Congé après la perte d’un enfant: l' »erreur » des députés LREM sera corrigée au Sénat en mars
Après le tollé suscité par le refus initial d'allonger le congé pour la perte d'un enfant, plusieurs députés de la majorité LREM...

Congé après la perte d’un enfant: l' »erreur » des députés LREM sera corrigée au Sénat en mars

Après le tollé suscité par le refus initial d'allonger le congé pour la perte d'un enfant, plusieurs députés de la majorité LREM...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Après le tollé suscité par le refus initial d'allonger le congé pour la perte d'un enfant, plusieurs députés de la majorité LREM à l'Assemblée nationale ont reconnu une "erreur", qui sera réparée au Sénat en mars, a-t-on appris lundi auprès du groupe.

Plutôt que de déposer un nouveau texte et "par souci d'efficacité", les parlementaires vont s'appuyer sur la proposition de loi initiale UDI-Agir que le gouvernement va inscrire à l'agenda du Sénat la semaine du 3 mars, selon le groupe majoritaire. Les députés travailleront dès mardi à l'élaboration d'une nouvelle rédaction avec le gouvernement, "dans le cadre d'une mission flash sur un amendement" en vue de cet examen au Palais du Luxembourg.

Ils "veilleront à y inclure tous les sujets qui doivent y trouver leur place, et peut-être pas seulement celui le plus sensible des congés", a précisé le groupe, indiquant que la mission réunira quatre députés de la majorité dont Sereine Mauborgne (LREM) mais aussi des représentants des associations et des entreprises.

Plus tôt, la députée Olivia Grégoire avait indiqué que la majorité entendait "réparer" cette "lourde" erreur du refus jeudi d'allonger de cinq à douze jours le congé d'un salarié venant de perdre un enfant, son collègue Laurent Saint-Martin reconnaissant aussi sur LCI "une erreur politique manifeste".

"Quand on fait une erreur aussi lourde, un on la reconnaît, deux on la répare vite, et trois on est mieux-disant, on propose mieux, on va proposer mieux, et très vite", a indiqué Mme Grégoire sur Cnews.

Reconnaissant une "erreur collective", elle a toutefois appelé à "un peu d'humanité dans le traitement des députés", dont "certains" sont selon elle "concernés par ces drames".

"On va réparer les choses" et "on profitera du débat au Sénat pour pouvoir rectifier les choses", a indiqué de son côté la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye sur France 2, en reconnaissant "une erreur d'appréciation politique".

"Il faut aller au-delà des seuls congés parce que ce n'est pas le seul sujet. Il faut améliorer l'accompagnement psychologique des parents, il faut mieux prendre en charge les frais funéraires", a précisé sur RMC et BFMTV Adrien Taquet, le secrétaire d'Etat à la Protection de l'enfance, qui souhaite que "la solidarité nationale prenne sa part en plus des entreprises".

Emmanuel Macron était intervenu lui-même samedi pour faire cesser la polémique en demandant au gouvernement "de faire preuve d'humanité". La ministre du Travail Muriel Pénicaud a admis une "erreur".

"Il ne m'appartient pas de donner des bons points ou des mauvais points au Parlement, au gouvernement. On travaille tous beaucoup... Le gouvernement va corriger les choses pour que l'humanité retrouve l'efficacité. Et je crois qu'il faut en la matière savoir aussi raison garder, et que les polémiques ne durent trop longtemps lorsqu'elles n'ont pas lieu d'être", a déclaré le chef de l'Etat lundi en marge d'une visite officielle en Pologne.

La marche arrière du gouvernement n'a pas empêché une nouvelle salve de critiques lundi.

"C'est Bercy qui dirige ce pays", "une forme de technocratie froide", a dénoncé sur LCI l'eurodéputé EELV Yannick Jadot, estimant qu'on "est gouverné par des gens qui ne connaissent rien de la vie".

"Même le Medef, Mme Parisot et Geoffroy Roux de Bézieux, ont dit +évidemment on est auprès de nos collaborateurs quand ils vivent ce drame-là+", a souligné Lydia Guirous, membre du bureau politique des Républicains, sur Sud Radio, en critiquant un vote initial "scandaleux".

ggy-el-chl-leb/jk/tes

Partager cet article

Dans la même thématique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
4min

Politique

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.

Le

Capture d’écran du documentaire « Montand est à nous » d’Yves Jeuland
5min

Politique

Les « docus de l’été » : Du communisme à l’Aveu de Costa-Gavras, la vie d’Yves Montand racontée par Yves Jeuland

Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.

Le