Conférence sur les finances publiques : « Tout cela ressemble à une grosse opération de communication », regrette Jérôme Guedj

Ce mardi, Jérôme Guedj, porte-parole du Parti socialiste et député de l’Essonne, était l’invité de la matinale de Public Sénat. Il est revenu sur la conférence des finances publiques qui a lieu aujourd’hui, et sur les différentes pistes budgétaires envisagées pour réaliser 40 milliards d’effort supplémentaire évoqués par Eric Lombard.
Camille Gasnier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Une conférence sur les finances publiques réunissant ministres, parlementaires, collectivités territoriales et organismes de Sécurité sociale est convoquée ce mardi autour de François Bayrou. L’objectif de ce rendez-vous est, selon le Premier ministre, de sensibiliser les Français aux « pathologies budgétaires » du pays, en vue de la préparation du budget pour 2026. L’Association des maires de France a annoncé qu’elle ne s’y rendrait pas, déplorant une simple opération de communication. Une position que Jérôme Guedj rejoint : « Tout cela ressemble à une grosse opération de communication, je ne suis pas certain que cela soit une réunion de travail ». Le porte-parole du Parti socialiste appelle, lui, à une conférence sur le financement de la Sécurité sociale, et à regarder les recettes et pas seulement le niveau des dépenses.

Cette rencontre fait suite aux annonces faites par Eric Lombard dimanche. Le ministre de l’Economie a déclaré que 40 milliards d’effort supplémentaire seraient nécessaires pour atteindre l’objectif de déficit de 4,6 % du PIB. Plusieurs hypothèses pourraient être évoquées pour faire de telles économies. Bercy a communiqué son souhait de pérenniser la contribution sur les hauts revenus, mesure, initialement temporaire, prévue dans le projet de loi de finances pour 2025. Le député socialiste de l’Essonne estime que cette pérennisation est « pertinente », considérant qu’ « il y a des personnes de très hauts revenus qui arrivent à les suroptimiser, et à payer moins de 20 % d’impôts sur le revenu par an »

« On peut se poser la question de la juste contribution des retraités »

Autre piste : mettre à contribution les retraités les plus aisés. Pour Jérôme Guedj, « on peut se poser la question de la juste contribution des retraités », estimant que « les retraités ne sont pas une catégorie homogène ». Les collectivités pourraient également participer à cet effort supplémentaire. Dans le projet de loi de finances pour 2025, les collectivités participent à hauteur de 2,2 milliards d’euros. Une implication suffisante considère le porte-parole du Parti socialiste : mettre les collectivités territoriales « exagérément à contribution, c’est les priver de services publics de proximité ».

« Ils n’échapperont pas à une négociation sur la préparation du prochain budget, sinon ils s’exposent à de graves déconvenues »

A l’issue de cette réunion sur les finances publiques, François Bayrou s’exprimera à 11 heures. S’il est sceptique sur les résultats de cette conférence, le porte-parole du Parti socialiste plaide pour des discussions en vue de la préparation du projet de loi de finances pour 2026 : « Ils n’échapperont pas à une négociation sur la préparation du prochain budget, sinon ils s’exposent à de graves déconvenues ». Jérôme Guedj fait ainsi peser la pression d’une motion de censure « s’il n’y a pas de mesures relatives aux suites des discussions sur les retraites ». Manuel Bompard a assuré que son groupe serait prêt « dans les prochains jours, à déposer une nouvelle motion de censure ». Du côté du Rassemblement national, Sébastien Chenu soutient que « si le projet, c’est de demander aux Français de se serrer la ceinture une fois de plus sans que l’Etat lui-même ne fasse des économies, n’aille sur le chemin des économies en matière d’immigration, de train de vie de l’Etat, des collectivités, nous nous emploierons à censurer ».

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

PARIS. Marine Le Pen prostest in front of French senat
8min

Politique

Sénatoriales 2026 : le RN veut « tripler » son nombre de sénateurs et rêve de créer un groupe

Le RN se prépare dès maintenant pour les sénatoriales de septembre 2026. « Nous avons la volonté de doubler voire de tripler notre nombre de sénateurs », annonce à publicsenat.fr Ludovic Pajot, nommé directeur de campagne, soit frôler les dix sénateurs, permettant de créer un groupe. Mais avant cela, le parti devra réussir les municipales. Il entend, cette fois, éviter les « brebis galeuses ». Il cherche des candidats présentables, capables de « gérer une ville ».

Le

Conférence sur les finances publiques : « Tout cela ressemble à une grosse opération de communication », regrette Jérôme Guedj
3min

Politique

« Je ne souhaite pas participer aux ravages sociaux et écologiques en cours » assume cet étudiant qui a bifurqué 

En 2022, Théophile Duchateau, élève dans l’école d’ingénieur Agro ParisTech, fait partie du groupe de « bifurqueurs », surnommés ainsi après avoir annoncé publiquement lors de la remise de leur diplôme qu’ils préféraient renoncer à une carrière toute tracée dans un grand groupe. Théophile Duchateau, ancien élève ingénieur d’Agro ParisTech partage aujourd’hui sa vie entre son métier dans l’agroforesterie et l’engagement dans une ferme collective. Au micro de Quentin Calmet et face aux sénateurs, il assume une nouvelle forme de « travail » dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Conférence sur les finances publiques : « Tout cela ressemble à une grosse opération de communication », regrette Jérôme Guedj
4min

Politique

« L’IA, j’y crois beaucoup » : le préfet de police de Paris défend son utilisation pour la surveillance vidéo des rodéos urbains et des manifestations

Auditionné au Sénat sur la sécurité de l’espace public, le préfet de police de Paris Patrice Faure a défendu le recours à la surveillance vidéo algorithmique pour détecter certains délits et encadrer les manifestations. « Donnez-nous le cadre législatif pour utiliser les moyens technologiques qui existent », a-t-il exhorté devant les sénateurs.

Le