Paris Marien Le Pen and Jordan Bardella  meets French PM
Le Rassemblement national à Matignon /Credit:JEANNE ACCORSINI/SIPA/2509171833

Consultation à Matignon : Bardella et Le Pen réclament une « rupture » avec le macronisme

Reçus ce mardi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, les dirigeants du Rassemblement national (RN) ont insisté sur la nécessité d’une « rupture » claire avec la politique menée par Emmanuel Macron depuis 2017.
Emma Bador-Fritche

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Les Français attendent des actes » ont souligné les deux responsables du RN, à l’issue de leur rencontre avec Sébastien Lecornu. Jordan Bardella a rappelé qu’« on juge M.Lecornu à ce qu’il va faire, ce qu’il va annoncer. Il n’y a pas de jugement a priori sur sa personne, peu importe qui est à la tête du gouvernement, la question c’est pour faire quoi ». Marine Le Pen a, de son côté, insisté, « nous attendons un changement d’orientation, une rupture avec le macronisme, y compris sur le plan budgétaire. » Tous deux affirment que leur parti sera intransigeant « si le Premier ministre poursuit la politique menée jusqu’à présent, il tombera. »

Un « contre-budget » annoncé par le RN

En matière économique, le Rassemblement national prépare un « contre-projet » face au futur budget du gouvernement. « Nous verrons s’il existe des avancées pour les Français, car c’est ça qui nous intéresse », ont affirmé Bardella et Le Pen.

Le parti promet de défendre la protection « de la résidence principale, des biens professionnels et des investissements dans les PME et ETI », tout en s’opposant à « toute aggravation de l’injustice fiscale ». Marine Le Pen a rappelé avoir proposé « un impôt sur la fortune financière », accusant la gauche de se laisser tenter par des « mesures confiscatoires ».

Dissolution en ligne de mire

Le Rassemblement national estime qu’Emmanuel Macron est arrivé au bout d’un cycle. « Emmanuel Macron a remis en place une Quatrième République. L’extrême gauche réclame la Sixième. Nous sommes les seuls à défendre la Cinquième », a dénoncé Marine Le Pen. Face à ce qu’ils considèrent comme une impasse politique, les responsables du RN plaident pour un retour devant les Français, « Quand on est confronté à une crise, la seule solution, c’est de revenir aux urnes, par une dissolution ou une démission du président. »

« Nous jugerons sur pièces »

À l’issue de près de deux heures d’entretien, Bardella et Le Pen ont conclu en appelant à la prudence, mais en fixant une ligne rouge : « Nous n’avons pas une approche dogmatique. Nous verrons bien, nous jugerons sur pièce. Mais s’il n’y a pas de rupture, il y aura censure », ont conclu Bardella et Le Pen, affichant une ligne commune de fermeté vis-à-vis du nouveau Premier ministre.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le

Consultation à Matignon : Bardella et Le Pen réclament une « rupture » avec le macronisme
6min

Politique

Elections sénatoriales en Gironde : la droite favorite, le RN veut créer la surprise 

En Gironde, la droite et le centre abordent les élections sénatoriales en position de force, après plusieurs victoires aux dernières municipales. À gauche, cinq listes se disputent les voix des grands électeurs, tandis que le Rassemblement national espère profiter de la dispersion pour décrocher, pour la première fois, un siège dans le département.

Le