Coronavirus : des assesseurs et militants paient le prix des municipales
Des assesseurs et présidents de bureau de vote testés positifs, des militants et candidats contaminés : les bénévoles et les élus...

Coronavirus : des assesseurs et militants paient le prix des municipales

Des assesseurs et présidents de bureau de vote testés positifs, des militants et candidats contaminés : les bénévoles et les élus...
Public Sénat

Par Dominique CHABROL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Des assesseurs et présidents de bureau de vote testés positifs, des militants et candidats contaminés : les bénévoles et les élus qui ont participé à la campagne électorale et au premier tour des municipales ont été sérieusement touchés par la propagation du coronavirus.

Des mesures de protection ont été prises -du gel hydroalcoolique, des gants, pas de file d'attente...- mais ça n'a pas suffi. Dix jours après le premier tour, des volontaires sont positifs au virus et leur colère ne faiblit pas contre la décision de maintenir le scrutin.

A Billom dans le Puy-de-Dôme, une femme de 62 ans qui tenait un bureau de vote a été hospitalisée et testée positive, selon le maire réélu, Jean-Michel Charlat. L'élu est passé ce jour-là "dans tous les bureaux de vote" et a lui-même de la fièvre. Le CHU de Clermont-Ferrand, où l'assesseure a été admise, lui a toutefois dit qu'elle avait pu être contaminée bien avant, précise-t-il.

A Mitry-Mory (Seine-et-Marne), l’un des assesseurs est à l’hôpital dans un état inquiétant, atteint par le Covid-19, a indiqué à l'AFP un candidat dans cette commune de Seine-et-Marne.

Des suspicions de contamination le jour du scrutin ont également été signalées par les élus et candidats en Seine-Saint-Denis, à Versailles, dans le Val d'Oise (Franconville) ou le XVIIe arrondissement de Paris.

"Dans le bureau, il n'y avait pas un mètre entre chaque assesseur, on était les uns contre les autres", confie Ronan Arveuf, candidat et assesseur du bureau N°7 à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) où une quinzaine de personnes se sont relayées toute la journée, et la ville comptait une trentaine de bureaux de vote.

Le premier tour a mobilisé plusieurs centaines de milliers de personnes dans le pays pour organiser le scrutin. Si le lien n'est pas clairement établi entre ces contaminations et les opérations de vote, la pandémie a également fait des dégâts parmi ceux qui ont fait campagne pendant parfois plusieurs mois.

- "Une hécatombe parmi les militants" -

En Seine-Saint Denis, c'est "une hécatombe parmi les militants" qui ont fait campagne et "il n'y a pas de raison que ce ne soit pas le cas ailleurs", résume le député LFI Eric Coquerel. "Comme il n'y a pas de tests, c'est compliqué" de recenser précisément les cas, mais "beaucoup de gens sont testés positifs" et certains ont des symptômes, a-t-il assuré à l'AFP. Sur la liste qu'il soutenait, "une dizaine de personnes" sont, selon lui, concernées.

Selon Ronan Arveuf, au moins une quinzaine de personnes qui ont fait campagne à Saint-Ouen ont eu des symptômes ou sont tombées malades.

La plupart des candidats n'ont suspendu leur campagne que quelques jours avant le premier tour pour respecter les mesures de précaution.

A Marseille, plusieurs membres de l'équipe de Martine Vassal, dont la candidate LR elle-même, mais aussi le candidat LREM Yvon Berland ont été testés positifs, comme le maire sortant de Nice, Christian Estrosi.

Les critiques flambent contre la décision de l'exécutif de maintenir le premier tour le 15 mars. "Ca a vraiment été une folie", dit Eric Coquerel qui a eu lui-même des symptômes.

Même réaction du maire de Billom : "L'idéal aurait été d'annuler ce premier tour. Mais nous étions en fin de campagne et nous avions hâte que cela se termine, y compris moi".

Sur les réseaux sociaux, les réactions alternent entre colère et inquiétude.

"Moi aussi j'ai été secrétaire d'un bureau de vote... et je compte les jours pour être sûre de ne pas avoir été contaminée. Je ne comprends pas pourquoi les élections ont été maintenues... Ils nous ont mis en danger", s'inquiète la Niçoise Anne-Christel Cook sur Twitter.

Une autre personne s'insurge : "Et si on parlait des employés de mairie qui ont bossé AVANT PENDANT APRES ces élections. Et qui ont halluciné de constater que les Présidents et assesseurs ne prenaient aucune précaution!...".

Partager cet article

Dans la même thématique

Israel-US Strike Iran: Iran Retaliates Against Tel Aviv
6min

Politique

Guerre au Moyen-Orient : le conflit s’intensifie, des explosions entendues à Doha

Les explosions ont rythmé la nuit de mercredi à jeudi, de Jérusalem à Téhéran en passant par Beyrouth et le Kurdistan irakien, dans une guerre qui n’en finit pas de s’étendre à travers le Moyen-Orient, suscitant de vives inquiétudes pour l’économie mondiale. Le Qatar est ciblé, ce matin, par une « attaque de missiles » iraniens.

Le

candidat à Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : à Paris, la campagne se joue-t-elle désormais à coup de likes ? 

À l’approche des élections municipales de 2026, la campagne parisienne se déploie massivement sur les réseaux sociaux. Vidéos courtes, stratégies d’influence et recours à l’intelligence artificielle redéfinissent les codes de la communication politique locale. Mais derrière la course aux vues, des experts interrogent l’impact réel de ces nouveaux outils sur le vote et la démocratie.

Le

Legislatives 2024:  Bureau de vote
8min

Politique

« A quoi bon aller voter car nous avons une seule liste cette fois ? » : les petites communes face au risque de hausse de l’abstention aux municipales

Les deux tiers des communes, essentiellement celles de petite taille, n’ont qu’une seule liste pour les élections municipales. C’est la conséquence directe de la réforme du mode de scrutin pour les communes de moins de 1000 habitants. Il en découle un autre effet : le risque de voir l’abstention progresser dans ces territoires souvent ruraux. C’est la crainte des élus et des sénateurs.

Le