Comptes publics : le Sénat a obtenu des « éléments nouveaux » démontrant que les déclarations de Bruno Le Maire étaient « contraires aux écrits qui circulaient » 

Invité de la matinale de Public Sénat, le rapporteur général de la commission des finances du Sénat a affirmé bénéficier de nouveaux éléments démontrant la dissimulation par Bruno Le Maire d’informations relatives au dérapage des comptes publics.
Henri Clavier

Temps de lecture :

2 min

Publié le

« Les gouvernements successifs ont laissé filer les déficits », se lamente le rapporteur général de la commission des finances du Sénat, Jean-François Husson, insistant sur la responsabilité de l’ancien ministre de l’économie, Bruno Le Maire (2017-2024). L’ancien maître de Bercy est notamment accusé d’avoir dissimulé des informations et de ne pas avoir alerté sur l’aggravation du déficit public en 2023, d’abord annoncé à 4,9 % du PIB avant d’atteindre finalement 5,5 %. Pour l’année 2024, le déficit avait atteint 5,8 % du PIB alors que le ministre avait annoncé un objectif à 4,4 %.

Une situation qui a largement irrité la commission des finances du Sénat qui avait lancé une mission d’information en mars 2024. Le contrôle du Sénat avait permis de documenter certaines incohérences entre les déclarations publiques de Bruno Le Maire et les notes internes du ministère. « J’ai pris connaissance de notes, de courriers adressés au président de la République qui mettent en lumière des déclarations publiques contraires aux écrits qui circulaient », rapporte Jean-François Husson expliquant que l’ancien ministre avait fourni des « éléments nouveaux » à la commission des finances.

« Ce dossier n’est pas refermé » 

Malgré ces alertes internes, Bruno Le Maire doit-il être tenu responsable du dérapage des finances publiques ? « Forcément pour une partie », juge le rapporteur général de la commission des finances, rappelant que Bruno Le Maire avait choisi de se maintenir au gouvernement et était donc responsable de la situation. « Ce dossier n’est pas refermé », assure Jean-François Husson qui attend la fin de l’examen des textes budgétaires pour déterminer les suites à donner à cette affaire. Néanmoins, au Sénat, Bruno Le Maire était auditionné par une mission d’information et non une commission d’enquête ce qui écarte la possibilité de réaliser un signalement au procureur pour faux témoignage.

Partager cet article

Dans la même thématique

Elections Legislatives bureau de vote a Nice
9min

Politique

68 % des communes n’ont qu’une liste pour les municipales : « Démocratie confisquée » ou « illusion d’optique » liée au nouveau mode de scrutin ?

Pour les élections municipales, les deux tiers des communes connaissent déjà le nom de leur maire, car une seule liste a été déposée en préfecture. « C’est à cause de la transformation du mode de scrutin », qui généralise les listes paritaires pour les communes de moins de 1000 habitants, explique le sénateur PS Eric Kerrouche. Ne pas avoir le choix « n’est pas bon pour la démocratie », pointe le sénateur Horizons Franck Dhersin. Mais pour le socialiste, « ça systématise quelque chose qui était là auparavant ».

Le

President Donald Trump Delivers Joint Address To Congress in Washington
6min

Politique

Guerre en Iran : Donald Trump peut-il se passer de l’accord du Congrès américain ?

Après un week-end de tâtonnements, l’administration américaine et Donald Trump a finalement employé le terme de « guerre » pour qualifier l’intervention américaine en Iran. Une loi de 1973, permet certes au Président américain de déclencher une intervention militaire limitée, mais selon la Constitution, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Deux résolutions vont être examinées au Congrès cette semaine pour tenter de limiter les pouvoirs de l’exécutif. Sans chances de succès, pour le moment. Explications.

Le