Marine Le Pen Paris RN Headquarters
Marine Le Pen, president of the far-right National Rally (RN) parliamentary group, leaves the National Rally headquarters to give an interview on TF1's Journal, after being declared ineligible by a Paris court for misappropriation of European public funds. March 31, 2025, Paris, France.//HUBERTTHOMAS_sipa.915/Credit:Thomas Hubert/SIPA/2504010930

Condamnation de Marine Le Pen : ces autres affaires de justice similaires  

Le tribunal a rendu son jugement, Marine Le Pen ainsi que huit eurodéputés sont condamnés dans l’affaire des assistants parlementaires. D’autres affaires sont également en cours. On fait le point.
Marius Texier

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« Onde de choc, séisme politique, journée historique… » De nombreuses expressions ont été utilisées après la condamnation de Marine Le Pen et de huit eurodéputés de son camp pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires. Le tribunal l’a condamnée pour un détournement de 4,1 millions d’euros. Marine Le Pen écope de cinq ans d’inéligibilité immédiate, de quatre ans de prison dont deux fermes et 100 000 euros d’amende. Si du point de vue du préjudice total, l’affaire est inédite, elle fait tout de même écho à des faits et des soupçons dans d’autres partis politiques.

Le procès des assistants parlementaires du MoDem

Le 9 juin 2017, le tribunal judiciaire de Paris ouvre une enquête préliminaire pour des soupçons d’emplois fictifs concernant les assistants parlementaires des députés européens du MoDem. Le parquet reproche le travail d’assistants parlementaires européens au service du parti entre 2005 et 2014.

Nommé Garde des Sceaux par Emmanuel Macron après son élection comme président de la République en 2017, François Bayrou démissionne un mois après en raison de l’ouverture de l’enquête préliminaire. Deux de ses proches, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard, nommées également ministre d’Etat, quittent le gouvernement. Le 6 décembre 2019, François Bayrou est mis en examen pour « complicité de détournement de fonds publics ».

Après 6 ans d’instruction, le procès s’ouvre le 16 octobre 2023. Selon le parquet, onze contrats sont susceptibles d’être frauduleux portant le préjudice à 350 000 euros. Il est requis à l’encontre de François Bayrou 30 mois de prison avec sursis, 70 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité avec sursis. Finalement, le 5 février 2024, François Bayrou est relaxé. L’UDF et le MoDem sont condamnés respectivement à verser 100 000 euros et 300 000 euros. A l’exception de François Bayrou et d’un assistant parlementaire, tous les prévenus ont été condamnés.

Après le jugement, le parquet a fait appel de la décision. François Bayrou parle d’un appel « incompréhensible ». « S’ils n’ont rien trouvé pour la première instance, ils ne trouveront rien de plus à l’appel », a-t-il déclaré. La date du nouveau procès n’est pas encore connue.

Une enquête sur Jean-Luc Mélenchon

A gauche aussi, les affaires d’assistants parlementaires européens surgissent. Révélé par Libération, vendredi 28 mars, un rapport de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) de 2021, conclut de « manquements » dans la gestion des assistants de Jean-Luc Mélenchon lorsque celui-ci était député européen (2009-2017). L’enquête fait suite à la dénonciation de l’ancienne eurodéputée FN Sophie Montel en 2017. C’est également elle qui avait averti le Parlement européen dans le cas des assistants parlementaires du MoDem.

Il est reproché au leader insoumis d’avoir utilisé ses assistants parlementaires pour son activité politique en France. L’Olaf juge problématique le cas de deux assistants parmi la vingtaine qu’a employé l’ancien eurodéputé au cours de ses mandats européens. Le coût du préjudice : 500 000 euros selon le rapport. Jean-Luc Mélenchon a admis à l’Olaf qu’il lui était « matériellement impossible » de justifier le travail de ses assistants au quotidien. Aucune poursuite n’est actuellement engagée, l’office européen continue son travail.

Après la condamnation de Marine Le Pen, le leader insoumis a pointé la « gravité des faits déclarés » avant d’affirmer que la « décision de destituer un élu devrait revenir au peuple ». François Bayrou s’est quant à lui dit « troublé par l’énoncé du jugement ».

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