Coronavirus: l’opposition critique la venue des supporteurs de la Juventus à Lyon
De Marine Le Pen à Ségolène Royal, plusieurs figures de l'opposition ont critiqué mercredi l'autorisation donnée aux supporteurs...

Coronavirus: l’opposition critique la venue des supporteurs de la Juventus à Lyon

De Marine Le Pen à Ségolène Royal, plusieurs figures de l'opposition ont critiqué mercredi l'autorisation donnée aux supporteurs...
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De Marine Le Pen à Ségolène Royal, plusieurs figures de l'opposition ont critiqué mercredi l'autorisation donnée aux supporteurs de la Juventus Turin de se rendre à Lyon en pleine crise du coronavirus, autorisation toujours défendue par le gouvernement et la majorité.

"Je crois qu'il n'est pas raisonnable de les accueillir et que nous sommes encore confrontés là à une incohérence de la part du gouvernement", a dénoncé la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen sur France Inter.

L'Olympique Lyonnais accueille la Juventus en 8e de finale aller de la Ligue des Champions, mercredi à 21H00 au Groupama Stadium, situé à Décines-Charpieu dans l'est lyonnais. Près de 3.000 supporters italiens sont attendus, alors que l'Italie est le pays européen le plus touché avec plus de 370 cas et 12 morts.

"Partisan d'un principe de précaution", le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a jugé sur Cnews qu'il aurait fallu au moins "interdire" leur arrivée, dénonçant une gestion "totalement irresponsable" et "une forme d'incohérence": les enfants rentrant d'Italie sont mis en quarantaine mais on "fait venir au moins 3.000 personnes" d'"une zone à très hauts risques".

A gauche, Ségolène Royal a estimé sur France 2 que cette décision "paraît incohérente" et que "l'opinion ne la comprend pas".

"Peut-être que le gouvernement a des informations qu'en tout cas le public n'a pas, mais je pense que pour éviter le déclenchement de panique, il faut considérer que le peuple français est mature, qu'il a la capacité de comprendre, à condition qu'il ait le sentiment qu'on lui dit" les choses, a insisté l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007.

"Est-ce raisonnable d'accueillir ce match?", s'est interrogé le député LFI Alexis Corbière devant l'Association des journalistes parlementaires. Selon lui, "on doit faire preuve d'une grande vigilance" même si "pour l'instant la situation en France est maitrisée".

Gouvernement et majorité ont défendu la décision.

"Il n'y a pas lieu d'empêcher" les supporters italiens de se rendre au match, car "il n'y a pas de malades identifiés à Turin", qui "se situe à 200 kilomètres des zones dites à risque italiennes", a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran lors du compte-rendu du conseil des ministres.

Il a également précisé que les supporteurs italiens seraient "dans une tribune dédiée" et qu'un "système d'information rapprochée" serait mis en place.

"Quand il s'agit de crise sanitaire il faut savoir raison garder, parce que quand on a des aspirations à gouverner - je pense en particulier à Marine Le Pen - on doit être capable d'avoir les rênes du pays bien en main et ne pas céder à la panique", a taclé Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, à la sortie du conseil des ministres.

"A ce stade, aucun épidémiologiste dans les collèges d'experts dont nous disposons ne recommande la fermeture de nos frontières", a-t-elle ajouté.

"Aujourd'hui, les experts de veille sanitaire et de santé publique disent qu'il n'est pas nécessaire" d'interdire la venue des supporteurs, a souligné sur BFMTV Gabriel Attal, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale.

Quant au patron de LREM, Stanislas Guerini, il refuse de se prononcer, jugeant que c'est aux "autorités de santé", et pas aux politiques, de trancher.

"Quand on fait face à un virus, à une pandémie, il faut avoir un esprit de responsabilité et je crois que les politiques doivent respecter ce que disent les autorités scientifiques", a-t-il argué sur BFM Business.

M. Attal a jugé "gravissimes" les propos de Marine Le Pen, qui avait appelé dès mardi à rétablir des contrôles aux frontières, y voyant "une instrumentalisation politique" de la part de la présidente du RN dont "le fond de commerce" est, selon lui, "la peur et les inquiétudes des Français".

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