Congrès des maires : l’heure de la clarification pour Macron et les collectivités

Congrès des maires : l’heure de la clarification pour Macron et les collectivités

Les maires de France veulent faire de leur 100e congrès, qui se tiendra de mardi à jeudi à Paris, un moment de clarification des...
Public Sénat

Par Dominique CHABROL

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Les maires de France veulent faire de leur 100e congrès, qui se tiendra de mardi à jeudi à Paris, un moment de clarification des relations entre l'exécutif et les collectivités, au terme de plusieurs mois de tension.

Plus de 15.000 maires et une quinzaine de ministres sont attendus Porte de Versailles pour ce rendez-vous, qui sera ponctué jeudi par l'intervention d'Emmanuel Macron.

Le chef de l'Etat devra répondre à l'inquiétude des élus pour restaurer un dialogue très dégradé depuis l'été avec les collectivités. Les deux parties ont cependant pris soin de renouer les fils ces dernières semaines pour éviter le clash.

"Je souhaite vraiment la réussite d'Emmanuel Macron. Ce n'est pas ce président et ce gouvernement qui sont en cause, c'est une pente inexorable qui est mise en oeuvre depuis longtemps", argumente François Baroin (LR), le président de l'Association des maires de France (AMF). Après sept ans de baisse des dotations de l'Etat, "c'est l'inscription de cette politique dans la durée qui pose question", fait valoir le maire de Troyes.

Principal point de friction : l'objectif de 13 milliards d'euros d'économie imposé aux collectivités sur la durée du quinquennat. Pour y parvenir, le gouvernement demande aux 319 plus grosses collectivités, dont les grandes villes et intercommunalités, de limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement à 1,2% par an, à défaut de quoi elles s'exposeraient à des sanctions financières.

Un objectif jugé "injuste et inatteignable" par les maires, qui estiment que les communes ont déjà pris leur part dans la baisse des dépenses publiques. "Le 1,2%, qui n'intègre pas l'inflation, est une base de départ beaucoup trop faible", fait-on valoir à l'AMF.

Inquiétude également des maires toutes tendance confondues après la décision du gouvernement d'exonérer 80% des foyers de la taxe d'habitation, qui constitue une recette importante des communes.

Une délégation de l'AMF a été reçue fin octobre par Emmanuel Macron, mais n'a eu selon son président "aucune indication" sur les intentions de l'exécutif.

- Pas de président qui n'ait été 'un peu chahuté' -

Après la polémique provoquée à la rentrée par la diminution des emplois aidés, qui a fortement impacté les communes, le ton semble toutefois avoir baissé d'un cran.

Les élus attendent du chef de l'Etat qu'il précise ses intentions et comment l'Etat entend être "un partenaire loyal" des collectivités.

Ces derniers jours, l'exécutif a envoyé des signes en direction des collectivités : 100 millions d'euros débloqués pour aider les départements à financer le RSA, un "plan de mobilisation générale" pour les quartiers en difficultés annoncé pour février...

La décision d'Emmanuel Macron de recevoir mercredi 1.500 maires à l'Elysée pour "marquer l’importance de ce tissu d'élus de proximité", et la présence en force de membres du gouvernement annoncée lors du congrès vont dans le même sens.

En toile de fond, il y a les accords sur l'évolution des dépenses que l'exécutif souhaite passer avec les collectivités. C'est "une volonté de mise sous tutelle de l'Etat", affirme André Laignel (PS), vice-président de l'AMF, qui ne voit pas en l'état "les contreparties aux contraintes que l'Etat veut nous imposer".

L'idée de boycotter la Conférence nationale des territoires mi-décembre - comme l'ont fait les régions - n'est évoquée que mollement à l'AMF.

"Je ne le souhaite pas. Cependant, personne ne peut dire aujourd'hui ce qui se passera. Tout dépendra de la parole du président de la République au congrès", a affirmé François Baroin dans un entretien à La Gazette des communes.

L'association envisage en revanche de contester devant le Conseil constitutionnel les contraintes budgétaires imposées par le gouvernement, qu'elle juge contraires au principe de libre administration des collectivités.

"Il n'y a pas de président qui n'a pas été un peu chahuté" lors de sa venue au congrès, rappelle-t-on à l'AMF, comme pour anticiper les mouvement d'humeurs qui pourraient accompagner le discours du chef de l'Etat.

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