La police de l’immigration américaine est au cœur de l’actualité internationale depuis des semaines et le déploiement de nombreux agents fédéraux à Minneapolis pour arrêter des personnes en situation irrégulière. Des opérations destinées à honorer la promesse du président Donald Trump de multiplier les expulsions qui ont conduit à la mort, de deux personnes depuis le début du mois, Renee Good, et Alex Pretti. De nombreuses violations de droits humains accompagnent l’action de ICE telle que l’arrestation, à la sortie de son école, d’un enfant de 5 ans, d’origine, équatorienne, Conejo Ramos.
Le sujet a débordé vers la France depuis la sortie des informations de l’association de l’Observatoire des multinationales reprises lundi soir sur France 2, selon lesquelles, c’est le groupe d’informatique français Capgemini qui a fourni à l’ICE un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères.
Aux questions d’actualité du Sénat, le sénateur communiste de Paris, Ian Brossat a interpellé le gouvernement sur ce sujet. « La France peut-elle accepter qu’une entreprise française participe, à l’étranger, à la traque, à la détention et aux meurtres de personnes innocentes ? Comptez-vous rester silencieux face à la présence de la milice de Trump sur le sol européen ? », a-t-il ajouté. ICE sera effectivement présente aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina (6-22 février) afin de contribuer à la sécurité de l’événement.
Pour répondre au sénateur, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a confirmé qu’un contrat avait été passé entre filiale « étanche » du groupe Capgemini avec l’ICE. « Ce contrat ne nous a pas été communiqué […] Ce contrat est intégralement régi par la législation américaine », a-t-il précisé. Néanmoins, le ministre a rappelé qu’une « entreprise de dimension mondiale implantée en France ne peut se soustraire de sa responsabilité éthique et sociale dans le choix de ses partenaires ». Comme le ministre de l’Economie Roland Lescure, Sébastien Martin a invité Capgemini « à faire toute la clarté sur ses activités avec les autorités de sécurité américaine à réinterroger le champ de ses activités dans ce domaine ».