Corse : « L’expression démocratique et largement majoritaire doit être prise en compte » demande Gilles Simeoni
Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni sont reçus, ce lundi, par Édouard Philippe pour aborder la place de la Corse dans la révision constitutionnelle. La semaine dernière, l’Assemblée de Corse a adopté sa propre rédaction d’article qui précise que la Corse «est dotée d’autonomie ». Un texte que Gilles Simeoni aimerait voir repris par le gouvernement.

Corse : « L’expression démocratique et largement majoritaire doit être prise en compte » demande Gilles Simeoni

Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni sont reçus, ce lundi, par Édouard Philippe pour aborder la place de la Corse dans la révision constitutionnelle. La semaine dernière, l’Assemblée de Corse a adopté sa propre rédaction d’article qui précise que la Corse «est dotée d’autonomie ». Un texte que Gilles Simeoni aimerait voir repris par le gouvernement.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Est ajouté à la Constitution, un nouvel article ainsi rédigé : la Corse est une collectivité territoriale à statut particulier dotée de l’autonomie ». C’est ce qu’aimerait voir inscrit dans la loi fondamentale, le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, reçu à Matignon ce lundi, avec Jean-Guy Talamoni, le président de l’Assemblée de Corse.

Une proposition d’article votée par la majorité de l’Assemblée Corse

Jeudi dernier, l’Assemblée de Corse a anticipé cette rencontre avec Édouard Philippe en adoptant avec 76% des voix une proposition d’article. « Une expression démocratique et largement majoritaire que le gouvernement va devoir prendre en compte » souhaite Gilles Simeoni avant d’ajouter : « 76% des voix, dont les élus de Andà per dumane (majorité présidentielle), on ne peut pas faire beaucoup mieux ». Au-delà de la mention de « l’autonomie » Corse, l’article permet à la Corse, grâce, à  une habilitation permanente, de légiférer dans des domaines tels que « la protection du patrimoine foncier, le statut fiscal, la préservation des particularités linguistiques et culturelles de l’île, le développement économique et social et l’emploi ».

Deux options pour la nouvelle Constitution

 Toutefois, si Jean-Charles Orsucci président du groupe Andà per dumane a validé le « tronc commun » rédactionnel,  il propose, pour sa part, la création d’un article 72-5 avec une limitation du transfert de compétence à la langue, le foncier, la fiscalité et le développement économique. « Nous avons fait un effort de construction d’un équilibre » met en avant Gilles Simeoni, raison pour laquelle, il existe deux options (A et B) de cette proposition d’article. Si la reconnaissance du « peuple corse » n’y figure pas,  elle a fait l’objet d’une résolution solennelle et symbolique adoptée là aussi à la majorité de l’Assemblée de Corse.

 

Comme le rappelle le constitutionnaliste, Jean-Philippe Derosier, « du strict point de vue du droit, la place d’un article dans la Constitution ne change strictement rien, il n’y a pas de hiérarchie. Maintenant, il s’agit plus d’une dimension symbolique et politique. L’article 72 traite des collectivités territoriales, l’article 73 des départements et des régions d'outre-mer, l’article 74 des collectivités d'outre-mer… Plus on s’éloigne de la métropole et plus les collectivités bénéficient de compétences larges ».

La balle est maintenant dans le camp du gouvernement. Le Premier ministre présentera ce lundi à 18H30, au tandem exécutif insulaire, la position du gouvernement en ce qui concerne le volet corse de la révision constitutionnelle. Ce matin, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni ont participé, place Bauveau, à une réunion préparatoire avec la ministre, Jacqueline Gourault. Contacté par Public Sénat, Gilles Simeoni indique ne pas avoir, à ce stade, d’informations supplémentaires. « Nous attendons ce soir ».

Les lignes rouges du gouvernement et du Sénat

En déplacement sur l’île, au début du mois de février, Emmanuel Macron avait assuré qu’il y aurait bien « une mention » de la Corse dans le projet de révision constitutionnelle. Mais, il avait douché les espoirs des nationalistes par son refus d’une co-officialité de la langue corse aux côtés du français, et de la mise en œuvre « d'un statut de résident ».

Du côté du Sénat, assemblée dont le poids est décisif en vue d’une éventuelle réunion du Parlement au Congrès, c’est bien dans le cadre « de l’article 72 et uniquement de l’article 72 »  qu’un « droit à la différenciation » de la Corse pourrait voir le jour, avait prévenu fin janvier, Gérard Larcher (voir notre article).

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le

L’Assemblée nationale valide la suspension de la réforme des retraites
4min

Politique

Travail le 1er mai : après son rejet à l’Assemblée, le texte file en commission mixte paritaire où députés et sénateurs devront s’accorder

Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.

Le