Coronavirus : Ronan Dantec veut éviter un retour à la voiture
Sénateur écologiste de Loire-Atlantique, Ronan Dantec, travaille depuis le début de la crise sur les mesures de prévention. Il craint que le déconfinement incite les Français à privilégier leurs voitures au détriment des transports en commun.

Coronavirus : Ronan Dantec veut éviter un retour à la voiture

Sénateur écologiste de Loire-Atlantique, Ronan Dantec, travaille depuis le début de la crise sur les mesures de prévention. Il craint que le déconfinement incite les Français à privilégier leurs voitures au détriment des transports en commun.
Public Sénat

Par Alizé Boissin

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Il en oublierait presque le confinement. Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique, est confiné seul chez lui, à Nantes, « j’en suis à 10 heures d’écran par jour, on ne voit pas le temps passer » confie le parlementaire. Depuis chez lui, il a décidé de mettre son « énergie » dans la crise en travaillant sur « la non-diffusion du virus ». « J’ai très vite fait le constat qu’il était illusoire de penser que nous irions vers une immunité collective » affirme ce vétérinaire de formation. Alors, dès le début du confinement, il a eu l’idée de réunir quatre spécialistes de l’épidémiologie pour venir en aide aux élus locaux qui auraient des questions sur les règles d’hygiène à faire appliquer.

 

Le groupe émet différentes préconisations, validées par l’ARS. Parmi elles, la circulation à sens unique dans les hypers et supermarchés. Une recommandation largement reprise par les médias « qui n’ont pas toujours compris la mesure » explique Ronan Dantec. « Nous ne voulons pas faire des commerces alimentaires des modèles d’Ikea. L’idée était simplement d’éviter la contamination, surtout au début de la crise quand nous n’avions pas de masques » précise-t-il. Il regrette que les grandes surfaces n’aient pas joué le jeu, « mais les hypermarchés ont fait des progrès, les barrières de plexiglas ont été mieux installées » note-t-il.

 

Éviter « de faire les beaux jours de la voiture »

Parmi les trois pages du rapport émises par le groupe scientifique, Ronan Dantec souligne la présence d’une recommandation très simple « se laver les mains à l’entrée des commerces ». « Les gants ne servent à rien. Et pourtant les gens continuent d’en mettre, c’est peut-être une mauvaise communication concernant les gestes barrières à appliquer ». Une recommandation, qui d’après Ronan Dantec, « est largement mise en place à Nantes ».

 

Son autre objectif, c’est de maintenir la sécurité sanitaire dans les transports en commun. Même si les gestes barrières sont plus compliqués à appliquer, il n’est pas question pour le sénateur que la crise « fasse les beaux jours de la voiture, comme en Chine ». Ronan Dantec se félicite ainsi de la mise en place de gels hydro alcooliques dans les transports de Nantes « tout le monde peut faire pareil » affirme-t-il.

 

Tracer « les contaminants potentiels »

 

En plus des recommandations, le sénateur insiste sur « le point clé, la seule solution pour lutter contre la propagation du virus » : le traçage des personnes en contact avec des cas contaminés. Pour le sénateur, il faut « mettre en quarantaine les personnes susceptibles d’avoir la maladie », « ça repose sur un principe de santé publique » insiste-t-il. Pour appliquer cette mesure, il demande aux collectivités de mettre en place des équipes dédiées au traçage. « Des moyens humains importants » que les ARS n’ont « malheureusement pas pour le moment ».

 

Mais cette consigne n’est possible qu’avec la présence de tests, « c’est une question centrale ». Le parlementaire envisage une sortie de confinement le 11 mai, date annoncée par le gouvernement, seulement « si on a ces tests, sinon ça ne me semble pas jouable. » D’après lui, il faudra par la suite repenser notre système de santé basé « sur la réparation et non sur la prévention, c’est le maillon faible de notre culture. » Il s’étonne de voir les Allemands se balader sur les bords du canal tout en « respectant les gestes barrières. » Ronan Dantec en est certain, pour rassurer et sécuriser la société il faut : « une culture collective des gestes barrières, ça renforce la cohésion ».

 

Lire aussi : Coronavirus : « Les règles d'hygiène sont très disparates d’un supermarché à un autre »

Partager cet article

Dans la même thématique

Coronavirus : Ronan Dantec veut éviter un retour à la voiture
3min

Politique

« Scroller sur son téléphone tue l’empathie, on est anesthésié », Tina Kieffer

Journaliste de renom passée par « Frou Frou » et les rédactions engagées de « Marie Claire » et « DS Magazine », elle a mis l’engagement humanitaire au cœur de sa vie après la rencontre bouleversante d’une petite fille cambodgienne. Une petite fille qui deviendra sa fille adoptive et qui donnera son nom à l’école « Happy Chandara ». L’établissement fête cette année ses 20 ans, il est aujourd’hui un campus et il forme des milliers de filles, petites et grandes, qui participent activement à la reconstruction d’un pays meurtri par le génocide et la dictature des Khmers rouges. Cette semaine, Tina Kieffer est l’invitée de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Coronavirus : Ronan Dantec veut éviter un retour à la voiture
3min

Politique

« Soit je quittais l’Afghanistan, soit j’étais morte » : le récit bouleversant de la fuite de cette para-athlète de son pays

Désormais, Zakia Khudadadi concourt sous les couleurs de la France. Un épilogue heureux pour cette championne de para-taekwondo qui a fui son pays en 2021 lors de la prise de pouvoir des talibans. Un récit émouvant, ainsi qu’un combat personnel mené aussi bien sur les tapis que dans la vie, qu’elle raconte au micro de Caroline Delage dans Sport etc… sur Public Sénat.

Le

Coronavirus : Ronan Dantec veut éviter un retour à la voiture
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le