MEETING RAPHAEL GLUCKSMANN ELECTIONS EUROPEENNES
Crédits : Maxime Le Pihif/SIPA

Congrès du PS : Nicolas Mayer Rossignol défend une gauche « claire dans les alliances », « de responsabilité » et « pro européenne »

En vue du congrès PS de Nancy, le maire de Rouen et ses amis vont de nouveau tenter de faire tomber le premier secrétaire, Olivier Faure. Alors que « les choses avancent bien » vers un éventuel rapprochement avec la contribution d’Hélène Geoffroy, voire celles de « Boris Vallaud » et de « Jérôme Guedj », Nicolas Mayer Rossignol semble caresser l’idée d’un front anti-Olivier Faure qui lui permettrait cette fois de l’emporter.
François Vignal

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Le congrès de Nancy sera-t-il celui de la revanche pour Nicolas Mayer Rossignol et ses amis ? Deux ans après un congrès de Marseille fratricide, où le maire PS de Rouen a perdu d’un cheveu, face à Olivier Faure, sur fond d’accusations de triche, le courant du premier secrétaire délégué du Parti socialiste entend bien peser, à nouveau, lors de ce moment phare dans la vie du PS.

Chacun est aujourd’hui dans les starting-blocks, prêt à passer les haies (voir notre article sur le calendrier). En guise de mise en jambes, ce samedi, seront déposées les contributions générales, où chacun se positionne. Elles sont le prélude aux textes d’orientations, anciennement appelés motions, fruit d’éventuelles fusions entre contributions.

Après la contribution « Nouveau socialisme » de Fatima Yadani, Laurence Rossignol, Jérôme Guedj et Philippe Brun, présentée mercredi, et celle du numéro 1 socialiste, Olivier Faure, avec « Le cœur de la gauche », défendu ce vendredi matin devant la presse, Nicolas Mayer Rossignol revient à la charge avec « Refondations ». On retrouve des visages déjà connus : Carole Delga, présidente de la région Occitanie, Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat, Anne Hidalgo, maire de Paris, Mickaël Delafosse, maire de Montpellier, ou encore Lamia El Aaraje, première secrétaire du PS de la capitale et co-présidente de Refondations. Une ligne anti-Faure, qui dénonce depuis un moment « l’effacement » du PS, au profit de LFI.

Une « gauche républicaine », défend Carole Delga

Pour le congrès des 13, 14, 15 juin, Nicolas Mayer Rossignol défend avant tout une ligne de « clarté dans les alliances », revendiquant être « la gauche de responsabilité » et « résolument pro européenne ». « Ce n’est pas une question de personne, de Jean-Luc Mélenchon ou pas, mais de ligne politique », précise l’opposant du premier secrétaire, qui dénonce au passage les relents « d’antisémitisme » chez LFI, parti qui « fleurte avec le communautarisme ». A l’inverse, Refondations défend une « gauche républicaine », explique Carole Delga, et « non pas un PS hégémonique, mais un PS moteur de rassemblement, au travail pour changer la vie des gens », dit-elle, en référence au slogan de François Mitterrand, lors de la campagne de 1981.

Si Refondations veut bâtir une plateforme présidentielle avec Raphaël Glucksmann, les tenants du courant veulent « réaffirmer être la première force au sein de la gauche, comme lors des européennes », souligne Mickaël Delafosse.

Dans ce rapport de force interne, Refondations revendique « 2500 signataires, 31 parlementaires (14 députés, 15 sénateurs, 2 eurodéputés), 3 présidents de région, 6 présidents de département, 75 membres du Conseil national », précise l’ancien sénateur David Assouline. A ce petit jeu, les amis d’Olivier Faure ont revendiqué ce matin avoir le soutien de près de 4.000 militants, la moitié des premiers secrétaires fédéraux, au moins 40 % des membres du conseil national et plus de 50 parlementaires.

Un « tout sauf Faure » est-il possible ?

Mais plus que les contributions, ce seront les textes d’orientations qui définiront le rapport de force du parti, sur lesquels les adhérents sont appelés à voter le 27 mai. Dans cette perspective, un rapprochement est-il possible avec la « TO1 », soit la contribution d’Hélène Geoffroy, où on retrouve des ex-hollandais ? Lors du congrès de Marseille, la maire de Vaulx-en-Velin avait appelé à voter pour Nicolas Mayer Rossignol, face à Olivier Faure. « Bien sûr, on travaille ensemble », assure le maire de Rouen, qui assure que « les choses avancent bien ».

Et avec le président du groupe PS, Boris Vallaud, auparavant avec Olivier Faure et qui dépose maintenant une contribution également ? Nicolas Mayer Rossignol se dit prêt à parler « avec tous ceux qui veulent un rassemblement et un changement dans la clarté », que ce soit « Boris Vallaud, et d’autres, Jérôme Guedj ». Et d’avertir : « On représente une force très importante au sein du PS »… Des discussions qui vont « commencer dès demain », au moment d’un Conseil national où seront présentées les contributions, ajoute David Assouline. Michaël Delafosse note au passage que « des gens qui n’étaient pas sur notre ligne, ou pas complètement, comme Philippe Brun, ou Boris Vallaud » s’émancipent aujourd’hui prennent leurs distances avec le premier secrétaire. « Ça permet de créer un espace de rassemblement d’idées », soutient le maire de Montpellier.

Traduction : de quoi peut-être se rassembler contre le numéro 1 socialiste. Reste à voir si un « tout sauf Faure » peut, par l’union des opposants, des mécontents et autres ambitieux, se constituer et faire tomber le premier secrétaire. C’est en tout cas l’idée et la stratégie que semble caresser le courant de Nicolas Mayer Rossignol.

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