Conférence de presse d’Emmanuel Macron : Olivier Faure dénonce la « vacuité du propos »

Invité de Bonjour chez vous ce mercredi 17 janvier, le premier secrétaire du Parti socialiste a réagi à la conférence de presse donnée par le président de la République mardi soir. Il a critiqué les positions affichées par Emmanuel Macron sur l’école, la santé et l’extrême droite.
Stephane Duguet

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Lui aussi était devant sa télévision hier soir pour regarder la conférence de presse donnée par Emmanuel Macron depuis l’Elysée. « Tout ça pour ça », retient Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste des plus de deux heures d’intervention du chef de l’Etat. Le président de la République avait vendu l’événement comme son « rendez-vous avec la nation », mais le socialiste déplore n’avoir « rien vu qui soit de nature à fédérer le pays ».

« Grande défiance vis-à-vis de la jeunesse »

Olivier Faure va même plus loin et dénonce « la vacuité du propos » d’Emmanuel Macron : « Sur l’écologie, presque rien, sur la démocratie, rien, sur les inégalités galopantes, rien, sur le mal-logement rien ». Parmi les annonces et le rappel d’annonces déjà formulées, le chef de l’Etat a accordé une partie de ses réponses aux jeunes et à l’école expliquant entre autres qu’il était favorable à l’instauration d’une cérémonie de remise des diplômes dès le collège, à une augmentation du volume d’heures d’éducation morale et civique, à l’apprentissage de la Marseillaise au primaire ou encore généralisation du SNU pour tous les élèves de seconde.

Pour le chef des socialistes, Emmanuel Macron a fait preuve d’une « grande défiance vis-à-vis de la jeunesse ». « Il nous a expliqué qu’il voulait revenir à la Troisième République avec la blouse », regrette Olivier Faure qui y voit une « diversion » et préférerait que le chef de l’Etat dise « que le taux d’encadrement doit être le même dans le public et dans le privé » et qu’il se positionne sur le recrutement des enseignants.

La polémique suscitée par les propos sur l’école publique de la nouvelle ministre de l’Education Amélie Oudéa-Castéra a attiré l’attention sur l’établissement privé catholique où sont scolarisés ses enfants. L’école Stanislas située à Paris a fait l’objet d’un rapport administratif du ministère révélé par Mediapart. « On nous dit qu’il y a des propos sexistes et homophobes, donc cette école ne respecte pas les canons de la République », s’insurge Olivier Faure qui demande que l’Etat « exige le retour du droit commun dans cette école ».

Régularisation des médecins étrangers

Emmanuel Macron a aussi affirmé qu’il souhaitait régulariser les médecins étrangers qui exercent en France pour pallier le manque de praticiens. « Mais ils sont déjà là ! Si on veut donner du souffle au secteur médical, il faut embaucher », rétorque Olivier Faure pour qui cette proposition du président de la République relève du « culot » après le vote de la loi immigration le 19 décembre.

« On est en train d’expliquer qu’il ne faut pas régulariser la plupart de ceux qui sont sur notre sol et qui pourtant travaillent, parce qu’il y aurait trop de gens qui viennent de l’étranger et on le ferait pour ceux qui nous intéressent, c’est une forme de prédation », souligne le député socialiste.

 

« Les gens se priveront de soins »

L’un des sujets sur lequel Emmanuel Macron était attendu, c’était aussi la hausse des tarifs de l’électricité de 10 % au mois de février. Il revient au gouvernement d’acter ou non cette augmentation conséquence d’une taxe. Le président de la République n’a pas clairement annoncé la hausse des accises sur l’électricité, laissant le soin au gouvernement de le faire plus tard. « Il nous a expliqué que désormais il fallait revenir à une orthodoxie budgétaire et qu’il y aurait une augmentation », estime Olivier Faure. « La réalité c’est qu’ils en ont fini avec toute forme d’équité ou de justice et sur le pouvoir d’achat c’était la misère ».

En discussion depuis plusieurs mois, le chef de l’Etat a aussi justifié le doublement des franchises médicales de 50 centimes à 1 euro. « Au moment où je vois ce que nos compatriotes peuvent dépenser pour les forfaits de téléphonie, se dire qu’on va passer de 50 centimes à 1 euro pour un médicament, je n’ai pas le sentiment qu’on fait un crime terrible », affirmait Emmanuel Macron. « Cela aura des conséquences sur l’accès aux soins avec des gens qui se priveront et qui coûteront plus cher à la collectivité parce qu’ils viendront se soigner plus tard avec des pathologies plus graves », considère le chef des socialistes.

Le PS votera une motion de censure

Le chef de l’Etat a également utilisé la conférence de presse pour attaquer le Rassemblement National « parti de l’appauvrissement collectif ». « Il a donné au RN une victoire idéologique » avec l’adoption de la loi immigration et « maintenant il veut nous faire croire qu’il est le barrage, c’est faux », martèle Olivier Faure.

A l’image des Insoumis et des écologistes, les socialistes de l’Assemblée nationale voteront une motion de censure pour renverser le gouvernement de Gabriel Attal après son discours de politique générale qui aura lieu le 30 janvier s’il ne se soumet pas à un vote de confiance. « Dans une grande démocratie, le Premier ministre doit venir chercher une majorité sur la base de son projet », conclut le premier secrétaire du PS.

 

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