"Liberté, égalité, paternité": venus de toute la France, des dizaines de milliers d'opposants à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes ont...
Contre la PMA, des dizaines de milliers de manifestants avant l’examen au Sénat
"Liberté, égalité, paternité": venus de toute la France, des dizaines de milliers d'opposants à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes ont...
Par Sarah BRETHES
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
"Liberté, égalité, paternité": venus de toute la France, des dizaines de milliers d'opposants à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes ont défilé dimanche à Paris, à l'avant-veille de l'examen au Sénat du projet de loi sur la bioéthique.
Environ 26.000 personnes ont défilé à l'appel du collectif "Marchons Enfants !" qui réunit 22 associations dont la Manif pour tous, selon un décompte du cabinet indépendant Occurrence pour un collectif de médias, dont l'AFP. Ils étaient 41.000 selon la préfecture de Paris.
De leurs côtés, les organisateurs ont refusé de donner un chiffre, en dénonçant les "estimations fantaisistes" fournies.
Pour ce nouveau rendez-vous, la foule rouge et verte des manifestants, pour beaucoup venus en famille de province, a marché dans le calme depuis le pont de l'Alma jusqu'à la place de l'Opéra, vers 16H00, après avoir longé la Seine et traversé le Louvre sous un soleil d'hiver.
"Nous sommes immensément nombreux, venus de toute la France, sonner le tocsin : l'enfant, le père et la mère sont en danger", s'est félicité à la tribune la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère.
Elle a lancé un appel aux sénateurs à "résister aux progressistes" et à "avoir le courage de réécrire complètement le texte".
Les sénateurs, qui examinent le projet à partir de mardi, ont déjà adopté le projet en commission spéciale le 8 janvier, dont l'article 1 sur la PMA, malgré l'hostilité d'une partie de la droite, majoritaire au palais du Luxembourg.
- "Cheval de Troie"-
A l'issue du rassemblement, les organisateurs ont lancé sur la foule des milliers de faux billets de banque, à l'effigie de Macron, appelant à se rassembler devant le Sénat mardi et mercredi soir.
"Le programme du gouvernement est clair et ne déviera pas", les a d'ors et déjà prévenu le ministre de l'Education nationale, interrogé à la mi-journée sur France Inter, rappelant que l'extension de la PMA "était dans le programme d'Emmanuel Macron".
Dans la rue, beaucoup d'enfants, de familles nombreuses et de retraités ont participé au cortège coloré au-dessus duquel flottaient de nombreux drapeaux des régions (Bretagne, Occitanie, Vendée...)
"Un vrai daron, pas des échantillons", proclamaient des pancartes. "Mère 1, mère 2, où est la parité ?", demandaient d'autres.
La crainte de la gestation pour autrui, non prévue dans le projet de loi, était au coeur des préoccupations, Ludovine de la Rochère appelant les écologistes et les féministes "à se lever contre la PMA sans père, cheval de Troie de la GPA".
Nombre de manifestants portaient en brassard des masques blancs : "ça représente les pères donneurs, ces inconnus que leurs enfants ne connaitront jamais", explique un groupe d'adolescents de 16-17 ans, venus de la Sarthe.
Malgré une mobilisation bien moindre que contre le mariage pour tous il y a sept ans et "même si le vote a lieu dans quelques heures, on aura agi jusqu'au bout", a assuré Irina, étudiante en philosophie. "Il faut que ceux qui vont voter cette loi folle sachent qu'on est là, encore debout", a abondé son amie Inès.
- "Ni bio, ni éthique" -
Le défilé de la Manif pour tous, le 19 janvier 2020 à Paris, pour s'opposer à la PMA pour toutes.
AFP
"On a beaucoup mis en avant la PMA, mais ça a occulté l'ensemble des dérives" contenues dans la réforme, a souligné Pascale Morinière, présidente des Associations familiales catholiques (AFC), qui a cité les embryons transgéniques ou chimères et la recherche sur l'embryon autorisée jusqu'à 21 jours.
Dans les rangs des manifestants, beaucoup ont déjà manifesté contre le mariage pour tous en 2013. Comme Françoise, 79 ans, venue de Lille en car : "A partir du moment où on a accepté ça, le mariage pour tous, toutes les dérives étaient possibles".
Agriculteur bio, Christian est venu de Bretagne: "c'est pas très bio de fabriquer des enfants sans père. Cette loi elle n'est ni bio ni éthique. Dans 20 ou 30 ans, si je suis encore là, je pourrai dire que je me suis battu pour une juste cause".
Et dans le cortège, les enfants se sentaient déjà concernés. "Un père c'est indispensable. C'est la nature. Je suis là pour défendre les enfants", a déclaré Isaure, 12 ans, venue de Tours avec ses parents et trois de ses frères et sœurs.
Sur le parcours, des banderoles noires d'opposants ont été affichées sur un immeuble : "nos corps, nos vies nos choix", "ni dieu, ni maître, ni mari".
Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.
Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.
Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).