Constitution de 1958 : un texte bien gardé
Cette semaine, la Constitution de la Ve République fête le soixantième anniversaire de sa promulgation. Adoptée à l’initiative directe du Général de Gaulle pour mettre fin à l'instabilité politique de la IVe République, elle est le texte de référence de la France depuis 1958. Aujourd’hui, elle fait partie des documents bien gardés de la République, Public Sénat à ouvert pour vous la porte lourde des Archives Nationales.

Constitution de 1958 : un texte bien gardé

Cette semaine, la Constitution de la Ve République fête le soixantième anniversaire de sa promulgation. Adoptée à l’initiative directe du Général de Gaulle pour mettre fin à l'instabilité politique de la IVe République, elle est le texte de référence de la France depuis 1958. Aujourd’hui, elle fait partie des documents bien gardés de la République, Public Sénat à ouvert pour vous la porte lourde des Archives Nationales.
Public Sénat

Par Juliette Beck

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les Archives Nationales

public_senat_a_lhotel_de_soubise_-_wlad_simitch_capa_pictures-108.jpg

Notre Constitution, document bien gardé de la République est entreposée au Grand dépôt des Archives Nationales au sein même de l’Hôtel de Soubise situé dans le 3e arrondissement de Paris. Ce lieu est l’un dès plus prestigieux et emblématique de l’histoire, car il rassemble en son sein les documents et autres objets qui constituent l’histoire de France. Au cœur de ce bâtiment Marie Ranquet, conservatrice des Archives Nationales nous fait découvrir l’armoire de fer.

public_senat_a_lhotel_de_soubise_-_wlad_simitch_capa_pictures-19.jpg

Derrière deux lourds panneaux de chêne massif, est niché un coffre-fort exécuté sur ordre de l’Assemblée constituante du 30 novembre 1790. Pour découvrir les secrets de l’histoire de France, il ne faut pas moins de trois clés, à l’époque elles étaient conservées par trois membres de l'Assemblée nationale pour assurer une totale sécurité. Initialement destiné à accueillir les timbres et planches employés dans la fabrication des assignats, il abrite aujourd’hui les témoignages de l’histoire de France : les Constitutions successives, les décrets révolutionnaires, les testaments des rois, le mètre étalon ou le kilogramme en cuivre.

La Constitution

public_senat_a_lhotel_de_soubise_-_wlad_simitch_capa_pictures-94.jpg

La Constitution dort paisiblement depuis soixante ans dans une de ces nombreuses boîtes de métal rouge et or méticuleusement empilées les unes sur les autres. De ce texte, il existe 10 exemplaires pour que chaque acteur garant de la constitution en ait un duplicata. Ce sont des exemplaires dits originaux, c'est-à-dire qu’ils ont le signe de validation ainsi que la signature du gouvernement et du Président de la République. Loin des formes que l’on pourrait imaginer pour un texte de cette importance « cet exemplaire de prestige de la Constitution, ressemble à un simple livre » décrit Marie Ranquet.

public_senat_a_lhotel_de_soubise_-_wlad_simitch_capa_pictures-102.jpg

À peine 12 pages dont 2 pages de signatures, rassemblent les 80 articles qui régissent la République, de l’élection du Président au rapport entre le parlement et le gouvernement jusqu’au processus de vote des lois, tout tient en une dizaine de pages. « Elle concerne beaucoup de sujets, mais en un texte ramassé, aujourd’hui, on aurait tendance à avoir un ensemble plus important » explique la conservatrice.

Les signataires

img_7621.jpg

Ce qui frappe lorsque l’on regarde de plus près les deux dernières pages, ce sont les signatures. Le premier à signer est le Président de la République en l’occurrence René Coty, puis le Premier ministre et les membres du gouvernement de l’époque. Marie Ronquet constate que « Dans la mise en pages, c’est très frappant, Charles de Gaulle signe vraiment en plein milieu, à la fois en largeur et en hauteur de la page ». Au-delà de cette signature centrale du Général, la conservatrice, explique « Pour autant la vraie autorité promulguant la constitution, c’est le Président (NDLR : à l’époque René Coty). Et c’est tout le jeu entre René Coty et Charles de Gaulle ».

public_senat_a_lhotel_de_soubise_-_wlad_simitch_capa_pictures-59.jpg

Le fruit de son époque

Cette Constitution est le juste fruit de son époque. En 1958, l’idée d’un apparat particulier autour d’un document officiel n’est pas en accord avec la dynamique voulue par De Gaulle, contrairement à d’autres documents comme la Constitution de la IIe République écrite sur un parchemin précieux. Ici le fonctionnel prime sur l’apparat. La période de la rédaction est un temps accéléré, après trois mois de travail sur le texte, une fois signé, il faut rapidement mettre en place les institutions pour que le pays reprenne son cours normal.

000_arp2437880.jpg

L’enchaînement de l’élection présidentielle qui survient 2 mois après provoque aussi cette hâte, le Général se tourne vers le futur. « Pensée par de Gaulle et faite pour lui, c’est une victoire personnelle, ce « oui » au référendum est un formidable vote de confiance ». Et cette confiance le Général de Gaulle la confirmera d’autant plus avec sa victoire à la présidentielle le 21 décembre 1958 avec plus de 78 % des voix.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le

Constitution de 1958 : un texte bien gardé
3min

Politique

« Méthode détestable », « colère » : l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France tend les élus

Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.

Le

Constitution de 1958 : un texte bien gardé
2min

Politique

En réponse à l’absence de Lecornu, les présidents de départements boycottent le discours de Françoise Gatel

Le Premier ministre a annulé hier soir sa venue aux Assises des départements de France et a convié à Matignon le 16 novembre les présidents des exécutifs locaux pour tenter de répondre à leurs inquiétudes sur le budget. En guise de protestation, les présidents de départements ont quitté la salle au moment du discours de la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel.

Le

Constitution de 1958 : un texte bien gardé
3min

Politique

« À l’EHPAD ! » : pour Xavier Bertrand, le candidat à droite qui « fera élire l'un des deux extrêmes aura intérêt à essayer la chirurgie esthétique ou l’exil »

Xavier Bertrand est le nouvel invité de l'émission « À l’EHPAD ! ». Alors qu'il est lui-même candidat à l'élection présidentielle de 2027, il est d'emblée interrogé sur la multiplication des candidatures à droite par les habitants de la résidence. Une émission à voir dès maintenant sur publicsenat.fr et les chaînes YouTube de « À l’EHPAD ! » et Ouest-France.

Le