Coronavirus : 4,1 millions de foyers recevront une aide exceptionnelle des caisses d’allocations familiales
La Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF) a confirmé et précisé les mesures votées pour venir en aide aux familles les plus modestes.  Près d’un milliard d’euros sera versé le 15 mai prochain.

Coronavirus : 4,1 millions de foyers recevront une aide exceptionnelle des caisses d’allocations familiales

La Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF) a confirmé et précisé les mesures votées pour venir en aide aux familles les plus modestes.  Près d’un milliard d’euros sera versé le 15 mai prochain.
Public Sénat

Par Alizé Boissin

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Assurer « une continuité des prestations », c’est l’engagement du directeur général de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), Vincent Mazauric et de sa présidente, Isabelle Sancerni. Ils étaient auditionnés par la commission des affaires sociales du Sénat. Les sénateurs ont notamment demandé des précisions concernant l’organisation de la CNAF et la répartition de « l’aide exceptionnelle de solidarité » annoncée par Emmanuel Macron le 13 avril dernier. En première ligne, compenser pour les familles le surcoût induit par la fermeture des écoles et des cantines.

 

L’aide sera versée sous forme de virement bancaire à tous les allocataires du revenu de solidarité active (RSA) ou de l’allocation de solidarité spécifique (ASS). Chaque foyer percevra 150€, auxquels s’ajoutent 100€ par enfant à charge. D’après Vincent Mazauric, « 4,1 millions de foyers sont touchés par cette aide ». Un système « complètement automatique » assure le directeur général, que les caisses d’allocations familiales verseront en une seule fois le 15 mai prochain. Coût du dispositif : « environ 900 millions d’euros » estime-t-il. Une somme avancée par les caisses qui devront ensuite être remboursées par l’État. Quant à l’inquiétude de certains sénateurs, comme René Paul Savary, vice-président de la commission, de voir un déficit se creuser, il demande : « êtes-vous certain que l’État va payer et ne pas se retourner vers les départements ? » Le directeur estime n’avoir « pas de raison d’imaginer des difficultés, mais il faudra sans doute imaginer un projet de loi de finances rectificative ».

 

Organisation en télétravail

 

À la demande du sénateur René-Paul Savary, les auditionnés sont revenus sur l’organisation des 101 caisses d’allocations familiales depuis le confinement. La CNAF compte près de 32 000 employés dont 15 000 dédiés à l’accueil des usagers. Un véritable branle-bas de combat. « Notre capacité de télétravail était au départ de 4000 personnes, nous avons réussi à les doubler. Nous sommes désormais à 11 000, notre objectif est de parvenir à 18.000 ». Pourtant Vincent Mazauric l’assure « 80% de notre production, si j’ose dire, est normale ».

 

Fracture numérique

Face à la nouvelle organisation du travail et à la fermeture des agences, la CNAF a relancé le processus de dématérialisation des services. Elle a ainsi lancé un nouveau dispositif de demandes de prestations 100% en ligne qui permet d’envoyer tous les documents nécessaires à la constitution d’un dossier. Tout peut donc se faire en ligne, et notamment les demandes d’allocations de soutien familial, une prestation qui concerne 787 000 parents isolés. 

Des démarches en lignes qui inquiètent la sénatrice de la Loire-Atlantique Michelle Meunier : « que faire pour un public qui n’est pas habitué à l’outil informatique ? » Une population que le directeur général de la CNAF estime à 20%. Pour surmonter cet obstacle, « les agents la démarchent pour l’allocataire, c’est de la co-production ».

 

Inégalités des crèches

 

Les deux représentants de la CNAF sont également longuement revenus sur l’accueil des jeunes enfants en crèches. Depuis la pandémie, les pouvoirs publics les ont autorisées à rester ouvertes. Mais beaucoup d’entre elles ont choisi de garder portes closes, soit pour préserver la santé des enfants, soit parce qu’elles n’avaient plus assez de professionnels pour fonctionner normalement.

 

La Caisse nationale d’allocation familiale a décidé de verser une aide financière « exceptionnelle » aux crèches fermées. Isabelle Sancerni a rappelé le montant de cette aide : « 27 euros par place fermée et par jour pour les crèches publiques et 17 euros par place et par jour pour les crèches privées ». Un dispositif qui exclut les « micro-crèches ». A mi-chemin entre la crèche traditionnelle et l’assistante maternelle, la micro-crèche accueille dix enfants maximum. Cette structure représente 10% des places en France. Une différence de traitement critiquée par la sénatrice de la Mayenne, Elisabeth Doineau. Lors de l’audition, l’élue a dit regretter que les micro-crèches « soient peu prises en considération ». La sénatrice a également insisté sur la différence du montant de l’aide entre les crèches privées et publiques. Le directeur général a expliqué cette inégalité par la capacité des crèches privées à faire appel au chômage partiel : « c’est une différence pragmatique ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le