Coronavirus : « Il faudrait prendre le risque peut-être de pénaliser l’économie pour endiguer l’épidémie », selon Fabien Roussel
Le secrétaire national du Parti communiste français estime qu’il faut « répondre à l’angoisse des gens » et « aller plus loin que ce que préconisent les scientifiques » dans la réponse à apporter face à la progression du virus Covid-19 en France.

Coronavirus : « Il faudrait prendre le risque peut-être de pénaliser l’économie pour endiguer l’épidémie », selon Fabien Roussel

Le secrétaire national du Parti communiste français estime qu’il faut « répondre à l’angoisse des gens » et « aller plus loin que ce que préconisent les scientifiques » dans la réponse à apporter face à la progression du virus Covid-19 en France.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le nombre de personnes porteuses du coronavirus progresse en France. Selon Santé publique France, il s’élève ce lundi soir à 191, 61 de plus que dimanche. Invité de l’émission Audition publique, sur Public Sénat, LCP-AN et Le Figaro Live, le député PCF Fabien Roussel a insisté sur la nécessité d’y répondre avec le principe de précaution. « La responsabilité des politiques, c’est d’aller plus loin que les scientifiques. On doit répondre à l’angoisse des gens et on doit prendre des mesures de précaution », a-t-il expliqué.

Certaines mesures de la « phase 2 » de la gestion de crise laissent sceptique le député du Nord. L’annulation du semi-marathon de Paris ce week-end, bien que l’interdiction des rassemblements de plus de 5000 personnes ne s’applique qu’en milieu confiné, pourrait laisser présager le pire, selon lui. « J'espère qu'il n'y aura pas des mesures d'interdiction qui se prendront contre les manifestations. »

Coronavirus : Roussel « espère qu'il n'y aura pas des mesures d'interdiction contre les manifestations »
01:31

« Est-ce qu’il n’aurait pas fallu maintenir ces périodes de confinement ? »

Le parlementaire s’interroge aussi sur le changement de stratégie vis-à-vis des personnes de retour de foyers épidémiques, comme la Lombardie ou la Vénétie en Italie. « Est-ce qu’il n’aurait pas fallu maintenir ces périodes de confinement pour ceux qui viennent des zones à risque ? » s’interroge le député communiste, qui considère que ces situations génèrent de « l’angoisse » dans la population.

Soutenant les droits de retrait exercés par certains salariés, comme au Louvre, Fabien Roussel est en revanche peu favorable aujourd’hui à un report des élections municipales des 15 et 22 mars. « On verra où ça en sera dans 15 jours » mais « « dans les bureaux de vote, il n’y a pas tant de monde que ça » au même moment, a-t-il expliqué. Et d’ajouter : « Je ne comprendrais pas que l’on imagine ça, et qu’en même temps, les temples de la consommation, les grandes surfaces, tous ces lieux où se concentrent des milliers de personnes – confinés pour le coup – ceux-là, continuent de fonctionner. »

Fabien Roussel « s’interroge » sur le sens de certains arbitrages, qui pourraient avoir pour objectif, selon lui, de ne « pas abîmer l’économie nationale ». « Là-dessus, il faudrait prendre le risque, peut-être, de pénaliser l’économie pour endiguer l’épidémie », a-t-il estimé, au nom de la santé publique.

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le