Preuve de l'importance de la réforme des institutions pour Emmanuel Macron, la répartition des tâches au sein des députés de la majorité a été décidée au plus haut niveau de l'exécutif et dans une logique très politique.
Richard Ferrand, le capitaine
Fidèle d'Emmanuel Macron, le chef de file des députés LREM a une mission de confiance comme rapporteur général sur la révision constitutionnelle, mais aussi les lois organique et ordinaire (réduction du nombre de parlementaires, proportionnelle...) à la rentrée.
Sur le projet de loi constitutionnelle, il veillera à ne pas laisser "dénaturer le texte" par la "fertilité de l'imagination des députés", et appelle notamment la majorité à ne pas s'"enhardir pour amender des choses dont on sait que le Sénat ne veut pas".
C'est aussi l'occasion pour le député du Finistère, ex-cheville ouvrière d'En marche et brièvement ministre, de revenir sur le devant de la scène, après avoir essuyé certaines critiques pour son implication jugée trop faible dans l'hémicycle, voire son manque d'appétence pour son poste.
Marc Fesneau, le diplomate centriste
Le chef de file des députés MoDem est rapporteur de la partie la plus sensible du texte constitutionnel: réforme de la procédure parlementaire (droit d'amendement, raccourcissement des délais, évaluation...) et questions territoriales (Corse, droit à la différenciation).
Marc Fesneau, président du groupe MoDem, le 28 juillet 2017 à l'Assemblée nationale à Paris
AFP/Archives
Le second groupe de la majorité, allié de LREM, réclamait d'être associé à cette réforme institutionnelle chère à François Bayrou et sur laquelle il a quelques critiques (droit d'amendement, proportionnelle...). "Marc, il a tendance à serrer ses troupes" et "il est bon", vante un élu MoDem. "Il est sympathique mais va un peu au gré du vent", tacle un LR.
Diplomate, ce député du Loir-et-Cher de 47 ans, connaisseur des arcanes de la chambre haute, aura aussi à discuter avec les nombreux sénateurs centristes, aux voix précieuses.
Yaël Braun-Pivet, au nom des Lois
A défaut de chapeauter la réforme, la présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet (LREM) pilotera le volet justice longtemps attendu et globalement consensuel (réformes de la Cour de justice de la République, du Conseil supérieur de la magistrature, du Conseil constitutionnel), plus la mue du Conseil économique, social et environnemental.
La présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet (LREM) à l'Assemblée nationale, le 27 juillet 2017 à Paris
AFP/Archives
Cette ex-avocate attachée à "l'indépendance de la justice", élue des Yvelines de 47 ans au poids politique questionné chez LREM, a des rapports parfois "un peu rugueux" avec certains députés de droite mais s'entend bien avec son homologue LR du Sénat Philippe Bas.
Sacha Houlié, jeune pousse macroniste
A 29 ans, cet ex-socialiste et cofondateur des Jeunes avec Macron, député de la Vienne, a décroché la fonction de chef de file des élus LREM sur toute la réforme institutionnelle. Il fait partie à l'Assemblée de la "bande de Poitiers", qui se revendique comme le "canal historique" du macronisme.
Parfois provocateur, comme avec sa proposition de loi pour changer le mode d'élection sénatorial, cet avocat est respecté pour sa capacité de travail et car "il fait de la politique, il assume, il le fait bien", selon un "marcheur". "Du talent", mais attention à "jouer collectif", prévient une autre. Il doit jouer la synthèse et "tenir les troupes sur les amendements", observe-t-on au groupe majoritaire.
Marie Guévenoux, pour répondre à la droite
Rapporteure spéciale sur les autres volets de la réforme institutionnelle (non-cumul, proportionnelle...) qui seront abordés à la rentrée, la députée de l'Essonne (ex-LR devenue LREM), 41 ans, est sur le banc de touche à ce stade. Mais elle pourrait monter au front sur ses sujets, que la droite compte aborder sans attendre.
Sacha Houlié, cofondateur des Jeunes avec Macron, le 16 juin 2017 à Poitiers
AFP/Archives
Cette ancienne juppéiste et professionnelle de la politique devra user de son expérience et ses réseaux, jusqu'au Sénat, pour aider à l'aboutissement de la réforme. Une forme de revanche après avoir été déçue que le poste de rapporteure sur asile-immigration lui échappe au profit d'une "marcheuse" plus marquée à gauche. "Bosseuse, loyale, connaissant ses sujets": elle est, selon une collègue, "un soldat dans le collectif".
François de Rugy, la carte du président
Actif en amont, avec les groupes de travail engagés sur la réforme de la procédure législative ou l'évaluation, et ses multiples rendez-vous notamment avec Gérard Larcher, le président LREM de l'Assemblée martèle qu'un accord avec le Sénat est possible.
François de Rugy, président LREM de l'Assemblée nationale, le 3 juillet 2018 à Paris
AFP/Archives
Cet élu de Loire-Atlantique chevronné, qui revendique une "culture du résultat" mais dont le "poids" politique fait s'interroger certains "marcheurs", compte faire mentir "l'histoire écrite à l'avance" d'un échec. Il épingle la "rengaine" des oppositions sur une réduction des pouvoirs du Parlement.
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