Coronavirus : le Sénat déjà très impacté dans l’exercice de ses missions
Les menaces s’accentuent sur l’ordre du jour sénatorial, au fur et à mesure de l’avancée de l’épidémie de Covid-19 et des décisions sanitaires de plus en plus drastiques. Certaines auditions ne figurent déjà même plus à l’agenda.

Coronavirus : le Sénat déjà très impacté dans l’exercice de ses missions

Les menaces s’accentuent sur l’ordre du jour sénatorial, au fur et à mesure de l’avancée de l’épidémie de Covid-19 et des décisions sanitaires de plus en plus drastiques. Certaines auditions ne figurent déjà même plus à l’agenda.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Montée en flèche du nombre de cas positifs au Covid-19, limitation des déplacements de longue distance ou encore restriction à moins de 100 des réunions : la crise sanitaire historique que traverse la France va peser sur le quotidien du Parlement. C’est déjà le cas au cas au Sénat. Après avoir mis fin à des activités non indispensables comme les colloques ou les visites à compter d’aujourd’hui, la chambre haute du Parlement a déjà adapté son ordre du jour. Une série de quatre auditions, prévues dans le cadre de la commission d’enquête sur la radicalisation islamiste, ont été ajournées. Elles devaient avoir lieu les 17 et 18 mars, malgré la pause parlementaire dûe aux élections municipales.

La suite des travaux pourrait elle aussi pâtir des circonstances exceptionnelles que traverse le pays. Ce point devrait être abordé au cours d’une réunion d’urgence entre Gérard Larcher et les sept présidents de groupe du Sénat. Cette consultation précède d’ailleurs une nouvelle allocution présidentielle ce lundi à 20h00, et la probabilité élevée de nouvelles annonces.

« Un exercice de plus en plus solitaire de la fonction de parlementaire »

Les sénateurs prennent conscience que leur quotidien parlementaire est bouleversé. Moins de réunions, davantage d’appels téléphoniques : telles sont les nouvelles règles. « C’est un exercice de plus en plus solitaire de la fonction », résume Hervé Marseille, le président du groupe Union centriste (UC). « C’est un exercice complètement différent. Mais comme pour les Français. »

Il y a deux semaines encore, la réforme des retraites occupait le devant de la scène. C’était il y a une éternité. « Ça me paraît difficile de se réunir début avril, si on est en situation de confinement, plus forte encore que nous celle que nous connaissons », explique Éliane Assassi, la présidente du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE).

Pas question pour autant d’arrêter tout net l’activité législative. Surtout si un projet de loi devait nécessiter une adoption urgente. « Il faudra certainement que le Parlement se réunisse. Il faut que les institutions se réunissent, sinon il n’y a plus de fonctionnement normal », considère Hervé Marseille. Avec un nombre très réduit de sénateurs, un texte peut être adopté, grâce au système des délégations de vote, propre au Sénat. « Si chacun fait savoir le sens de son vote, on peut se débrouiller pour chaque groupe », rassure le sénateur des Hauts-de-Seine.

Progressivement, certains services autour de l’hémicycle s’arrêtent pour une durée indéterminée. Ce mardi, c’est la bibliothèque du Sénat qui fermera ses portes.

« On ne va pas faire des Questions au gouvernement (...) Il faut être moralement responsable »

Contrairement à ses deux collègues franciliens, la sénatrice Sylvie Goy-Chavent (non-inscrite mais membre des Républicains), élue de l’Ain, estime qu’il sera de toute façon très difficile de réunir des effectifs importants à Paris. « Il ne s’agit pas de tous aller à Paris et d’être coincés », reconnaît la sénatrice, qui appelle le Sénat à travailler par visioconférence.

Les conséquences sur les travaux de contrôle du Sénat, limitées à des annulations d’audition, vont-elles s’étendre également à la traditionnelle séance des questions au gouvernement, qui requiert la présence obligatoire de tous les parlementaires ? La prochaine doit (normalement) se tenir le 25 mars prochain. Pour Sylvie Goy-Chavent, la question n’a même plus lieu d’être. « On ne va pas faire des questions d’actualité. Aussi pertinentes soient-elles, il faut se dire que le fonctionnement du Parlement ne peut plus être le même qu’aujourd’hui. Un Français sur deux pourrait être touché par le coronavirus, il faut être moralement responsable. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le

France Wildfires
2min

Politique

La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE : en quoi consiste ce dispositif ?

Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.

Le

France Extreme Weather Heat
3min

Politique

Incendie au Cap-Ferret : 10 000 hectares parcourus, 80 maisons brûlées et 40 000 personnes évacuées, « le feu continue de progresser », annonce Laurent Nuñez

Le ministre de l’Intérieur a fait un point de situation, ce vendredi matin, sur « le plus feu gros de la saison » qui menace dangereusement le Cap-Ferret, en Gironde. « Le feu n’est pas maitrisé et continue de progresser », alerte Laurent Nuñez. Au total, 50 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, « quasiment trois fois » plus que l’an dernier.

Le