Congrès : les sénateurs commentent le discours sur Twitter

Congrès : les sénateurs commentent le discours sur Twitter

Remarques utiles, avec humour, éloge ou attaque en règle : les sénateurs ont été nombreux à s’exprimer sur les réseaux sur le premier discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès.
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Certains ont partagé leur analyse en direct, à chaud. D’autres ont attendu la fin du discours pour livrer leurs réactions et leur état d’esprit. Tour d’horizon après le discours d’Emmanuel Macron à Versailles.

Du côté des sénateurs dans la majorité, sans surprise, l’exercice est jugé réussi. « Un tel discours du Président devrait inciter au silence les détracteurs professionnels, et entraîner tous les autres à réussir ensemble », juge Nicole Bricq (LREM).

Pour Maurice Vincent (LREM), le discours était « mobilisateur, progressiste, pragmatique ». « Un grand discours sur l'Europe et l’avenir de la France », acquiesce Bernard Cazeau (LREM). « Un discours fort qui rentrera dans notre histoire car il marque le changement et le renouvèlement qu'incarne notre Président », s’est félicitée Françoise Laborde (RDSE).

« Discours métapolitique »

À droite, le sentiment est mitigé. François Grosdidier (LR) a eu le sentiment d’assister à un « discours généraliste, plein de bonnes intentions auxquelles on ne peut que souscrire ». « Un discours presque divin, mais le diable est toujours dans les détails », ajoute-t-il. Son collègue Alain Houpert juge le discours « bien travaillé », mais voit l’ensemble comme une « dissertation lénifiante ».

Hugues Portelli (LR) dit avoir écouté un « très beau discours du chef de l’État ». Et d’ajouter : « un discours métapolitique qui rend difficile un débat parlementaire après ».

« Beau discours », reconnaît Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice (LR) des Français de l’étranger, mais qui se demande : « comment finance-t-on ? Pas un moment sur la réduction de la dette ! »

Sur certains registres, le discours d’Emmanuel Macron surprend parfois à droite. « Discours surprenant : restaurer l’amour de la patrie, la souveraineté, le refus des aliénations », énumère Roger Karoutchi.

« Déclaration d’amour pour l’Europe »

Le discours aux accents européens, lui, a plu aux sénateurs centristes, mais pas uniquement. L’accent mis sur l’Europe a aussi été remarqué par plusieurs sénateurs. « Déclaration d’amour pour l’Europe, il ne peut en ressortir que du bon », espère Yves Pozzo di Borgo (UDI-UC).

Catherine Morin-Desailly se dit « sensible au discours du président » sur « l’enjeu de la paix pour le monde, alors que se multiplient les foyers de menace ».

« Emmanuel Macron l’Européen, ça fait du bien », lâche Bernard Lalande (PS).

« Chiche ! »

Le chapitre consacré aux territoires a eu lui aussi été remarqué par les membres de la Haute assemblée qui les représentent. Le sénateur Jean-Léonce Dupont (UDI-UC) a apprécié le passage dédié au Parlement et aux territoires. « Envie de dire ok, on y va, et là on le fait vraiment », a-t-il tweeté.

La séquence est également relevée par Sophie Primas (LR). « Emmanuel Macron appelle à la décentralisation et au contrat de confiance avec les territoires ! Chiche ! »

L’annonce de la réduction d’un tiers du nombre de parlementaires est naturellement commentée par les principaux concernés. Comme Yves Pozzo di Borgo‏, qui souligne avec humour le comble de la situation : « Macron est fort. Un chef d'entreprise qui annonce à ses salariés qu'il va en mettre un tiers au chômage et il est applaudi. »

« 1/3 de parlementaires en moins c'est 1/3 de démocratie et de pluralisme en moins », estime de son côté la sénatrice communiste Cécile Cukierman.

« Dans ce contexte, c’est une folie ! »

Le détail des autres volets de la réforme institutionnelle interpelle les sénateurs. Sur la possibilité de voter une loi en commission, Catherine Procaccia (LR) s’interroge sur la constitutionnalité de la mesure. « Les parlementaires y perdraient leur droit d'initiative puisque seuls les parlementaires de la commission auraient droit au chapitre », remarque-t-elle.

Sur la proposition d’interdire plus de trois mandats successifs, Roger Karoutchi constate que « le président ne fait plus référence aux mandats locaux ».

L’annonce de la levée à l’automne de l’état d’urgence est aussi très commentée, notamment chez les opposants au régime d’exception. « Contrairement à l'annonce d’Emmanuel Macron, l’état d’urgence ne sera jamais levé : ses grandes dispositions seront intégrées au droit commun ! », s’étrangle Esther Benbassa (EELV). « Le PR veut en finir avec l'état d'urgence a l'automne. Forcément puisqu'il l'intègre dans notre droit commun cet été ! », appuie Éliane Assassi (PCF), depuis l'extérieur de l'hémicycle.

À droite, le sénateur Alain Fouché (LR), est lui aussi mécontent : « Suppression de l'état d'urgence à l'automne. Dans ce contexte c'est une folie ! »

D’autres ont regretté l’accent mis sur les thématiques régaliennes et institutionnelles. « Macron parle davantage d’institutions que d’économie. Il est temps qu’il répondre aux vraies attentes des Français », s’impatiente Philippe Bas (LR). « Les Français croiront-ils un instant que les réformes institutionnelles annoncées par Emmanuel Macron amélioreront leur vie au quotidien ? », s’est interrogée Esther Benbassa (EELV).

« Ouf, c’est fini »

Sur la forme, d’autres ont été pris de surprise par la longueur du discours et notent le peu de réelles annonces. « Un long discours, quelques annonces utiles mais un exercice, le Congrès, qui ne l’est pas », a résumé le sénateur socialiste Jérôme Durain.

« 1h30 de discours pour ne rien dire de nouveau (à part sur le Conseil économique, social et environnemental) », regrette le sénateur Hervé Maurey (UDI).

Les deux sénateurs Front national se montrent très critiques sur le discours. « Macron se gargarise de mots creux, avec ce discours inutile, Jupiter ressemble plutôt à Narcisse », tweete Stéphane Ravier.

« Tout ça pour ça », conclut David Rachline, pour qui « jupitérien se réfère à la planète » :

Philippe Dallier, l’un des commentateurs les plus actifs, a partagé son ennui à la twittosphère :

La suite du Congrès est accueillie avec étonnement. « Didier Guillaume fait remarquer que le président est parti alors que les présidents de groupes interviennent. Drôle de dialogue », commente Catherine Procaccia (LR). Joël Labbé (EELV) salue un discours « fort » mais juge « très regrettable » que le président soit parti « sans écouter les interventions » suivantes.

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