Conseil des ministres franco-allemand: Macron et Merkel misent beaucoup sur la défense
Emmanuel Macron et Angela Merkel ont de nouveau multiplié jeudi les signes de relance du couple franco-allemand, avec une mesure phare: le...

Conseil des ministres franco-allemand: Macron et Merkel misent beaucoup sur la défense

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont de nouveau multiplié jeudi les signes de relance du couple franco-allemand, avec une mesure phare: le...
Public Sénat

Par Hervé ASQUIN

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Emmanuel Macron et Angela Merkel ont de nouveau multiplié jeudi les signes de relance du couple franco-allemand, avec une mesure phare: le développement sous la "direction" des deux pays d'un nouvel avion de combat européen.

"C'est une révolution profonde, mais nous n'avons pas peur des révolutions quand elles sont menées de manière pacifique, construite et dans la durée", a déclaré le président français à l'issue du 19e Conseil des ministres franco-allemand, réuni dans la matinée à l'Elysée.

Cette nouvelle génération d'avions de combat qui doit faire l'objet d'une feuille de route conjointe d'ici à mi-2018, succèderait aux Rafale français ainsi qu'aux Tornado et aux Eurofighter allemands.

Elle aura vocation à "être exportée", a souligné Emmanuel Macron dans une allusion aux difficultés rencontrées pendant de longues années par Dassault Aviation pour exporter le Rafale.

"Aujourd'hui, on se retrouve avec des projets lourds, trop de standards et de qualification au niveau européen et parfois une concurrence intra-européenne pour les porter à l'international", a-t-il également fait valoir, alors que la France défendait depuis des décennies le cavalier seul de Dassault au nom de son autonomie stratégique.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron donnent une conférence de presse à l'Elysée, le 13 juillet 2017 à Paris
La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron donnent une conférence de presse à l'Elysée, le 13 juillet 2017 à Paris
AFP

"Je salue ce projet", a enchaîné la chancelière allemande qui a toutefois mis en exergue d'autres projets de coopération industrielle militaire comme les Eurodrones, les satellites, la coopération numérique et la cybersécurité.

De sources gouvernementales proches du dossier, on précise toutefois que ce nouvel avion de combat ne verrait le jour qu'à "l'horizon 2035, 2040".

En amont de ce Conseil des ministres commun, Emmanuel Macron avait par ailleurs mis la pression sur Berlin dans une interview à Ouest France et à un groupe de presse régional allemand, appelant l'Allemagne à "bouger" pour corriger les "dysfonctionnements" de la zone euro dont sa compétitivité économique a selon lui profité.

Concrètement, il se prononçait pour "des mécanismes de solidarité plus puissants" passant par un "budget" de la zone euro, "un gouvernement qui décide de l’allocation de ce budget et un contrôle démocratique qui n’existe pas aujourd’hui".

La chancelière allemande Angela Merkel a laissé la porte ouverte à de telles évolutions à l'issue du Conseil des ministres mais souligné qu'elles devront attendre en tout état de cause les élections générales du 24 septembre en Allemagne, qui la verront briguer un quatrième mandat.

- 'Nous n'allons pas traîner' -

Photo de groupe du conseil des ministres franco-allemand à l'Elysée, le 13 juillet 2017
Photo de groupe du conseil des ministres franco-allemand à l'Elysée, le 13 juillet 2017
AFP

"Je n'ai rien contre un budget de la zone euro", a-t-elle déclaré, se disant favorable à "un calendrier très ambitieux pour la zone euro". Quant au "ministre européen des Finances, on peut en parler", a-t-elle enchaîné.

"Nous n'allons pas traîner", a-t-elle encore promis, même si, "pour de telles évolutions de fond", l'Allemagne a "besoin" de consulter son Parlement.

Angela Merkel a rappelé aussi qu'elle avait elle-même proposé, mais sans succès, un "petit budget" de la zone euro dès 2012.

Le président et la chancelière avaient entamé cette matinée de travail par un acte symbolique, assistant dans le nord de Paris à un atelier linguistique organisé par l'Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) pour favoriser l'insertion professionnelle croisée d'une trentaine de jeunes Français et Berlinois.

Une manière pour Emmanuel Macron de rappeler la dimension culturelle et éducative qu'il entend donner à la relance du couple franco-allemand avec la réouverture de 1.200 classes bi-langues menacées par la réforme des collèges de l'ancienne majorité socialiste.

Il s'agit de porter l'enseignement de l'allemand à "un niveau qu'il n'a jamais connu", a-t-il assuré dans cet entretien accordé au quotidien Ouest France et au groupe de journaux allemands Funke.

Depuis son élection, Emmanuel Macron a manifesté une très claire volonté de relancer le couple franco-allemand.

Le nouveau président français en avait donné le ton dès sa première visite à la chancellerie, le 15 mai, au lendemain de son investiture, répondant par un "oui" dénué de toute ambiguïté à une question sur sa volonté de restaurer la densité de cette relation.

Dans la foulée du Conseil franco-allemand, Emmanuel Macron a reçu Donald Trump aux Invalides. Le président américain doit assister vendredi en sa compagnie au traditionnel défilé militaire du 14 Juillet sur les Champs-Elysées. Il n'a toutefois pas croisé la chancelière.

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