Comptes de campagne de Macron: remises des fournisseurs « acceptables », pas « illicites »
Les remises obtenues auprès de prestataires de services pour la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron sont "acceptables" et...

Comptes de campagne de Macron: remises des fournisseurs « acceptables », pas « illicites »

Les remises obtenues auprès de prestataires de services pour la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron sont "acceptables" et...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Les remises obtenues auprès de prestataires de services pour la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron sont "acceptables" et ne constituent "pas des participations illicites au financement" de cette campagne, a estimé lundi la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

"D’autres candidats ont bénéficié de remises similaires pour l’organisation d’événements publics", a souligné la CNCCFP dans un communiqué, après la révélation par Mediapart de promotions "exceptionnelles" accordées par le champion de l'événementiel GL Events à l'équipe de campagne de M. Macron, élu président le 7 mai 2017.

Le Code électoral n'empêche pas toute "équipe de campagne d’essayer d’obtenir d’un fournisseur, par la négociation d’un devis, une facturation la plus juste possible, ni d’interdire toute mise en concurrence entre plusieurs prestataires", explique la Commission.

"Dans le secteur de la communication et pour l’organisation d’évènements tels que les réunions publiques, il existe une pratique commerciale largement répandue consistant à faire bénéficier le client d’une remise pouvant aller de 20% à 30 %", qui n'est "pas systématiquement appliquée" mais peut l'être en fonction notamment du "volume" et de la "date de l'événement", précise-t-elle.

Or "dans le compte de M. Macron, l’expert-comptable mandaté pour répondre aux rapporteurs (de la CNCCFP) a indiqué que +les remises qui ont été consenties par les fournisseurs sont normales et régulières dans une optique de fidélisation de la clientèle+ et a transmis les attestations produites par chacun des prestataires".

"D'autres factures évoquées" dans la presse "ont été diminuées du fait de l’inexécution partielle des prestations prévues initialement dans les devis, et non à la suite de négociations commerciales", relève aussi la Commission.

"Après examen des justifications produites, les rapporteurs ont considéré que ces remises étaient acceptables et ne constituaient donc pas des participations illicites au financement de la campagne", au sens du Code électoral, et "n'ont pas proposé de réformations du compte", conclut-elle.

Quant à la location de la maison de la Mutualité à Paris pour un meeting le 12 juillet 2016, pour laquelle "une remise de 26,8%" a été accordée au parti En Marche!, la commission "constate que l’équipe de M. Fillon a bénéficié également d’une remise de 24% sur le montant de la facture concernant la réunion, le 14 janvier 2017, du conseil national du parti Les Républicains dans les mêmes lieux".

"De même la société Match Event a consenti à M. Hamon une remise de 18,7% sur son prix HT pour l’organisation de la réunion publique de Bercy du 19 mars 2017", ajoute la CNCCFP.

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, également anciens candidats, ont pointé les avantages qu'aurait reçus Emmanuel Macron, notamment d'importantes remises sur la location de salles et sur des appels téléphoniques. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a souhaité dimanche que le parquet national financier "puisse s'autosaisir".

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a lui assuré que les comptes de campagne d'Emmanuel Macron sont "les plus sincères de tous".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le