Communistes et syndicalistes unis face à la réforme de la SNCF
Alors que le projet de loi de réforme ferroviaire entre en piste au Sénat ce mardi 29 mai, le groupe communiste tenait une conférence de presse « sur la réalité de la concurrence du rail dans le monde » avec des syndicalistes européens.

Communistes et syndicalistes unis face à la réforme de la SNCF

Alors que le projet de loi de réforme ferroviaire entre en piste au Sénat ce mardi 29 mai, le groupe communiste tenait une conférence de presse « sur la réalité de la concurrence du rail dans le monde » avec des syndicalistes européens.
Public Sénat

Par Yann Quercia

Temps de lecture :

1 min

Publié le

Mis à jour le

C’est désormais au Sénat que le projet de loi de réforme ferroviaire doit être examiné. Trois jours de débat sont prévus avant le vote solennel du 5 juin. Pour marquer l’arrivée du texte, le groupe communiste tenait une conférence de presse « sur la réalité de la concurrence du rail dans le monde ». Ce rendez-vous était marqué par la présence d’une délégation de syndicalistes cheminots (CGT, SUD RAIL, UNSA, CFDT) et de représentants de « International Transport Workers Fédération ».

« Nous serons à l’offensive contre ce texte, pour réaffirmer notre refus de la privatisation de la SNCF et porter des propositions alternatives » a affirmé Éliane Assassi, la Présidente du groupe communiste au Sénat. La sénatrice souligne l’importance du retour d’expérience des syndicalistes d’autres pays : « Leurs propos ont été assez éloquents car l’ouverture à la concurrence a conduit pour de nombreux pays à la privatisation. Il y a même des pays qui sont revenus la nationalisation tellement la privatisation cassait le système ferroviaire. Nous avions besoin d’écouter les syndicalistes français et européens ».

"Nous avions besoin d’écouter les syndicalistes français et européens » selon Eliane Assassi
02:26

 

« Le vote est une formalité mais nous n’arrêterons pas »

« Le vote est une formalité mais nous n’arrêterons pas » affirme Laurent Brun
01:21

 

Laurent Brun, le secrétaire national de la CGT Cheminots, souhaite aussi s’appuyer sur les expériences d’ouverture à la concurrence dans d’autres pays : « Le but de la réunion est d’interpeller les sénateurs mais aussi faire intervenir une délégation internationale de syndicalistes du transport pour démonter l’argumentaire du gouvernement sur les bienfaits de la concurrence en Europe et dans le monde. Nous avons des éléments pratiques à apporter mais nous n’avons aucune réponse en face ».

Le rapporteur LR au Sénat de la réforme ferroviaire, Gérard Cornu, a lancé mardi un "appel solennel" aux syndicats de cheminots pour qu'ils cessent leur grève, assurant que le texte soumis aux sénateurs comporte des "avancées sociales très importantes". Pourtant, Laurent Brun réaffirme sa volonté de poursuivre le mouvement : « Le gouvernement voudrait faire du vote au Sénat le 5 juin une fin du débat. Le vote est une formalité mais nous n’arrêterons pas. Le Sénat s’est entendu avec la droite parlementaire donc cela va passer comme dans du beurre. Nous continuons la lutte car cette réforme est mauvaise ».

« Le Président Macron a tort de dire que l’exemple allemand est un bon exemple »

« Le Président Macron a tort de dire que l’exemple allemand est un bon exemple » selon Winfried Wolf, membre du syndicat allemand Verdi
01:51

 

Parmi les représentants syndicaux étrangers présents, Winfried Wolf, membre du syndicat allemand Verdi souligne que l’Allemagne être pris pour exemple pour sa réforme ferroviaire : « Nous sommes solidaires de la grève de nos amis français. Nous pensons que M. le Président Macron a tort de dire que l’exemple allemand est un bon exemple. C’est un mauvais exemple ».

Le syndicaliste dresse un bilan de cette réforme : « Le bilan, 24 ans après est le suivant : baisse des infrastructures ainsi que leur dégradation, qui conduit à une augmentation de certains temps de trajets sur les LVG, une réduction de moitié des personnels (de 350 000 à 180 000 personnes).

La Deutsche Bahn Aktiengesellschaft (Société anonyme des chemins de fer allemands) est à nouveau endettée à hauteur de 18,6 Mds d’euros. Elle ne peut plus emprunter sur les marchés sans la caution de l’État qui pourrait en définitive rembourser à nouveau cette dette ».

Les sénateurs et sénatrices communistes se sont ensuite rendus à la manifestation des cheminots devant le Sénat.

Partager cet article

Dans la même thématique

Communistes et syndicalistes unis face à la réforme de la SNCF
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le