Paris : Reception des chefs de partis a l elysee – Paris: Reception for party leaders at the Elysee Palace
Le president de la republique, Emmanuel Macron, reçoit les differents chefs de partis politique en vue de la nomination du futur premier ministreLaurent Wauquiez, Bruno Retailleau et Anne Genevard a la sortie de la reunion.Emmanuel Macron, french president, is receiving the parti leaders as he will have to nominate the new prime minister soon.Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau et Anne Genevard a la sortie de la reunion.at the exit of the meeting.//BUFKENSCEDRIC_bufkens11771/Credit:BUFKENS CEDRIC/SIPA/2408231757

Consultations d’Emmanuel Macron : la ligne d’indépendance des Républicains est-elle tenable ?

Les ténors des Républicains sont ressortis « déçus » de leur entrevue avec le chef de l’Etat dans le cadre de nouvelles consultations pour former un gouvernement. Laurent Wauquiez, Annie Genevard et Bruno Retailleau ont de nouveau exclu toute participation à une coalition gouvernementale et demandent à Emmanuel Macron de s’engager sur les propositions de leur pacte législatif. Une ligne d’indépendance qui ne fait pas l’unanimité chez les parlementaires de droite.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

6 min

Publié le

Mis à jour le

Devant les micros tendus, les deux présidents des groupes parlementaires LR de l’Assemblée nationale et du Sénat, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, aux côtés de la présidente par intérim du parti, Annie Genevard, ont souhaité mettre en scène l’unité de leur famille politique vis-à-vis de la nomination du futur Premier ministre. Sur le fond, rien n’a changé depuis le mois dernier, les dirigeants LR ont farouchement exclu toute participation au futur gouvernement ou à une coalition avec la macronie.

Le ton s’est toutefois quelque peu durci, ne souhaitant pas endosser la responsabilité de l’échec de la formation d’un gouvernement, Laurent Wauquiez a enjoint le chef de l’Etat à cesser « de « procrastiner » et de nommer « enfin un Premier ministre pour sortir de la crise qu’il a lui-même provoquée avec la dissolution ». L’entretien a même été jugé « décevant » par le patron des députés LR, faute de d’engagement de la part du chef de l’Etat sur les propositions du « pacte législatif » mis sur la table par la droite le mois dernier (lire notre article).

Bruno Retailleau a souhaité lui alerter « sur la gravité de la situation ». « C’est inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, jamais un gouvernement démissionnaire n’aura autant duré », a-t-il affirmé (lire notre article sur ce sujet). Le sénateur de Vendée a, par ailleurs, indiqué vouloir « contribuer » à la prise en compte « du message exprimé par les Français lors du premier tour des dernières législatives ». « Ils veulent plus de sécurité, moins d’immigration, plus de pouvoir d’achat et ils veulent des services publics qui fonctionnent », a-t-il analysé.

« Nous n’avons aucune raison de faire plaisir à Emmanuel Macron »

Avant de se rendre à l’Elysée, Bruno Retailleau a pris le pouls de son groupe quant à la stratégie de tenir en cette période de flottement institutionnel et politique. « Nous le répétons depuis des semaines, peut-être va-t-on finir par nous croire. Nous ne ferons pas partie du prochain gouvernement, ni d’une coalition avec la majorité sortante, nous n’avons aucune raison de faire plaisir à Emmanuel Macron. Mais nous ne participerons pas pour autant au blocage du pays et nous voterons les textes qui iront dans le bon sens. En tant que référent éducation du parti, je n’étais pas par exemple opposé au choc des savoirs proposé par Gabriel Attal lors de son éphémère passage rue de Grenelle. Et je me félicite que les présidents des groupes LR au Parlement parlent d’une même voix », insiste le sénateur Max Brisson.

« Ça gigote » chez les LR

Toutefois, pour un cadre du groupe centriste du Sénat qui forme avec le groupe LR la majorité à la haute assemblée, « l’adhésion à la ligne Wauquiez/Retailleau apparaît solide de façon apparente mais ça gigote. Il y a une vingtaine de députés (sur 47 NDLR) qui ne sont pas sur cette ligne dure », évalue-t-il.

La sénatrice LR de Paris, Marie-Claire Carrère-Gée, qui il y a un mois s’exprimait en faveur d’un « LR à Matignon », craint que le pacte législatif proposé par son parti « ne reste lettre morte ». « Il n’aura d’avenir que si un gouvernement s’en inspire, dans le dialogue avec les parlementaires des autres forces politiques républicaines » […] « Je fais confiance à ma famille politique, dont l’ADN est celui de l’audace, du courage et de la responsabilité, pour faire tout ce qui est nécessaire pour y répondre dès maintenant », enjoint-elle dans un communiqué.

« Nous devons confirmer que nous sommes un parti de gouvernement »

L’ancien ministre et actuel sénateur LR de Haute-Saône, Alain Joyandet, qui milite depuis le début de l’année pour une coalition avec le camp présidentiel considère que la position défendue par les cadres de son parti « concourt très largement à l’instabilité du pays ». « On ne peut pas d’un côté imposer ses conditions et menacer de censure un gouvernement issu du Nouveau Front Populaire et dire de l’autre qu’on ne veut participer à rien. D’autant plus qu’au second tour des législatives, nos députés ont été élus avec les voix des autres ». Dans son communiqué du 26 août, le président de la République fait le même rappel. « Les partis politiques de gouvernement ne doivent pas oublier les circonstances exceptionnelles d’élection de leurs députés au second tour des législatives. Ce vote les oblige ». L’ancien président du groupe LR de l’Assemblée, Olivier Marleix a effectivement bénéficié du barrage républicain et des voix de la gauche pour sauver son siège.

« J’ai bien compris que les dirigeants de notre famille politique ne souhaitent pas être associés au bilan du macronisme et qu’il y a des arrières pensés pour 2027 », ajoute Alain Joyandet. « Mais Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter dans 3 ans et notre électorat ne comprendra pas qu’on refuse de se retrousser les manches pour redresser le pays. Nous devons confirmer que nous sommes un parti de gouvernement. Je l’ai dit à Bruno Retailleau ce matin. Il m’a répondu que sa position était soutenue par la majorité des sénateurs LR. Pour échanger avec mes collègues, je sais que de plus en plus de sénateurs LR pensent comme moi. Et n’oublions pas non plus que nous sommes majoritaires au Sénat uniquement grâce à l’appui des centristes. Nous sommes donc déjà dans une coalition avec un parti qui a fait liste commune avec les macronistes aux dernières Européennes », fait-il remarquer.

Pour appuyer sa ligne, Alain Joyandet prend soin de citer un sondage Harris Interactive pour Challenges, publié le 21 août, selon lequel 82 % des électeurs LR souhaitent voir Xavier Bertrand nommé à Matignon.

Et dans l’hypothèse où le bras de fer tenu par les cadres LR aurait pour but d’enfermer Emmanuel Macron dans une impasse politique et le pousser à quitter le pouvoir, Alain Joyandet s’interroge : « Est-ce que nous, Les Républicains, sommes en état de remporter une élection présidentielle ? »

Partager cet article

Dans la même thématique

Jerome Durain nouveau President. Session du conseil regional de Bourgogne-Franche-Comte
9min

Politique

Sénatoriales : en Côte-d’Or, entre Rebsamen et Patriat, un seul François devrait être candidat

L’ancien ministre du gouvernement Bayrou et ex-président du groupe PS du Sénat envisage de se présenter aux sénatoriales. A condition que François Patriat, patron des sénateurs macronistes, ne se représente pas. Les deux en parlent ensemble et veulent éviter de se présenter l’un contre l’autre. S’il est élu, reste à voir dans quel groupe ira François Rebsamen, ou s’il cherchera à en créer un nouveau…

Le

Illustration of the headquarters of the French media group Canal +
9min

Politique

Tribune anti-Bolloré et réaction de Canal + : le cinéma français au bord de la fracture

Après la tribune anti-Bolloré signée par près de 600 professionnels du cinéma, la riposte du patron de Canal+, Maxime Saada, a déclenché une onde de choc politique et culturelle. Entre accusations de « maccarthysme », dénonciation d’une « caste gauchiste » et inquiétudes sur l’emprise idéologique du groupe Vivendi, la polémique révèle une fracture profonde, celle d’un cinéma français pris entre dépendance économique et bataille culturelle.

Le

People vote in Bordeaux for the legislatives elections
6min

Politique

Municipales 2026 : un électeur sur six a utilisé l’IA pour l’aider dans son choix de vote, révèle une étude

Les élections municipales ont vu, pour la première fois en France, un nombre significatif d’électeurs, environ un sur six, faire appel à l’IA conversationnelle pour déterminer leur choix de vote, d’après une étude Toluna Harris Interactive. Une pratique encore très minoritaire, mais qui interroge sur l’influence politique réelle de l’IA à un an de l’élection présidentielle.

Le

New Caledonia’s vote on independence from France
4min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : le texte visant à élargir le corps électoral adopté en commission au Sénat

A l’approche des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie qui se tiendront le 28 juin, la commission des lois du Sénat a adopté la proposition de loi organique visant à élargir le corps électoral aux natifs de l’Archipel. L’exécutif, qui compte aller plus loin en y intégrant également les conjoints des natifs, déposera son amendement en séance publique, cet après-midi.

Le