Coronavirus en France: nouveau conseil de défense, le confinement risque de durer
Emmanuel Macron réunit vendredi matin un nouveau conseil de défense consacré à la crise du coronavirus, au quatrième jour d'un confinement que...
Par Anne CHAON avec les bureaux de l'AFP
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Emmanuel Macron réunit vendredi matin un nouveau conseil de défense consacré à la crise du coronavirus, au quatrième jour d'un confinement que les autorités jugent insuffisamment respecté et qui risque fort de se prolonger au-delà des quinze jours prévus initialement.
Avec le Premier ministre Edouard Philippe et les principaux ministres concernés, le président devrait notamment faire le point sur la mise en oeuvre des mesures de restriction de circulation qu'il a annoncées lundi.
Le confinement imposé en France pour tenter de ralentir l'épidémie galopante de coronavirus, encore largement transgressé, devrait "très vraisemblablement" être prolongé au-delà des deux semaines initiales, de l'avis des autorités sanitaires.
Il faudra attendre "entre deux et quatre semaines" pour en observer les effets sur la dynamique de l'épidémie, a estimé la directrice générale de l'agence sanitaire Santé publique France, Geneviève Chêne.
Les restrictions ont convaincu jeudi le Festival de Cannes, le plus grand rendez-vous du cinéma mondial, prévu du 12 au 23 mai, à annoncer son possible report "fin juin, début juillet".
Mais les Français semblent avoir du mal à prendre conscience de la réalité. En visite jeudi à l'Institut Pasteur à Paris, Emmanuel Macron a regretté qu'ils prennent "à la légère" les consignes et continuent de traîner dehors, profitant du beau temps.
Cent mille membres des forces de l'ordre ont été déployés, infligeant une amende forfaitaire de 135 euros en cas de "violation des interdictions de se déplacer hors de son domicile".
- "Rapide et intense" -
"Plus nous serons mobilisés, plus nous casserons vite la courbe épidémique, c'est un combat collectif" a insisté jeudi le Pr Salomon, directeur général de la Santé (DGS), en annonçant 372 décès comptabilisés depuis le début de l'épidémie (108 supplémentaires en 24 heures) et 4.761 hospitalisations.
Un hélicoptère militaire décolle de l'hôpital Emile-Muller à Mulhouse, le 19 mars 2020
AFP
Depuis mercredi soir, 91 cas lourds ont rejoint les services de réanimation, portant leur total à 1.122. "Les cas de contamination doublent tous les quatre jours", a averti le DGS.
Dans un communiqué au chef de l'Etat, l'Intersyndicale nationale des internes a appelé les autorités à "cesser les demi-mesures et les discours équivoques" et réclamé un "confinement total et absolu de l'ensemble de la population". Autrement, "nous devrons faire des choix", préviennent-ils.
Des gendarmes patrouillent sur la plage du Grand Crohot près de Lège-Cap-Ferret (Gironde) le 19 mars 2020
AFP
Les préfets ont haussé le ton jeudi et fermé les plages de tout l'arc méditerranéen, de la Corse et de nombreux départements de la façade atlantique. Ceux des Yvelines, du Val-de-Marne et du Val-d'Oise ont interdit les parcs, jardins publics, forêts et promenades au bord de l'eau, le premier dénonçant le "comportement irresponsable" de certains Franciliens.
Les restrictions pèsent lourd dans les prisons, où les visites ont été suspendues: "Plus de parloir, plus de projection, ça veut dire plus de stupéfiants. Ça va chauffer en détention s'il n'y a pas de shit", prédit Tariq, 31 ans, joint par l'AFP dans une maison d'arrêt en région parisienne.
- "Difficultés logistiques" -
Désormais 157 établissements de référence accueillent des malades du coronavirus.
Un véhicule de l'Armée est stationné près de l'hôpital Emile Muller de Mulhouse, le 19 mars 2020
AFP
Dans la région de Mulhouse, l'un des foyers majeurs du virus en France, "le déploiement d'un hôpital militaire se met en place et pourra accueillir des malades lourds dans les tous prochains jours", a assuré le Pr Salomon.
Le gouvernement a reconnu des "difficultés logistiques" dans la fourniture de masques, alloués "en priorité aux soignants", qui s'alarment pourtant de leur dénuement.
Outre le déstockage de 5 millions de masques chirurgicaux des Armées, 25 millions de masques sont en cours de livraison aux pharmacies et établissements de soins.
Ces équipements sont "réservés aux professionnels de santé" a rappelé jeudi le DGS.
Cependant, de nombreuses professions en contact avec le public en réclament aussi, comme les policiers, les livreurs, les éboueurs ou les professionnels du bâtiment.
- "Etat d'urgence" -
Avant l'aube vendredi, le Sénat, en comité restreint, a voté en première lecture le projet de loi permettant l'instauration d'un état d'urgence sanitaire, accompagné de mesures pour soutenir l'économie.
Un homme porte un masque pour se protéger du coronavirus, dans un tramway à Bordeaux le 19 mars 2020
AFP
Quelques heures auparavant, l'Assemblée nationale avait voté à l'unanimité le projet de loi de finances rectificative destiné à faire face aux conséquences de l'épidémie. Le texte anticipe un lourd impact du coronavirus sur l'économie, avec un recul de 1% du PIB en 2020 et un déficit public de 3,9 %.
Les deux textes doivent maintenant faire la navette entre les deux chambres, dans l'objectif d'une adoption définitive avant la fin de la semaine.
Le gouvernement a décidé in extremis de reporter les réunions de conseils municipaux élus au premier tour, prévues de vendredi à dimanche pour désigner les maires. Elles paraissaient "aberrantes" en ces circonstances.
Le président Macron a exhorté les entreprises à faire preuve de "responsabilité civique" et appelé les salariés à poursuivre leur activité "dans le respect des règles de sécurité sanitaire". La ministre du Travail Muriel Pénicaud a rappelé que la poursuite de l'activité économique était nécessaire "pour que la nation puisse continuer à fonctionner".
Pour faciliter les réapprovisionnements, une autorisation exceptionnelle de circulation dimanche sera accordée à tous les poids lourds, a annoncé jeudi le ministère de la Transition écologique.
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La question d’un report des élections municipales de 2032 est à l’étude au ministère de l’Intérieur, en raison de la proximité d’un trop grand nombre de scrutins, notamment la présidentielle. Si le calendrier devait être révisé, et avec lui la durée du mandat des maires élus l’an prochain, cela nécessiterait une loi. Ce serait loin d’être une première sous la Ve République.
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