Coronavirus : face au choc pour l’économie, le gouvernement présente un budget rectificatif
Baisse de 1% de la croissance, recettes fiscales en recul de 10,7 milliards d’euros, hausse des dépenses de 6,3 milliards, déficit à 3,9%, dette supérieure à 100% du PIB et impact sur l’emploi… La crise sanitaire liée au coronavirus se transforme en crise économique.

Coronavirus : face au choc pour l’économie, le gouvernement présente un budget rectificatif

Baisse de 1% de la croissance, recettes fiscales en recul de 10,7 milliards d’euros, hausse des dépenses de 6,3 milliards, déficit à 3,9%, dette supérieure à 100% du PIB et impact sur l’emploi… La crise sanitaire liée au coronavirus se transforme en crise économique.
Public Sénat

Par Public Sénat (avec AFP)

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La crise du coronavirus se transforme en crise économique. La situation sanitaire et le confinement, afin de réduire les échanges, donnent un coup d’arrêt à la croissance. C’est pour prendre en compte ces changements qu’un projet de loi de finances rectificative a été présenté ce mercredi en Conseil des ministres, en même temps que le projet de loi sur les mesures d’urgence, publié par publicsenat.fr (voir notre article). Ce budget rectificatif sera examiné jeudi à l'Assemblée nationale puis vendredi au Sénat.

Déficit public de 3,9% au lieu de 2,2%

Le gouvernement prévoit, comme déjà annoncé par Bruno Le Maire, une chute du PIB de 1%, ainsi que des recettes fiscales nettes en 2020 largement inférieures de 10,7 milliards d'euros. Soit des recettes désormais prévues à 282,3 milliards d'euros, contre 293 milliards prévus dans la loi de finances votée à l'automne.

Dans le détail, l'impôt sur les sociétés devrait rapporter 6,6 milliards d'euros de moins que prévu, tandis que les recettes de la TVA, qui dépendent avant tout de la consommation, devraient diminuer de 2,2 milliards, et celles de l'impôt sur le revenu de 1,4 milliard. Les dépenses de l’Etat vont elles se creuser de 6,3 milliards d'euros, le solde de son budget général va se dégrader de 15,4 milliards d'euros.

Gérald Darmanin avait déjà prévenu mardi que le déficit public, prévu à l’origine à 2,2% du PIB pour cette année, serait finalement de 3,9%, très au-delà de la limite de 3% du PIB prévue par les traités européens.

Avec des recettes en moins et des dépenses en plus, la dette publique passera au-dessus de la barre symbolique des 100% du PIB.

« La baisse de l'activité aurait un impact négatif sur l'emploi »

Le ministère de l'Economie, Bruno Le Maire, et celui des Comptes publics, Gérald Darmanin, avertissent également que la crise aura un effet sur l'emploi. « La baisse de l'activité aurait un impact négatif sur l'emploi et sur la masse salariale, compensée en partie par les mesures de chômage partiel et d'indemnisation prises par le gouvernement. Au total, sur l'ensemble de l'année 2020, la consommation reculerait d'environ -2 % », selon le texte obtenu par l'AFP.

« La consommation subirait une baisse marquée et temporaire, cette baisse se concentrant en priorité sur certains secteurs, au premier rang desquels l'hébergement et la restauration, les loisirs et la culture, les transports ainsi que sur d'autres secteurs dont la consommation n'est pas indispensable », détaille le gouvernement. Quant à l'inflation, elle chute aussi à +0,6% en 2020, après +1,1% en 2019.

Les exportations vont reculer

Par ailleurs, l'investissement « serait affecté par le ralentissement général de l'activité ». Logiquement, les exportations françaises vont aussi pâtir du contexte où toutes les économies se retrouvent fortement impactées. En effet, les mesures prises pour ralentir la propagation de l'épidémie entraînent « un effet négatif très prononcé sur l'activité des autres pays et ainsi, sur la demande mondiale adressée à la France » prévoit le projet de loi.

Le ministère de l'Economie reconnaît cependant être dans « l'impossibilité d'évaluer avec précision à ce stade la durée des mesures nécessaires pour juguler l'épidémie, ainsi que la persistance dans le temps des effets économiques de l'épidémie sur le territoire national ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Coronavirus : face au choc pour l’économie, le gouvernement présente un budget rectificatif
4min

Politique

VSS dans le sport : « On est passé de 10 cas à 400 par an » alerte ce sénateur

Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
9min

Politique

Sénatoriales : après les municipales, le groupe LR pourrait « perdre de 3 à 5 sièges », face à la poussée du RN

Les municipales permettent déjà de faire des projections sur les sénatoriales de septembre 2026. Sur le papier, les LR craignent de perdre 3 à 5 sièges, mais le scrutin de 2029 s’annonce meilleur. Au groupe centriste, son président Hervé Marseille mise sur une « forme de stabilité ». Globalement, le sénateur LR Roger Karoutchi assure qu’« il n’y a pas de risque sur la majorité sénatoriale », qui restera « très large ».

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
4min

Politique

Présidentielle : les adhérents LR désignent Bruno Retailleau comme candidat

Le président des Républicains a été investi par son parti pour l’élection présidentielle ce dimanche, à la suite d’un vote en ligne des adhérents. La confirmation de la candidature de Bruno Retailleau était une étape nécessaire, mais n’épuise pas les questions sur la suite de la campagne présidentielle à droite. 

Le