Coronavirus: le Parlement mobilisé en formation serrée pour valider les mesures d’urgence
A crise inédite, réponse inédite: l'Assemblée nationale et le Sénat, en format réduit, ont commencé à voter au pas de charge les...

Coronavirus: le Parlement mobilisé en formation serrée pour valider les mesures d’urgence

A crise inédite, réponse inédite: l'Assemblée nationale et le Sénat, en format réduit, ont commencé à voter au pas de charge les...
Public Sénat

Par l'équipe parlementaire de l'AFP

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A crise inédite, réponse inédite: l'Assemblée nationale et le Sénat, en format réduit, ont commencé à voter au pas de charge les mesures d'urgence pour affronter l'épidémie de coronavirus jeudi, sur fond de vives inquiétudes de l'exécutif pour l'économie.

Dans la soirée, l'Assemblée a voté à l'unanimité le projet de loi de finances rectificative (PLFR), un budget modifié pour financer les mesures d'urgence. "L'union nationale fera notre force", a affirmé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire en remerciant les députés.

Le texte anticipe un lourd impact du coronavirus sur l'économie française - récession de 1% du PIB en 2020 et décifit public de 3,9 % - et se veut une "première étape" pour soutenir les entreprises en danger.

Bruno Le Maire a prévenu d'emblée que le coronavirus menaçait l'existence même de la zone euro et posait la question de "l'avenir politique de notre continent".

Combiné au projet de loi d'urgence qu'examinait le Sénat, le texte prévoit un arsenal immédiat de 45 milliards d'euros pour aider les entreprises en difficulté et financer le chômage partiel des salariés, dont 32 milliards de report voire d'annulation de charges.

Il met aussi en place une garantie de l'Etat des prêts bancaires accordés aux entreprises à hauteur de 300 milliards d'euros, afin d'éviter les faillites. Et une aide d'urgence de 1.500 euros pour les très petites entreprises ou les artisans et commerçants dont le chiffre d'affaires est en chute libre.

Des mesures "indispensables" mais "insuffisantes", ont souligné plusieurs parlementaires d'opposition.

Quelques amendements du gouvernement ont été votés, notamment une avance de 500 millions d'euros pour la Direction générale de l'aviation civile (DGAC, les contrôleurs aériens) qui s'apprête à souffrir de la baisse brutale du trafic aérien.

Le matin, à 9h00 à l'Assemblée, la séance de questions au gouvernement (QAG) s'est tenue dans une ambiance empreinte de gravité, avec seulement une vingtaine de députés et une demi-douzaine de ministres.

Pressé de questions, Edouard Philippe a réaffirmé la mobilisation totale de l'exécutif face à cette "crise sanitaire d'une ampleur inégalée".

L'ambiance était très particulière dans les deux chambres. A l'heure du confinement général et alors qu'une vingtaine d'élus ont déjà été contaminés par le virus, pas question de se rassembler en nombre dans les hémicycles...

Au Sénat, à majorité de droite, les travaux ont repris en début d'après-midi avec une séance de questions raccourcie, en présence d'une cinquantaine d'élus. Le Premier ministre a prévenu là aussi que la pandémie provoquerait "un coup d'arrêt puissant, massif, brutal", à l'économie.

La sénatrice communiste Laurence Cohen a accusé le gouvernement d'"enfumage", lançant: "il y a combien d'euros débloqués pour la santé? Il n'y en a pas".

- Conseillers municipaux prolongés -

Le Sénat s'est penché en début de soirée sur le second texte d'"urgence", qui prévoit la déclaration d'un "état d'urgence sanitaire" par décret, autorise le gouvernement à prendre par ordonnances une série de mesures pour soutenir les entreprises et acte le report "au plus tard au mois de juin 2020" du second tour des municipales.

Dans la foulée, Edouard Philippe a annoncé le report de conseils municipaux pour installer les nouveaux maires élus, en se fondant sur les conditions sanitaires. Les équipes sortantes dans environ 30.000 communes concernées voient donc leur mandat prolongé jusqu'à la mi-mai au moins.

En commission, les sénateurs ont prévu que l'état d'urgence sanitaire soit "déclaré pour une durée de deux mois", et fixé au 24 mars le délai limite de dépôt des candidatures pour le second tour - délai que le gouvernement veut différer.

Les deux textes devraient ensuite faire la navette pour être validés définitivement dès vendredi.

"Notre démocratie est vivante", a écrit mercredi le président du Sénat Gérard Larcher (LR) sur twitter, son homologue de l'Assemblée Richard Ferrand disant sa volonté de poursuivre la mission de contrôle du gouvernement.

Les députés ont déjà siégé à plusieurs reprises dans des circonstances exceptionnelles, comme durant l'épidémie de grippe espagnole à partir de 1918.

Des QAG auront lieu à l'Assemblée à nouveau mardi prochain et les deux mardis suivants.

chl-parl/cg/or

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