Convocation de Mathilde Panot pour apologie du terrorisme : « Il y a une volonté de faire taire, de la part du pouvoir en place », s’insurge Manuel Bompard

Invité de la matinale de Public Sénat, le coordinateur de la France Insoumise est largement revenu sur les accusations qui touchent son parti. La cheffe de file des députés insoumis, Mathilde Panot doit être auditionnée, demain, pour apologie du terrorisme tandis que Jean-Luc Mélenchon est visé par une plainte du gouvernement pour injures publiques. 
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Face à une remise en cause très grave de nos libertés fondamentales », Manuel Bompard a relayé l’appel de Mathilde Panot organisant un rassemblement pour la liberté d’expression, mardi 30 avril. Les accusations visant Mathilde Panot font suite au communiqué publié par La France Insoumise au lendemain de l’attaque du 7 octobre du Hamas contre Israël. Alors que Jean-Luc Mélenchon fait l’objet d’une plainte pour injures publiques de la part de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Sylvie Retailleau, Manuel Bompard déplore un climat délétère. 

Manuel Bompard dénonce une instrumentalisation du délit d’apologie du terrorisme 

« Il n’est pas possible que ce délit d’apologie du terrorisme soit utilisé pour empêcher toute mise en perspective historique d’un évènement », explique Manuel Bompard qui souhaiterait voir ce délit « supprimé du droit commun ». Surtout, pour le coordinateur de LFI, la convocation de Mathilde Panot s’inscrit dans une « volonté de faire taire de la part du pouvoir politique en place ». Le député insoumis se défend sur le fond, rappelant qu’ils ont condamné les actions du 7 octobre et leur « mode opératoire terroriste ». En outre, Manuel Bompard souligne la domination hiérarchique du garde des Sceaux sur les magistrats du parquet. Le ministre de la justice Éric Dupond-Moretti avait d’ailleurs publié une circulaire le 10 octobre pour apporter une réponse pénale rapide aux « propos vantant les attaques du Hamas ». La militante Franco-palestinienne Rima Hassan, en septième position sur la liste de la France insoumise pour les européennes est également convoquée. 

« Je suis fatigué par la paresse intellectuelle du débat et du traitement médiatique » 

Manuel Bompard a également vivement réagi aux accusations ciblant Jean-Luc Mélenchon, alors que Sylvie Retailleau a annoncé, hier, qu’elle allait porter plainte pour injures publiques. « Jean-Luc Mélenchon n’a jamais comparé le président de l’université de Lille à un nazi. Il a fait référence aux travaux d’Hannah Arendt », défend Manuel Bompard. Après l’annulation d’une conférence sur la Palestine à Lille, Jean-Luc Mélenchon avait fustigé la décision du président de l’Université de Lille faisant alors références aux réflexions d’Hannah Arendt sur « la banalité du mal » et en reprenant l’évocation d’Adolf Eichmann qui disait n’avoir fait qu’obéir aux lois. 

« Je suis fatigué par la paresse intellectuelle du débat et du traitement médiatique », continue le coordinateur de LFI. Concernant la plainte que la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche souhaite déposer, Manuel Bompard juge que Sylvie Retailleau « ferait mieux de s’occuper de l’état de nos universités en France plutôt que de faire des déclarations loufoques ». Alors qu’il qualifie cette plainte de ridicule, Manuel Bompard s’alarme d’un recul des libertés fondamentales et d’une hostilité croissante à l’égard de son parti. En parallèle, le coordinateur de LFI a rappelé le soutien qu’il apportait au blocage de Sciences Po Paris par des étudiants pro-palestiniens.  « Je souhaite que prennent de l’ampleur toutes les mobilisations qui permettent de faire pression sur le pouvoir », ajoute le député des Bouches-du-Rhône. 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Convocation de Mathilde Panot pour apologie du terrorisme : « Il y a une volonté de faire taire, de la part du pouvoir en place », s’insurge Manuel Bompard
4min

Politique

« Dans le monde politique et de l’entreprise, le pouvoir dénature les gens », observe Elisabeth Moreno

Si devenir ministre lui a permis de faire avancer la cause des femmes, elle a aussi, pendant deux ans, découvert l’envers du monde politique. Entre « carriérisme », environnement masculin et manque de soutien pour faire avancer le féminisme, Elisabeth Moreno revient sur ses combats, son expérience gouvernementale et les travers du pouvoir au micro de Rebecca Fitoussi, dans l’émission Un monde, un regard.

Le

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le

France Wildfires
2min

Politique

La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE : en quoi consiste ce dispositif ?

Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.

Le