French Government Weekly Cabinet Meeting in Paris
/Credit:Karim Abou Rialah/SIPA/2603111345

Conflit au Moyen-Orient : Sébastien Lecornu accepte l’organisation d’un débat au Parlement

Sébastien Lecornu recevait ce mercredi après-midi à Matignon les responsables des partis politiques pour les informer de « l’état de la menace et du positionnement de la France » dans le contexte de guerre au Moyen-Orient, qui a provoqué une flambée des prix du pétrole.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La réunion aura duré près de 3 heures. Alors que la guerre au Moyen-Orient est partie pour durer plus que quelques jours, avec des répercussions en France, le Premier ministre, Sébastien Lecornu avait convié autour de la table, les responsables des forces politiques et les présidents des groupes parlementaires pour faire un point sur la situation.

Mais à quelques jours du premier tour des municipales, de nombreux parlementaires ont décliné l’invitation. Les consignes de confidentialités données par Matignon n’ont pas non plus aidé à multiplier les interlocuteurs pour avoir un compte rendu de la réunion.  Aux côtés du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, la ministre de l’Energie et porte-parole du gouvernement, Maud Bergeon, la ministre des Armées, Catherine Vautrin mais aussi le ministre de l’Economie, Roland Lescure, le Premier a évoqué les répercussions du conflit sur le territoire national, en matière énergétique et de sécurité, mais aussi à l’extérieur, sur le plan diplomatique et militaire.

Menace du terrorisme d’Etat

« Nous avons eu la confirmation que la France n’est pas partie au conflit. La France n’a été prévenue ni de près ni de loin, du déclenchement des hostilités », indique Patrick Kanner, le président du groupe PS du Sénat. « Nous sommes quand même engagés par nos accords de défense avec les pays du golfe. Nous avons bien 400 000 ressortissants dans la région dont 40 000 visiteurs qui ne sont pas tous rentrés. Le ministre de l’Intérieur nous a aussi alertés sur la menace du terrorisme d’Etat. Le niveau de sécurité est relevé pour protéger les 10 000 opposants iraniens présents sur notre territoire et la communauté juive qui sont des cibles potentielles. Il a également été souligné que le régime iranien est très résilient. Il n’y a pas eu de soulèvement populaire. Les gardiens de la révolution sont toujours les maîtres de la situation politique sur place. C’est pourquoi, il y a un risque d’enlisement », révèle Patrick Kanner.

« Il est hors de question que la France rentre dans ce conflit »

En cette période de pause parlementaire, le président du groupe écologiste, Guillaume Gontard a apprécié l’initiative du Premier ministre de procéder à des échanges directs avec les élus et responsables politiques. « Il faudra aussi un temps démocratique et Sébastien Lecornu a accepté le principe d’organiser un débat au Parlement sous la forme de l’article 50-1 de la Constitution. Il nous a bien été confirmé que France n’entrait pas dans le confit. Le déploiement de nos forces militaires était à des fins de protection et de surveillance ou pour rapatrier des Français. Il est hors de question que la France rentre dans ce conflit et heureusement, car les hostilités ont été lancées en dehors du droit international ».

Le sénateur écologiste regrette, par ailleurs, que la question diplomatique et la dimension européenne n’aient pas été abordées, cet après-midi.

Depuis la semaine dernière, la France a lancé des opérations de rapatriement de ses ressortissants et déployer des moyens militaires en Méditerranée avec le porte-avions Charles de Gaulle. Emmanuel Macron s’est rendu à Chypre lundi où il a évoqué de nouvelles « interceptions » de frappes ces derniers jours, et dit préparer une mission internationale pour « rouvrir » le détroit d’Ormuz afin de permettre la circulation de pétrole et de gaz.

Pour éviter des hausses « abusives » des prix des carburants, Sébastien Lecornu a lancé un « plan exceptionnel de 500 contrôles » des stations-service, dont certaines vont être sanctionnées. Les oppositions ont plutôt appelé le gouvernement à revoir la fiscalité des carburants. Baisse de la TVA, « TICPE flottante » ou gel des prix… (Lire notre article)

Sébastien Lecornu s’est dit opposé aux mesures « aussi démagogues qu’inutiles », comme la baisse de la TVA réclamée par le RN, rappelant son échec « édifiant » en Pologne en 2022 après le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Maud Bergeon a, elle, écarté le blocage des prix proposé par la France insoumise, qui porte, selon elle, un « risque de pénurie ». Les questions énergétiques ont, toutefois, été peu abordées, lors de la réunion, selon les dires des participants.

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Loi Yadan contre l’antisémitisme : les sénateurs dubitatifs à l’annonce de la reprise en main du gouvernement

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.

Le

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le