Congé après la perte d’un enfant: Fesneau veut avancer « sans démagogie »
Le ministre Marc Fesneau a estimé dimanche que gouvernement et majorité n'avaient peut-être pas eu "le temps de recul" suffisant...

Congé après la perte d’un enfant: Fesneau veut avancer « sans démagogie »

Le ministre Marc Fesneau a estimé dimanche que gouvernement et majorité n'avaient peut-être pas eu "le temps de recul" suffisant...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le ministre Marc Fesneau a estimé dimanche que gouvernement et majorité n'avaient peut-être pas eu "le temps de recul" suffisant sur la proposition d'allongement du congé après la perte d'un enfant, appelant à y répondre "sans démagogie".

Emmanuel Macron est intervenu lui-même samedi pour faire cesser la polémique: après le refus initial d'allonger ce congé de deuil, jeudi à l'Assemblée nationale, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a admis une "erreur" et les députés LREM sont prêts à revoir leur position.

M. Fesneau a estimé sur Franceinfo que ce vote de jeudi, qui a suscité un tollé de l'extrême gauche au patronat, "doit nous interroger collectivement", mais pas "dans la recherche de boucs émissaires".

"C'est bien que le président de la République puisse intervenir quand des sujets peuvent susciter l'émotion, ça ne me gêne pas du tout", a assuré le ministre (MoDem) des Relations avec le Parlement.

"Reconnaissons qu'il y a une erreur, ce n'est pas la peine de tourner autour du pot", a-t-il ajouté, soulignant cependant les limites de l'examen d'un tel texte, proposé par le groupe UDI-Agir, dans le cadre de sa "niche" parlementaire.

La proposition de loi centriste "ne traitait pas la question des gens qui travaillent dans la fonction publique", ne concernait que les enfants mineurs, et ne traitait pas "l'accompagnement dans la durée".

Le deuil d'un enfant est "un sujet très global, qui nécessite que nous y réfléchissions collectivement", selon M. Fesneau. Ce n'est "pas une affaire d'argent", a-t-il assuré, alors que certains points relèvent de l'entreprise employeur du parent, d'autres de "la solidarité nationale".

Le congé doit-il passer de 5 jours à 12, comme proposé par les UDI-Agir? "Je ne sais pas si c'est 12, si c'est 20" car il faut analyser notamment "le temps des démarches administratives" et voir comment pour les parents cela puisse se passer "dans les meilleures conditions possibles".

"Il faut essayer sans démagogie de répondre aux questions", a ajouté le ministre, le texte pouvant être amendé désormais par le Sénat.

La présidente du RN Marine Le Pen a estimé que "mieux vaut tard que jamais, mais c'est assez révélateur quand même de la philosophie qui est celle des députés En marche". "C'est vraiment le pognon, le pognon, le pognon, on n'a qu'une vision comptable des choses", a-t-elle dénoncé sur BFTMTV.

"C'est heureux s'ils se rendent compte de leur inhumanité", a-t-elle ajouté.

"C'était tellement inhumain, tellement scandaleux, tellement absurde, que le bon sens revient, mais on est quand même dans un pays curieux où on a l'impression que les ministres du gouvernement ne réfléchissent pas par eux-mêmes", a aussi critiqué Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout La France, au micro de Radio J.

Partager cet article

Dans la même thématique

PSG Victory Celebration Champions League Paris
7min

Politique

Violences après la victoire du PSG : pourquoi l’idée du gouvernement d’instaurer un principe « casseur/payeur » risque d’être censurée par le Conseil constitutionnel ?

Après les violences et dégradations commises en marge de la victoire du PSG en Ligue des champions, le gouvernement va présenter un projet de loi « visant à faire assumer directement aux auteurs, le coût des déclarations commises dans l’espace public ». Un principe du « casseur-payeur » déjà inscrit dans le texte « anti casseurs » de Bruno Retailleau avant d’être modifié avant son adoption finale en raison d’un risque d’inconstitutionnalité.

Le

photo glucksmann
8min

Politique

Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann, rassembleur de la gauche, pour un meeting qui avait tout d’un lancement de campagne

REPORTAGE - Ce samedi 13 juin aux Docks d’Aubervilliers, Raphaël Glucksmann a tenu un grand rassemblement aux allures de meeting présidentiel, en présence de nombreuses personnalités politiques. Même s’il refuse toujours d’officialiser sa candidature pour 2027, l’eurodéputé, co-fondateur de Place publique, affiche ses ambitions : rassembler la gauche sociale-démocrate et écologiste, dépasser Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et convaincre le Parti socialiste de se rallier à lui.

Le