Communautarisme : l’autre enjeu des municipales ?
Déjà auteur de deux propositions de loi sur la lutte contre le communautarisme, le président du groupe LR du Sénat, Bruno Retailleau a proposé ce week-end, « la mise sous tutelle républicaine » des communes dirigées par des « élus complices des islamistes ». Une préconisation qui intervient la veille de l’annonce d’un plan de lutte contre séparatisme et le radicalisme islamiste, par Emmanuel Macron.

Communautarisme : l’autre enjeu des municipales ?

Déjà auteur de deux propositions de loi sur la lutte contre le communautarisme, le président du groupe LR du Sénat, Bruno Retailleau a proposé ce week-end, « la mise sous tutelle républicaine » des communes dirigées par des « élus complices des islamistes ». Une préconisation qui intervient la veille de l’annonce d’un plan de lutte contre séparatisme et le radicalisme islamiste, par Emmanuel Macron.
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Après le dépôt d’une proposition de loi en novembre (voir notre article), et son soutien à proposition de révision de la Constitution tendant à renforcer le principe de laïcité (voir notre article), Bruno Retailleau, chef de file des LR du Sénat, continue de mettre la pression sur l’exécutif sur un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : la lutte contre le communautarisme. Dans le JDD, ce week-end, le sénateur de Vendée adresse une mise en garde au gouvernement. « On est en train de perdre le combat contre l’islamisme (…) Bientôt, il sera trop tard ». À quelques semaines des municipales, Bruno Retailleau pointe du doigt « les élus complices des islamistes » qu’ils soient « à droite comme à gauche » et propose « un contrôle de légalité renforcé pouvant aller jusqu’à une mise sous tutelle républicaine d’une collectivité par le préfet lorsqu’on constate des manquements graves ».

« Des mini-Etats islamistes »

Car le sénateur en est certain. Des « contre-sociétés salafistes, des mini-Etats islamistes » sont en train de se former sur le territoire français. « La DGSI a dénombré 150 de ces enclaves ». Des « terreaux de vocation djihadistes de demain » dans lesquels il préconise de déployer « une force d’intervention républicaine » composée de moyens exceptionnels de police, gendarmerie, magistrats, travailleurs sociaux, services fiscaux et douanes.

« On ne peut pas faire comme si ça n’existait pas »

Si Bruno Retailleau ne cite pas les communes dont il est question, le JDD s’en charge en évoquant l’exemple de Garges-lès-Gonesse, où l’un des candidats aux municipales, Samy Debah, est présenté comme « symbole de l’islam politique ». « Il y a deux villes qui nous préoccupent dans le Val d’Oise, c’est Garges-lès-Gonesse et Goussainville » confirme la sénatrice LR du département, Jacqueline Eustache-Brinio, par ailleurs rapporteure de la commission d’enquête sur la radicalisation islamiste. « Il y a des quartiers entiers aux mains des islamistes. On ne peut pas faire comme si ça n’existait pas. On ne peut plus se contenter de surveiller les mosquées » estime-t-elle citant la problématique de déscolarisation d’enfants et le contrôle des associations de soutiens scolaires.

Le plan d’Emmanuel Macron attendu mardi

La sénatrice devrait être entendue par le chef de l’État. Attendue depuis des mois (voir notre article), c’est à Mulhouse, mardi, qu’Emmanuel Macron présentera sa stratégie de lutte contre le séparatisme et le radicalisme islamiste. L’hebdomadaire, le Point s’est procuré les 25 actions de la feuille de route gouvernementale. L’exécutif entend, notamment, créer des cellules départementales de lutte contre l'islamisme et le repli communautaire (Clir), présidées par les préfets. Elles auront la charge d’identifier « le réseau social, cultuel, économique, associatif et culturel des personnes suivies au titre de la radicalisation à caractère terroriste ».

« L’État doit être plus présent sur le contrôle de légalité »

La stratégie gouvernementale doit aussi s’appuyer sur les Maisons France Service pour y développer « une offre scolaire renouvelée et de soutien périscolaire fiable ». Parmi les autres actions, on relève aussi le développement d’offres fiables dans le domaine du sport, des conditions plus strictes pour les soutiens financiers aux associations ou encore le renforcement du contrôle de légalité des actes des collectivités.

Un dernier point que plébiscite le sénateur PS de Seine-Saint-Denis et ancien maire de Bondy, Gilbert Roger. « L’État doit être plus présent sur le contrôle de légalité de certaines démarches. Il y a des collectivités qui dépassent le cadre légal lorsqu’il s’agit du financement d’édifice religieux » souligne-t-il. Gilbert Roger qui figure sur « la liste citoyenne » de Laurent Cotte aux municipales à Bondy, est fier de préciser qu’en cas de victoire, « notre équipe municipale ne financera que des associations qui auront signé une charte de laïcité ».

Enfin, le plan du gouvernement devrait également contenir des propositions sur l’épineux sujet de structuration du culte musulman, notamment par le contrôle de son financement. Un sujet au cœur des travaux de la commission d’enquête du Sénat. (voir nos articles ici et ici)

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