Cela faisait maintenant quelque temps que Sandrine Josso demandait à s’entretenir avec le président du Sénat, Gérard Larcher. En 2023, la députée avait été droguée par le sénateur Joël Guerriau dans son logement non loin du Sénat. Une affaire qui comme celle de Gisèle Pelicot avait révélé à la France l’ampleur du phénomène de la soumission chimique.
Le 27 janvier dernier, le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’ancien sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, sans exécution provisoire. Il a été reconnu coupable d’avoir drogué Sandrine Josso en vue de la violer. Il a annoncé son intention de faire appel.
Dans la foulée, la députée Modem avait envoyé un courrier au président du Sénat, Gérard Larcher pour lui demander de sortir de son « silence » à son égard et de faire la lumière sur de « graves dérives » impliquant le Sénat. Sandrine Josso disait regretter que Gérard Larcher ne soit jamais « venu prendre quelques minutes pour échanger » avec elle, alors qu’elle s’était plusieurs fois rendue au Sénat depuis les faits dans le cadre de sa mission gouvernementale sur la soumission chimique ».
La députée a été reçue pendant une heure en tête à tête avec Gérard Larcher, mercredi soir. « L’entretien a été cordial. Nous avons d’abord échangé sur son silence pendant la procédure et les raisons qui l’avaient conduit à ne pas au moins convoquer le comité de déontologie du Sénat. Je n’ai toujours pas compris pourquoi », relate la députée. (Lire notre article sur ce sujet)
L’entretien s’est poursuivi sur le thème de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Après avoir demandé officiellement la semaine dernière à la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, via une lettre cosignée par une quarantaine de députés de tous bords, un renforcement du dispositif de formation sur les violences sexistes et sexuelles des députés, des collaborateurs et des agents de l’Assemblée, Sandrine Josso a formulé la même demande auprès de Gérard Larcher. « Il m’a confirmé qu’il allait encourager ces formations », indique-t-elle.
Co-auteure d’un rapport avec la sénatrice RDSE, Véronique Guillotin, sur la soumission chimique, Sandrine Josso a aussi insisté auprès du président de la chambre haute sur la nécessité de présenter devant le Parlement un nouveau projet de loi-cadre de lutte contre les violences sexuelles et sexistes qui intégrerait notamment les notions de psycho trauma, de dissociation, de victimation secondaire, de contrôle coercitif. Cette loi-cadre annoncée pour la fin de l’année par la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, pourrait peut-être être examinée plus tôt, en septembre. « Gérard Larcher va se coordonner avec Yaël Braun-Pivet, j’ai bon espoir que ça avance », indique Sandrine Josso.