Corse: Talamoni et Simeoni saluent un « déblocage » des discussions
Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, les deux dirigeants nationalistes corses, ont salué vendredi à Ajaccio un "déblocage" dans...

Corse: Talamoni et Simeoni saluent un « déblocage » des discussions

Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, les deux dirigeants nationalistes corses, ont salué vendredi à Ajaccio un "déblocage" dans...
Public Sénat

Par Olivier LUCAZEAU, Manon PERELLI

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, les deux dirigeants nationalistes corses, ont salué vendredi à Ajaccio un "déblocage" dans les discussions sur l'avenir de l'île de Beauté, après leur première rencontre avec Jacqueline Gourault, la "Madame Corse" du gouvernement.

"On est clairement en présence d'un déblocage de la question constitutionnelle, ce qui n'est pas rien", s'est félicité Jean-Guy Talamoni, dirigeant du mouvement indépendantiste Corsica Libera et président de l'Assemblée de Corse.

Certaines revendications des nationalistes corses, comme la co-officialité de la langue corse et du français, exigent en effet une révision de la Constitution, ce que le Premier ministre Edouard Philippe avait semblé écarter le 12 décembre, en insistant sur le fait que que toutes les réformes à venir devraient être "conformes au cadre constitutionnel" existant.

"Un point de blocage juridique et politique a été aujourd'hui levé", a renchéri vendredi Gilles Simeoni, le patron du mouvement autonomiste Femu a Corsica, président du Conseil exécutif de la nouvelle Collectivité territoriale unique corse née le 1er janvier, en lieu et place de l'ancienne région et des deux départements.

- Rester 'extrêmement prudents' -

"Nous avons acté ensemble la nécessité d'inscrire notre dialogue dans la perspective de la révision constitutionnelle générale qui est prévue", a insisté M. Simeoni, faisant allusion à la révision constitutionnelle que pourrait proposer le chef de l'Etat au printemps pour un Parlement plus resserré et plus efficace.

Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, n'a pas fait de commentaire après sa première rencontre avec les élus nationalistes, se réservant pour la conférence de presse annoncée à 16h30 à la préfecture. Elle a seulement salué les "discussions très intéressantes" avec MM. Talamoni et Simeoni, qui ont respectivement parlé d'une "ambiance positive" et d'un "état d'esprit extrêmement constructif".

Mardi, Gilles Simeoni, lors de son élection à la tête du conseil exécutif corse, avait regretté "un certain nombre de prises de positions directes et indirectes de membres du gouvernement, et notamment du Premier ministre (...) pas à la hauteur" des espérances des nationalistes corses.

"Si une Constitution ne permet pas de reconnaître un peuple, c'est à la Constitution de changer et pas au peuple de disparaître", avait-il dit.

Cette première prise de contact avec Mme Gourault, depuis l'écrasante victoire de la liste commune nationaliste Pè a Corsica (Pour la Corse) aux élections territoriales de décembre, avec 56,5% des suffrages, a permis de briser la glace.

Les élus nationalistes, qui attendent "un geste politique fort" de l'exécutif, pour reprendre la déclaration de Gilles Simeoni mardi, ont cependant tous deux prévenu qu'ils allaient rester "extrêmement prudents".

- 'Les points de blocage sont connus' -

"Les points de blocage sont connus", a concédé M. Simeoni, avec notamment la question de la co-officialité du corse et du français, le statut de résident corse, qui, selon lui, doit permettre de protéger les insulaires de la spéculation immobilière, et l'amnistie des prisonniers dits "politiques". Le tout avec en ligne de mire un statut d'autonomie de plein droit d'ici trois ans, pour une application effective d'ici dix ans.

"Mais on ne commence pas une discussion en restant bloqué sur ce qui fait difficulté", a-t-il aussitôt ajouté.

Les deux dirigeants nationalistes seront reçus par le Premier ministre Edouard Philippe, le 22 janvier, à Matignon. Puis ce sera un rendez-vous avec le président du Sénat Gérard Larcher, à une date non encore précisée.

"A la fin de ce premier cycle de discussions, le président de la République aura l'occasion de s'exprimer pour donner sa vision de ce que doivent être les relations nouvelles entre la Corse et la République", a précisé Gilles Simeoni.

"En France, c'est le président de la République qui fixe le cap et qui, aujourd'hui, connaît le mieux le dossier corse", avait-il insisté mardi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
4min

Politique

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.

Le

Capture d’écran du documentaire « Montand est à nous » d’Yves Jeuland
5min

Politique

Les « docus de l’été » : Du communisme à l’Aveu de Costa-Gavras, la vie d’Yves Montand racontée par Yves Jeuland

Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.

Le