S'estimant conforté par le rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de ses partisans au Trocadéro, François Fillon a exclu, malgré les...
Conforté par le Trocadéro, Fillon refuse de céder, Juppé parlera lundi
S'estimant conforté par le rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de ses partisans au Trocadéro, François Fillon a exclu, malgré les...
Par Fabrice RANDOUX et Nadège PULJAK
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S'estimant conforté par le rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de ses partisans au Trocadéro, François Fillon a exclu, malgré les pressions de son camp, de se retirer au profit d'Alain Juppé, qui réagira lundi matin lors d'une déclaration à la presse.
"Personne ne peut aujourd'hui m'empêcher d'être candidat", a affirmé sur France 2 François Fillon, quelques heures après ce rassemblement parisien. A la question "Allez-vous retirer oui ou non votre candidature ?", le candidat de la droite a répliqué: "Ma réponse est non".
Le journaliste insiste : "Jamais ?" François Fillon répond: "La réponse est non. Et surtout je ne vois pas de raison de le faire".
"Je ne suis pas jusqu'au boutiste, pas enfermé dans une certitude mais il y a une chose que je constate c'est qu'il n'y a pas d'alternative", a encore affirmé le candidat, convoqué le 15 mars pour une mise en examen dans l'affaire des emplois présumés fictifs de sa femme Penelope et de deux de ses enfants.
Des partisans de François Fillon rassemblés au Trocadéro, à Paris, le 5 mars 2017
AFP
Interrogé sur les pressions pour faire émerger une candidature d'Alain Juppé, il a jugé que "cette candidature ne correspond pas à (son) programme politique, au choix des électeurs de la droite et du centre".
A peine avait-il fini de parler qu'Alain Juppé annonçait sur Twitter qu'il ferait lundi à 10H30 une déclaration à la presse. Une déclaration qu'il fera à Bordeaux, à quelques heures de la réunion du comité politique des Républicains, prévu à 18 heures.
- "Fillon, tiens-bon" -
La droite va connaître une nouvelle folle journée. Alain Juppé va-t-il tout laisser tomber ou finalement se lancer malgré le maintien de M. Fillon ?
François Fillon : ses déclarations
AFP
"Il faut que Juppé calme ses troupes lundi", a plaidé la filloniste Annie Genevard. "Juppé va dire que les conditions ne sont pas réunies et c'en sera fini du plan B", se désole un élu LR.
Le candidat a affirmé que "200.000 personnes" s'étaient rassemblées au Trocadéro alors que, pour la police, cette place peut contenir de l'ordre de 40.000 personnes.
Il y a tenu un discours pugnace d'une demi-heure, mêlé de mea culpa et d'avertissements à la droite.
François Fillon place du Trocadéro à Paris, le 5 mars 2017
AFP
Alors que la foule scandait des "Fillon, tiens bon", M. Fillon a émaillé sa déclaration de références au général de Gaulle, à Hugo, Voltaire ou Camus et renvoyé son camp à ses responsabilités à sept semaines de la présidentielle. "Ils pensent que je suis seul", mais "vous ne baisserez jamais les bras", a lancé le candidat de la droite à ses partisans, héritiers de "la France des paysans, la France des cathédrales, des châteaux et des sans-culottes".
François Fillon et sa femme Pénélope (d) lors d'un rassemblement au Trocadéro, à Paris, le 5 mars 2017
AFP
Traits marqués, voix blanche, l'ancien Premier ministre a reconnu, entre deux averses, sa "faute" si sa campagne "rencontre de si formidables obstacles". Il a assuré avoir fait son "examen de conscience", mais a appelé ceux de son "camp" à "faire le leur", épinglant "la responsabilité immense" de "ceux qui fuient le navire" à droite.
S'il a dénoncé une "chasse à l'homme" qui cherche aussi à "briser la droite", il a atténué le ton de ses critiques envers la justice.
Manifestation pro-Fillon au Trocadéro à Paris, le 5 mars 2017
AFP
"Je continuerai à dire à mes amis politiques que ce choix à la fois leur appartient et ne leur appartient pas", a ajouté M. Fillon, sibyllin, rejoint sur la fin à la tribune par son épouse Penelope agitant un drapeau tricolore.
Pour la première fois depuis le début de l'affaire, le 24 janvier, Mme Fillon était sortie de son silence quelques heures plus tôt dans le JDD, assurant avoir effectué des "tâches très variées" comme collaboratrice parlementaire. Et disant aussi avoir conseillé à son mari de "continuer jusqu'au bout".
Inquiets de sondages donnant désormais leur ex-champion éliminé dès le premier tour de la présidentielle, derrière Marine Le Pen (FN) et Emmanuel Macron (En Marche!), plus de 300 élus lui ont retiré leur soutien. Après l'intervention de M. Fillon sur France 2, le premier vice-président de la région Hauts-de-France, Gérald Darmanin, a quitté dimanche soir son poste de secrétaire général adjoint du parti LR.
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