Coronavirus: la France atteint les 100 cas, les grands rassemblements annulés
Avec 100 cas avérés depuis fin janvier, la France est devenue le deuxième foyer du coronavirus en Europe après l'Italie, conduisant les...

Coronavirus: la France atteint les 100 cas, les grands rassemblements annulés

Avec 100 cas avérés depuis fin janvier, la France est devenue le deuxième foyer du coronavirus en Europe après l'Italie, conduisant les...
Public Sénat

Par Paul RICARD, Raphaël HERMANO

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Avec 100 cas avérés depuis fin janvier, la France est devenue le deuxième foyer du coronavirus en Europe après l'Italie, conduisant les autorités à annuler les grands rassemblements en milieu fermé ou certains événements comme le semi-marathon de Paris.

L'intensification de l'épidémie commence à avoir des effets concrets sur la vie quotidienne de tous les Français.

Cette "politique de prévention plus stricte" a pour objectif de "limiter la diffusion du virus par le brassage des populations", a expliqué samedi le ministre de la Santé Olivier Véran.

Conseil de Défense consacré au coronavirus, le 29 février 2020 à Paris
Conseil de Défense consacré au coronavirus, le 29 février 2020 à Paris
POOL/AFP

Ces mesures ont été décidées lors d'un Conseil de défense et un Conseil des ministres exceptionnels présidés par Emmanuel Macron. Elles correspondent au passage au stade 2 de l'épidémie, annoncé vendredi, sur une échelle de 3.

Elles surviennent alors que la France a symboliquement atteint samedi soir les 100 cas depuis la fin du mois de janvier. Dans le détail : 12 personnes sont guéries, 2 sont mortes et 86 hospitalisées, dont 9 dans un état grave, a détaillé le numéro deux du ministère de la Santé Jérôme Salomon.

Pour faire face à cette accélération, "tous les rassemblements de plus de 5.000 personnes en milieu confiné seront annulés", a indiqué M. Véran, comme la dernière journée du Salon de l'agriculture dimanche à Paris.

Idem pour les rassemblements "en milieu ouvert quand ils conduisent à des mélanges avec des populations issues de zones où le virus circule possiblement".

Le semi-marathon de Paris, qui devait avoir lieu dimanche, correspond à cette définition: l'événement rassemble généralement 40.000 participants, et beaucoup de monde en plus sur les trottoirs.

En revanche, les matchs de foot de Ligue 1 de ce week-end ne sont pas concernés, a précisé M. Véran.

Coronavirus : les hôpitaux habilités
Infographie expliquant les différents type d'hôpitaux habilités à prendre en charge des patients atteints de Covid-19
AFP

Parmi les événements annulés cités "à titre d'exemple" figurent "le carnaval d'Annecy du 6 au 8 mars" et le salon immobilier Mipim de Cannes, décalé à juin.

"Ces mesures sont provisoires et nous serons sans doute amenés à les faire évoluer, ce sont des mesures contraignantes et nous souhaitons paradoxalement qu'elles durent un peu, parce que cela voudrait dire que nous parvenons à contenir la propagation du virus", a ajouté M. Véran.

"A ce stade il n'y a pas lieu d'envisager l'annulation des élections municipales" prévues les 15 et 22 mars, a-t-il dit.

- Hosties et bénitiers -

Des mesures encore plus strictes ont été prises pour les deux principaux foyers de propagation du virus en France, l'Oise (36 cas à elle seule) et la commune de La Balme-de-Sillingy en Haute-Savoie. Dans ce département et cette commune, "tous les rassemblements seront interdits jusqu'à nouvel ordre".

Olivier Véran et Sibeth Ndiaye font le point sur l'épidémie de Coronavirus, le 29 février 2020 à l'issue d'un Conseil des ministres exceptionnel
Olivier Véran et Sibeth Ndiaye font le point sur l'épidémie de Coronavirus, le 29 février 2020 à l'issue d'un Conseil des ministres exceptionnel
AFP

Dans les cinq communes de l'Oise particulièrement touchées (Creil, Crépy-en-Valois, Vaumoise, Lamorlaye, Lagny-le-Sec) ainsi qu'à la Balme, "nous recommandons aux habitants de limiter leurs déplacements" et "si possible recourir au télétravail", a précisé M. Véran.

Dans les cinq communes de l'Oise, "les établissements scolaires qui comptent des cas contact et qui présentent donc un risque plus élevé ne rouvriront pas lundi", selon M. Véran.

Une "démarche d'évaluation" va être mise en place pour déterminer "quels enfants tester" et "nous n'hésiterons pas à fermer des établissements si nécessaire".

Dans la mesure où le virus "circule déjà" en France, "il n'y a plus vraiment de raison de confiner des personnes qui reviendraient de zones que nous avions classées en orange", a poursuivi le ministre. Conséquence: les élèves de retour de Lombardie et de Vénétie, deux des régions touchées en Italie, "pourront retourner dès à présent à l'école."

"Il faut être prudent et concentré, je ne veux pas du tout jouer sur l'inquiétude parce que notre système sanitaire est solide et parce que nous avons toutes les armes pour faire face", a commenté le Premier ministre Edouard Philippe au journal télévisé de 20h00 TF1.

L'un des enjeux des jours à venir sera d'éviter les contaminations parmi le personnel soignant.

Ainsi, trois soignants de l'hôpital Tenon à Paris, où est hospitalisé l'un des cas graves recensés dans l'Oise, ont été testés positifs. Si leur état n'inspire pas d'inquiétude, l'hôpital a décidé de "délester" ses urgences.

L'hôpital de Creil, dans l'Oise, le 28 février 2020
L'hôpital de Creil, dans l'Oise, le 28 février 2020
AFP

L'autre crainte est que la multiplication des cas de Covid-19 ne pousse dans ses retranchements un système hospitalier déjà mis à rude épreuve.

Le pic de l'épidémie de grippe est "derrière nous, mais il y a encore beaucoup de personnes malades, y compris dans nos hôpitaux", a dit M. Véran, selon qui il est important que "les deux événements ne se télescopent pas": "Nous ne sommes pas sûrs d'y arriver mais nous faisons tout pour réussir".

Pour bloquer le virus, il a rappelé l'importance des "mesures-barrière": se laver les mains, éternuer dans son coude et utiliser des mouchoirs à usage unique. Il est déconseillé de se serrer la main et de se faire la bise.

En revanche, "personne n'a besoin de porter un masque si un médecin" ne le demande pas, a-t-il martelé.

Enfin, dans la lutte contre le coronavirus, le diable peut se nicher dans les détails: l'archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, a demandé aux prêtres de vider les bénitiers et de refuser de donner l'hostie dans la bouche des communiants.

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