Corée du Nord : la folle escalade ?
Invité de l’émission « On va plus loin, l’historien Pierre Rigoulot, spécialiste de la Corée du Nord, analyse l’escalade des tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis.

Corée du Nord : la folle escalade ?

Invité de l’émission « On va plus loin, l’historien Pierre Rigoulot, spécialiste de la Corée du Nord, analyse l’escalade des tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis.
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Le 1er décembre, la Corée du Nord a fêté en grande pompe le tir de missile balistique intercontinental testé quelques jours auparavant et qui a fait dire à Kim Jong-Un que son pays était devenu un État nucléaire. De leurs côtés, les États-Unis et la Corée du Sud ont lancé, lundi 4 décembre, de vastes exercices aériens. Et si ces exercices sont effectués tous les ans, conjointement par les deux pays, ils sont réalisés cette fois, dans une période de tension extrême avec les Nord-Coréens.

Pierre Rigoulot, historien, spécialiste de la Corée du Nord n’exclut pas, bien au contraire, que le pays totalitaire soit effectivement devenu un État nucléaire : « Les progrès dans le domaine balistique et dans le domaine nucléaire, faits récemment par les Coréens du Nord, font penser qu’il y a de grande chance qu’ils le soient. Bien fol serait celui qui risquerait (…) à jouer avec cette incertitude. »

L’historien estime que les Nord-Coréens vont continuer sur leur lancée : « La Corée du Nord est un État totalitaire dans lequel le pouvoir politique mise sur sa situation de forteresse assiégée par le monde entier, pour non seulement s’armer, mais pour réunir, rassembler, mobiliser la population derrière le chef (…). Alors, il n’y a pas de raison malheureusement que cela s’arrête, c’est ça le problème. (…). Déjà la Corée du Nord avait la force de dissuasion sous la forme de missiles traditionnels. N’oubliez pas que Séoul est à 60 kilomètres de la frontière, que le Japon est à quelques centaines de kilomètres de la Corée du Nord. Et par conséquent, les grandes villes de la Corée du Sud comme du Japon, sont susceptibles d’être détruites, déjà depuis des années, par la Corée du Nord. Cela fait réfléchir tout agresseur éventuel. »

Que pèsent alors les sanctions et les discours menaçants à l’encontre des Nord-Coréens ?  « Il faut reconnaître que les sanctions même si elles font mal, ne sont pas susceptibles de faire plier actuellement la Corée du Nord » juge l’historien. Et d’ajouter : « [Ce] qui pourrait éventuellement [la] mettre à genoux, c’est la coupure du pipeline qui va de Chine à la Corée du Nord. C'est-à-dire les importations de pétrole. [Mais] (…) les Chinois ne tiennent pas à voir s’effondrer leur petit allié (…) nord-coréen, car le vide, s’ils s’effondraient, serait remplacé par la Corée du Sud, alliée des Américains. »

 

Et alors que certains s’inquiètent même de l’état mental des deux dirigeants américain et nord-coréen, Pierre Rigoulot reste serein : « Moi, je dis que ni Kim-Jung-Un, ni Donald Trump ne sont fous. Ils sont les représentants de deux logiques différentes. Kim-Jung-Un (…) constitue une force nucléaire, qui répond à des besoins de politique extérieure (…) et de politique intérieure (…). Et Donald Trump (…) continue ce qui a été la politique des précédents présidents américains, certes avec d’autres méthodes, Obama y compris : empêcher à tout prix, le développement de la prolifération nucléaire. »

En revanche, le spécialiste de la Corée du Nord est d’avis que la situation est tout de même « un peu plus inquiétante » qu’auparavant : « Que vont faire les Américains, que va faire le Conseil de sécurité ? Quelles peuvent être leurs ripostes au développement du nucléaire nord-coréen ? Nous ne le savons pas encore. Toutes les options sont sur la table, pour reprendre la formule de Trump. »

 

Retrouvez l'interview de Pierre Rigoulot en intégralité :

OVPL Interview Pierre Rigoulot, spécialiste de la Corée du Nord (en intégralité)
08:09

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