Coronavirus : « Nous sommes en guerre » déclare Emmanuel Macron
Face à la crise du coronavirus, Emmanuel Macron a décidé d’un confinement du pays « dès demain midi » et « pour 15 jours au moins ». Le second tour des municipales va être reporté.

Coronavirus : « Nous sommes en guerre » déclare Emmanuel Macron

Face à la crise du coronavirus, Emmanuel Macron a décidé d’un confinement du pays « dès demain midi » et « pour 15 jours au moins ». Le second tour des municipales va être reporté.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

« Nous sommes en guerre ». Face à l’ampleur de la crise du coronavirus, Emmanuel Macron prend des mesures fortes et radicales. C’est en chef de guerre que le chef de l’Etat s’est adressé à la Nation. Une guerre contre un ennemi invisible porté par nous tous.

  • Un confinement depuis 15 jours au moins

C’est pourquoi « dès demain midi, et pour 15 jours au moins, nos déplacements seront très fortement réduits », a annoncé Emmanuel Macron.

« Les regroupements familiaux, amicaux, ne seront plus permis. Se promener dans la rue ne sera plus possible », « il s’agit de limiter au maximum les contacts, au-delà du foyer ». « Seuls doivent demeurer les trajets nécessaires pour aller faire ses courses, en respectant les distances », précise le Président. Les déplacements « pour se soigner, pour aller au travail, quand le travail à distance n’est pas possible », ou « pour faire un peu d’activité physique » sont autorisés. « Toutes les infractions à ces règles seront sanctionnées ». Le gouvernement va préciser les modalités de ce confinement.

A « tous ceux qui ont bravé les consignes » en sortant encore, ces derniers jours, « non seulement vous ne vous protégez pas vous-même, (…), mais vous ne protégez pas les autres. Même si vous ne présentez aucun symptôme, vous pouvez transmettre le virus », alors que « nos soignants se battent pour sauver des vies ».

Emmanuel Macron explique que maintenant, « sans signe grave, contactons le médecin traitant ». Il ne faut appeler le SAMU qu’« en cas de forte fièvre et de difficultés à respirer ».

  • Le report du 2e tour des élections municipales

Le deuxième tour des élections municipales, qui doit se tenir dans un peu moins de 5000 communes, est reporté. « Cette décision a fait l’objet d’un accord unanime », a précisé Emmanuel Macron, qui a, au préalable, consulté les présidents des assemblées et ses deux précédesseurs à l’Elysée. Les chefs des partis représentés au Parlement ont été informés en fin d’après-midi par le Premier ministre.

  • Toutes les réformes en cours - dont celle des retraites - sont suspendues

« Toute l’action du gouvernement et du Parlement doit être désormais tournée vers le combat », contre le coronavirus, a encouragé Emmanuel Macron. Toutes les réformes en cours sont suspendues, « à commencer par la réforme des retraites », a-t-il insisté.

  • Un projet de loi dès le 19 mars au Parlement

Mercredi, le Conseil des ministres présentera un projet de loi permettant au gouvernement de « répondre à l’urgence ». Il lui donnera l’habilitation de légiférer par ordonnances « quand c’est nécessaire, dans les domaines qui relèvent de la gestion de crise ».

Le texte sera discuté au Parlement dès jeudi : le président de la République espère une adoption rapide.

  • Des décisions pour aider le personnel soignant

Les masques seront adressés en priorité aux médecins et infirmières en première ligne. Une livraison dès mardi soir sera adressée aux 25 départements les plus touchés. Le reste du territoire sera approvisionné dès mercredi.

Un service minimum de garde d’enfants sera assuré pour les soignants. Les taxis et hôtels pourront être « mobilisés » pour ces professionnels en première ligne. « L’Etat paiera », a martelé Emmanuel Macron.

Un hôpital de camp du service de santé des armées sera par ailleurs installé en Alsace.

  • Fermeture de l’espace Schengen

Dès mardi midi, les frontières à l’entrée de l’Union européenne et de l’espace Schengen seront fermées pendant 30 jours. Les ressortissants français pourront cependant entrer, a pris soin de préciser le président de la République.

  • Des mesures économiques et sociales d’une ampleur inédite

Sur le plan des conséquences « humaines, sociales et économiques majeures » qu’impliquera le confinement, Emmanuel Macron promet qu’aucune entreprise « ne sera livrée au risque de faillite » et qu’aucun Français ne sera « laissé sans ressource », grâce au chômage partiel « massivement élargi » et à un fonds de solidarité. L’Elysée promet en outre une garantie d’Etat de 300 milliards pour les prêts bancaires des entreprises.

Les « précaires » et les « démunis » seront « nourris » et « protégés » avec le concours des collectivités. Le paiement des factures d’eau, de gaz, d’électricité, et les loyers sont « suspendus » pour les PME en difficulté.

A la fin de son allocution de 21 minutes, le président de la République a appelé les Français à ne pas céder « ni à la panique, ni au désordre ». Sur une note d’espoir, le président de la République a promis la « victoire » contre le coronavirus, ajoutant que les chercheurs continueraient d’avancer sur le vaccin.

« Le jour d’après, quand nous aurons gagné, il n’y aura pas de retour au jour d’avant. Nous serons plus forts moralement, nous aurons appris », a-t-il conclu, ajoutant de manière un peu sibylline : « Je saurai en tirer toutes les conséquences ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Olivier Faure – Allocution 1er tour des Elections Municipales
8min

Politique

Municipales : face à la percée de LFI, le PS mène la bataille du « récit » face à Mélenchon, tout en assumant les fusions locales

Alors que le PS a dû multiplier localement les alliances avec LFI pour espérer conserver ses villes, les socialistes récusent l’idée d’une poussée insoumise, soulignant que le PS restera « la première force de gauche » au niveau local. En même temps, le PS assume les fusions avec les listes LFI. Une stratégie que les opposants à la direction d’Olivier Faure jugent « illisible ».

Le

Coronavirus : « Nous sommes en guerre » déclare Emmanuel Macron
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

Coronavirus : « Nous sommes en guerre » déclare Emmanuel Macron
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le

FRA – LR RETAILLEAU – ELECTION MUNICIPALES 2026
8min

Politique

Municipales : en lâchant Christian Estrosi à Nice, Bruno Retailleau enflamme toute la droite, avec 2027 en ligne de mire

À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Le