Philippe Tabarot

Alors que le projet de loi-cadre sur les transports est examiné en séance au Sénat, Philippe Tabarot a égrené les grandes lignes de « son » texte, jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat. Le ministre des transports veut assurer la pérennité des financements du secteur, notamment via les recettes des péages autoroutiers et un nouveau contrat avec SNCF Réseau.

Le

Marine Le Pen and Jordan Bardella Hold Campaign Rally in Chalons-en-Champagne
6min

Politique

Présidentielle : « Une inclinaison libérale plus prononcée au RN, incarnée par Jordan Bardella, ne sera pas forcément de nature à rebuter son électorat »

Jeudi et vendredi, les cadres du RN se retrouvent dans un lieu secret pour « un séminaire présidentiel ». Le parti, qui est toujours suspendu à la décision de la Cour d’appel sur l’inéligibilité de Marine Le Pen, n’est pas encore tout à fait en ordre de marche. Au fil des mois, Jordan Bardella semble s’éloigner de la ligne souverainiste et étatiste prônée lors des précédentes campagnes présidentielles. Faut-il y voir un antagonisme ou une manière d'accéder à un dernier territoire de conquête électorale ?

Le