Conseil de défense écologique : des mesures insuffisantes pour les sénateurs écologistes
Fin des terrasses chauffées, création de deux parcs naturels, disparition programmée des chaudières au fuel et au charbon... Le premier ministre et la ministre de la Transition écologique ont annoncé ce lundi 27 juillet une série de mesures issues de la Convention citoyenne pour le climat. Certains sénateurs écologistes reconnaissent une avancée, mais tous pointent du doigt l'insuffisance de ces mesures.

Conseil de défense écologique : des mesures insuffisantes pour les sénateurs écologistes

Fin des terrasses chauffées, création de deux parcs naturels, disparition programmée des chaudières au fuel et au charbon... Le premier ministre et la ministre de la Transition écologique ont annoncé ce lundi 27 juillet une série de mesures issues de la Convention citoyenne pour le climat. Certains sénateurs écologistes reconnaissent une avancée, mais tous pointent du doigt l'insuffisance de ces mesures.
Public Sénat

Par Marylou Magal

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

A l’issue du conseil de défense écologique qui s’est tenu dans la matinée de ce lundi 27 juillet à l’Elysée, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a détaillé la feuille de route inspirée des 149 propositions faites par la Convention citoyenne. « Nous voulons avancer vite, mais sur des bases solides » a-t-elle déclaré, promettant d'être la « garante de l’implication des citoyens dans toutes les étapes » du projet. Une réunion de travail aura lieu dès le 29 juillet, au ministère de la Transition écologique, et une première version du projet de loi est prévue pour la fin du mois de septembre.

Fin des chaudières au fioul et au charbon

Le gouvernement mettra en œuvre, par voie de décret, plusieurs mesures « pour le climat, la lutte contre l’artificialisation des sols et la création de nouvelles aires protégées ». Parmi elles, l’interdiction d’installer des chauffages au fioul et au charbon dans des bâtiments neufs. « Nous obligerons également, à partir de janvier 2022, à remplacer aussi les chaudières au fioul ou au charbon qui sont en panne par une chaudière plus vertueuse », a précisé Barbara Pompili. S’agissant de la rénovation thermique des bâtiments, qui représente aujourd’hui 20% des gaz à effet de serre, la performance énergétique deviendra, à partir du 1er janvier 2023, l'un des critères de la « décence » d’un logement. La ministre a par ailleurs annoncé la fin des terrasses chauffées. « Nous allons interdire le chauffage extérieur sur l’espace public, les terrasses » et obliger à « fermer les portes pour tous les bâtiments chauffés ou climatisés ouverts au public », a-t-elle déclaré.

« Les mesures restent en périphérie des grands enjeux »

Enfin, le gouvernement, qui fait part de sa volonté de réduire par deux la bétonisation dans la prochaine décennie, annonce la création de deux parcs naturels régionaux, au mont Ventoux et dans la baie de Somme-Picardie maritime, ainsi que la création d’une réserve naturelle nationale, la forêt de Robertsau en Alsace. « Je suis étonnée qu’on ait fait tant de bruit pour si peu de choses », réagit la sénatrice EELV Esther Benbassa. « Ce sont des mesures gadgets, qui ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. C’est de la communication pure et simple, alors qu’il faudrait des mesures de grande ampleur pour satisfaire les citoyens qui sont de plus en plus demandeurs de grands actes écologiques. Il faut vraiment avancer au lieu de faire des pas de fourmi. »

A lire aussi : Convention citoyenne : « Les élus ne peuvent plus revendiquer le monopole de la production de la décision » assure Loïc Blondiaux

« Il y a certaines mesures intéressantes », tempère cependant Renan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique. « Sur les chaudières à fioul et à charbon, notamment, c’est une décision importante qui doit permettre d’en sortir définitivement. Mais les mesures restent encore en périphérie des grands enjeux quantitatifs, pas suffisantes pour tenir les grands équilibres en termes d’émissions de gaz ou de préservation de la biodiversité. » Pour Renan Dantec, beaucoup de sujets restent à discuter, avec l’arrivée du projet de loi à l’automne, comme celui de l’artificialisation des sols. « Rien n’a été annoncé sur la limitation de la consommation d’espace par l’habitat, aujourd’hui, il faut en finir avec les lotissements et la péri-urbanisation. On ne réduira par l’artificialisation des sols par la réduction des friches : il faut une vraie politique d’aménagement du territoire et c’est ce dont nous devrons discuter dans la loi. »
 

Partager cet article

Dans la même thématique

Conseil de défense écologique : des mesures insuffisantes pour les sénateurs écologistes
5min

Politique

Saint-Etienne : le stade Geoffroy-Guichard et l’AS Saint-Etienne s’invitent dans le débat des municipales

Lors du débat organisé par Public Sénat et TL7, la proposition de vendre le stade Geoffroy Guichard, propriété de la mairie, à l’ASSE a été mise sur la table par le candidat Horizons, Eric Le Jaouen. Les huit candidats sont aussi revenus sur l’affaire Perdriau, qui a vu l’ancien maire condamné à cinq ans de prison dans une affaire de chantage à la sextape.

Le

Blanc Mesnil: B. Retailleau denonce les accords PS LFI aux Municipales
9min

Politique

Municipales : Bruno Retailleau dénonce « les accords de la honte » entre PS et LFI, Patrick Kanner l’accuse d’être « le Canada Dry du RN »

Alors que le président des LR, Bruno Retailleau, dénonce « les accords de la honte » entre le PS et LFI dans « 62 » communes, il accuse les responsables de gauche d’être « une bande de tartuffes ». En réponse, Pierre Jouvet, numéro 2 du PS, prépare aussi sa carte des accords entre droite et extrême droite et pointe « les listes communes entre LR et RN ». « Bruno Retailleau sert la soupe au RN », ajoute Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat.

Le

The Epstein Files Illustrations
3min

Politique

Affaire Epstein : vers une commission d’enquête au Sénat ?

Dans un courrier adressé au président du Sénat, Gérard Larcher, Le sénateur LR, Henri Leroy et 15 de ses collègues de la droite et du centre appellent solennellement la chambre haute à mettre en place une commission d’enquête « relative aux implications institutionnelles et aux éventuels dysfonctionnements publics liés à l’affaire Epstein ».

Le