Congrès: appelés à « la révolution », les parlementaires entre enthousiasme et bâillements
Des selfies sous les ors du château de Versailles, une standing ovation, quelques bâillements: les parlementaires venus lundi au...

Congrès: appelés à « la révolution », les parlementaires entre enthousiasme et bâillements

Des selfies sous les ors du château de Versailles, une standing ovation, quelques bâillements: les parlementaires venus lundi au...
Public Sénat

Par Anne Pascale REBOUL

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Publié le

Des selfies sous les ors du château de Versailles, une standing ovation, quelques bâillements: les parlementaires venus lundi au Congrès ont reçu, blasés ou galvanisés, le discours d'Emmanuel Macron les appelant à "une véritable révolution".

Avec deux minutes d'avance, le président du Congrès et président de l'Assemblée, François de Rugy, donne le coup d'envoi juste avant 15H00. Le chef de l'Etat arrive d'un pas solennel de la galerie des bustes et, un soupçon de sourire aux lèvres, monte à la tribune.

L'hémicycle, dans l'aile du Midi du château, rempli de quelque 900 parlementaires, n'est pas comble. Effet notamment du boycott des Insoumis et communistes.

Convoyés souvent par cars depuis la capitale et dans une ville quadrillée par les forces de l'ordre, députés et sénateurs sont arrivés par vagues depuis une heure et sont placés par ordre alphabétique. Beaucoup, tout sourire, demandent aux huissiers de les prendre en photo, sur fond de banquettes rouges et de tableau illustrant les Etats généraux de 1789.

Elus chevronnés et novices "marcheurs" se côtoient: Jean Lassalle partage le banc avec Marie Lebec, 26 ans. L'ancien Premier ministre Manuel Valls est entre deux places vides.

Au premier rang, le Premier ministre Edouard Philippe (issu de LR) est non loin du président du Sénat (LR) Gérard Larcher. Avec le chef de l'Etat et plusieurs responsables parlementaires, ils ont déjeuné au château. La plupart des membres du gouvernement sont en tribune, concentrés.

L'assemblée se fige d'abord pour une minute de silence en hommage à Simone Veil, "un exemple, un symbole, une référence", décédée vendredi.

- "L'image meilleure que le son" -

Le président entame son discours d'une heure trente, appelant les parlementaires à "renouer avec l’esprit de conquête" et à embrasser "la transformation profonde" attendue par les Français.

Pour la confiance dans la vie publique, il demande d'en "finir" avec "cette chasse à l’homme". Certains opinent du chef, l'ex-ministre et désormais président du groupe REM Richard Ferrand, mis en cause dans une affaire immobilière, ne bronche pas.

Institutions, lutte contre le terrorisme, Europe: le président enchaîne les sujets, balayant les rangs du regard et tapant parfois du poing sur son pupitre. Il convoque "l'esprit des Lumières", comme l'écrivain Georges Bataille ou l'historien Fernand Braudel.

Peu à peu, chaleur et longueur aidant, certains s'enfoncent dans le velours, d'autres se tiennent la tête voire répriment des bâillements.

Des applaudissements fusent à l'évocation de la lutte contre l'exclusion et de la volonté de "faire revivre le désir d’Europe".

"Ce que nous avons à accomplir, c'est une véritable révolution", plaide le locataire de l'Elysée avant de conclure par "vive la République, vive la France". Standing ovation de l'ensemble des parlementaires, excepté des frontistes, restés ostensiblement assis.

L'atmosphère tranche avec la précédente intervention d'un président à Versailles, celle de François Hollande dans le sillage des attentats de novembre 2015, conclue, dans la gravité, sur une Marseillaise.

Le chef de l'Etat sort de l'hémicycle, comme le prévoit la Constitution. La séance est levée quelques minutes, puis les orateurs des groupes prennent la parole. La plupart des membres du gouvernement restent, stoïques, tandis que les rangs des parlementaires sont clairsemés... jusqu'à se vider à la fin de la séance vers 18H00.

Dans les couloirs, les réactions sont aux antipodes. Le sénateur ex-PS rallié à En Marche, François Patriat, salue la "confirmation des engagements de campagne", mais la présidente du FN et députée du Pas-de-Calais Marine Le Pen dénonce un "sermon de télévangéliste" et un "flou lyrique".

Ne voyant "rien de nouveau", le LR Daniel Fasquelle raille un "monarque absolu". "L'image est meilleure que le son", ironise un collègue de droite.

"Le président a pris beaucoup de hauteur", est-ce que les Français vont "adhérer à un discours aussi intellectuel et philosophique"? s'interroge Laure de La Raudière, LR "constructive".

Des bus, rouges pour les sénateurs, gris pour les députés, attendent les élus. Galerie des bustes, un retardataire s'inquiète: "Ils sont partis, ou quoi?"

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